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Poursuite de la série pour laquelle j’ai pris un peu de retard, avec cinq films en compétition.

Frankie (USA)

Un jardin. Une voix qui fredonne à capella. Un discret chant d’oiseau. Une femme approche d’une piscine, touche l’eau de la main, installe sa serviette sur un transat. Elle enlève sa robe légère et on la voit de loin plonger dans la piscine. Une serveuse s’approche avec un plateau et signale à la femme qu’il y a du monde dans l’hôtel. « Ce n’est pas grave, lui répond la femme dans l’eau, je suis très photogénique ». On le croit volontiers : il s’agit de la lumineuse Isabelle Huppert.

 

Parasite (Corée)

Derrière une vitre sale on voit sécher des chaussettes dans un appartement sordide en entresol. On pénètre à l’intérieur. Un jeune homme court dans tous les sens à la recherche de réseau pour son téléphone portable, sa sœur se joint à lui. La mère inquiète : « même WhatsApp ne marche pas ? » Installés près de la cuvette des toilettes, ils finissent par pouvoir se connecter. On rit beaucoup… pendant la plus grande partie du film…

 

Le jeune Ahmed (Belgique)

Un adolescent monte l’escalier d’un établissement scolaire en courant, se précipite dans les toilettes pour passer un coup de fil. Il retourne dans la salle de classe. Puis il s’en va sans rien dire à personne. Son professeur veut lui serrer la main. Il refuse parce que c’est une femme et qu’il est musulman. Elle lui fait remarquer que ses camarades acceptent de le faire. Réponse du jeune Ahmed : « ce ne sont pas de vrais musulmans ». Ses certitudes, hélas, résisteront à l’appel de la vie.

 

Matthias et Maxime (Canada)

Deux hommes s’entraînent à courir sur un tapis roulant dans une salle de gym. On les retrouve en voiture dans des embouteillages. Puis une double ligne jaune continue file rapidement, le plan s’élargit et on voit la route s’enfoncer dans des forêts aux arbres couleurs d’automne. Le paysage canadien est magnifique. On regrettera que le metteur en scène le néglige par la suite pour se concentrer sur les personnages de son film bien moins intéressants.

 

Roubaix, une lumière (France)

Illuminations à Roubaix. Une voiture brûle dans la nuit et un flic appelle son central pour donner l’alerte. C’est le soir de Noël. Plusieurs véhicules de police arrivent sur les lieux. Scène de groupe avec des échauffourées (ailleurs ? ici ?). On se retrouve au commissariat où un homme est venu porter plainte. Il aurait été attaqué et brûlé au chalumeau. Le commissaire qui l’interroge semble gentiment sceptique. Il le dira ensuite à son collègue : « je sais toujours quand on ment ou quand on dit la vérité ». Propos qui se vérifiera par la suite.

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Hier s’est tenu une séance du Conseil métropolitain que le Président avait décidé de réunir à Isola. Pour quelle raison ? Au-delà de la volonté affirmée de manifester la solidarité territoriale entre le littoral et la montagne, cela reste assez mystérieux. Il y a bien quelques mauvaises langues qui pensent que ce serait pour montrer que le Président du Département Eric Ciotti n’est pas le seul à être implanté dans le haut pays, mais je ne peux le croire…

En tout état de cause, ce fut donc un gros flux migratoire d’élus qui a pris la route, qui en bus, qui en covoiturage, pour une réunion qui s’est tenue de 10 h à 17 h, interrompue à la mi-journée par une cérémonie au monument aux morts et une visite des chantiers du village… financés forcément par la Métropole.

La matinée fut longue, très longue… tant de nombreux maires présents ont tenu à remercier chaleureusement le Président pour tout ce qu’il faisait pour leur ville ou leur village. Ça me fascine toujours ce genre d’attitude : comme si Christian Estrosi sortait l’argent de sa poche alors que ce sont nos impôts très largement augmentés en 2018 avec l’instauration d’une taxe foncière métropolitaine particulièrement lourde qui permettent cela. Ils feraient mieux d’être reconnaissants envers les contribuables !

Des enfants de l’école d’Isola 2000 encadrés par leur directrice, Madame Mylène Agnelli (une ancienne étudiante en droit de Patrick Mottard dont elle a gardé – c’est habituel – un très bon souvenir), ont assisté toute la matinée à cette séance : il m’ont impressionnée par leur calme et l’attention qu’ils ont porté aux débats. Je ne suis pas sûre qu’à leur âge j’aurais fait preuve d’une telle patience…

Christian Estrosi et son Président de la Commission des Finances, Philippe Pradal, se sont largement félicités de la bonne gestion métropolitaine en faisant le bilan des investissements (le problème n’est pas leur qualité de gestionnaire mais le choix des politiques soutenues…).

Mes interventions se sont portées sur trois délibérations : l’une relative à l’augmentation du prix de l’eau domestique (normale selon moi pour l’entretien des réseaux à condition d’instaurer une tarification sociale pour aider les ménages en difficulté), la deuxième au vote d’une subvention pour la reconstruction de Notre Dame de Paris (qu’il vaudrait mieux réorienter vers le patrimoine local puisque la Fondation du Patrimoine a décidé de clore la souscription des dons), la dernière à propos des subventions européennes (à propos desquelles le Président Estrosi devrait mieux communiquer).

Vous pouvez retrouver ces interventions à la page qui leur est spécialement consacrée sur ce blog.

Bilan de deux journées de festival.

Little Joe (Autriche)

Plan large sur des bacs ordonnés avec des plantes et des boutures. Nous sommes dans un laboratoire où sont créées des fleurs dont le parfum a pour but de rendre les gens heureux : les chercheurs veulent mettre au point la première plante anti-dépressive. Le traitement du sujet est assez clinique : pas sûr que la découverte de cette fleur atteigne son but.

Douleur et gloire (Espagne)

Un homme entre deux âges est assis au fond d’une piscine sans qu’on sache s’il est dans un exercice méditatif ou s’il a l’intention de se laisser glisser. Une ambiguïté qui ne sera levée qu’à la fin du dernier film magnifique de Pedro Almodovar.

 

La Gomera (Roumanie)

Sur une côte rocheuse, avec un fond musical ressemblant à s’y méprendre à la célèbre chanson de Cookie Dingler, se trouve une station balnéaire. Plusieurs passagers descendent d’un bateau. Ils arrivent à La Gomera, une île des Canaries. Un passager est accueilli par un homme qui, une fois les présentations faites, lui demande son portable. « La police entend tout ». Manifestement, ces deux-là sont embarqués dans quelque chose de peu catholique. La suite le confirmera. J’ai connu des films roumains avec plus d’humour que celui-ci.

Les plus belles années d’une vie (France)

Premier plan. Une femme : « On n’est pas restés longtemps ensemble car c’était trop beau, trop parfait. Ça m’a fait peur ».

Second plan. Dans une maison de retraite médicalisée, on est en train de faire un travail sur la mémoire en posant des questions historiques aux pensionnaires. Parmi eux, un homme semble ailleurs. Dans les souvenirs de sa propre vie. Par moments, il sourit.

Bientôt, l’Homme (Jean-Louis Trintignant) et la Femme (Anouk Aimée) se retrouveront, 53 ans après. Merci à Claude Lelouch d’avoir rendu cela possible.

Après les trois premiers films, les premières scènes des deux suivants vus aujourd’hui.

Sorry we missed you (R-U)

Une voix d’homme explique qu’il a fait de nombreux boulots dans tous les domaines du bâtiment pendant des années. Une autre voix lui demande pourquoi il a arrêté. « J’en avais assez de travailler dans n’importe quelles conditions, dans le froid… » Les deux hommes apparaissent sur l’écran : cela ressemble fort à un entretien d’embauche. Sauf que celui qui propose l’activité précise très vite que de contrat (de travail), il n’y aura pas. Et de développer les avantages d’un statut qui est celui d’un indépendant gérant sa propre activité et qui peut rapporter gros. Le postulant de répondre que c’est vraiment ce qu’il veut. Il s’agira de faire des livraisons de colis avec sa propre camionnette ou en louant un véhicule à la société. Au fil de la discussion, on comprend vite que les obligations et contraintes qui seront imposées au chauffeur sous-traitant par le centre de livraison de colis vont être difficilement supportables. Ken Loach, fidèle à lui-même.

 

Atlantique (Sénégal)

Un gros chantier de construction immobilière sur le port de Dakar, à proximité, un troupeau de vaches, des silhouettes. Tohu-bohu sur le chantier : les ouvriers se plaignent, ils n’ont pas été payés depuis trois mois. Selon leur interlocuteur, le patron serait en déplacement et n’aurait pas laissé d’argent. Le ton monte – à peine – mais ça ne va pas plus loin. On les retrouve sur la plage arrière d’un véhicule. Parmi eux, un jeune homme au regard fixe. On sent qu’il ne comprend pas comment ses collègues peuvent encore rire et chanter.

Je reprends, comme les années précédentes, les premières scènes des films que j’aurai eu l’opportunité de voir dans le cadre du Festival.

The dead don’t die (Jim Jarmush)

Comme il se doit, l’écran s’ouvre sur un cimetière. Une voiture de police le longe et s’enfonce dans un petit chemin de terre. Deux flics en sortent et pénètrent dans un bois. Ils tombent sur un foyer éteint avec un cadavre de lapin écorché à côté. Un coup de feu retentit. « C’est toi, Bob l’ermite ? » Ils le cherchent car il aurait volé un poulet à son voisin. L’ermite les insulte : « Fuck you ! » Ils s’en vont. Tout ce qui se passera ensuite ne parviendra pas à les faire se départir de leur calme quelque peu décalé.

Bacurau (Kleber Mendonça-Juliano Dornelles)

Le film débute – ce qui est rarement le cas – par un long générique sur fond de ciel étoilé et de chanson brésilienne. La Terre apparaît et le plan se resserre sur le Nord-Est du Brésil. Début du film. Une jeune femme s’est assoupie dans une voiture qui roule rapidement sur une route de terre. Une secousse plus forte que les autres la réveille. « Qu’est-ce qui se passe ? » Le conducteur : « On a roulé sur des cercueils ». Un peu plus loin, ils découvrent ce qu’il en est : il y a eu un accident, un corps est étendu sur le bas côté et le chargement de cercueils d’un camion s’est dispersé sur la chaussée. Des cercueils, on a aura beaucoup besoin dans le petit village de Bacurau vers lequel la jeune femme se dirige.

Les misérables (Ladj Ly)

Un adolescent sort d’un immeuble de banlieue avec un drapeau tricolore sur les épaules. Il retrouve ses copains et ensemble s’entassent dans le RER. On les retrouve à Paris où ils ont rejoint la foule qui, chantant la Marseillaise, célèbre la victoire de la France à la dernière Coupe du Monde. Scènes de liesse. La suite montrera la relativité de cette union nationale.

Et voilà la troisième livraison de ces projets tuteurés encadrés par Patrick au 1er semestre et moi au second, et réalisés par les LEA L2 Droit.

– Léonore, Sabine, Nicolas et Orhiane ont organisé des ateliers d’interaction avec des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer dans un établissement de Sospel. Pour cela, ils ont utilisé leurs outils LEA à savoir leurs connaissances des cultures des différents pays. L’action fut mutuellement profitable.

– Charles, Meriem, Amin, Mehmetali, Ines et Karl-Alexandre ont eu eux l’idée d’une campagne de sensibilisation en faveur du Service d’Accompagnement des Étudiants Handicapés à l’Université. Et s’ils sont arrivés à leurs fins en suscitant même des vocations d’aidants pour les étudiants, cette action, conduite pourtant en interne fut compliquée à mettre en œuvre (à noter l’implication de la cellule « handicap » de la fac de Droit, très réactive).

– Darina, Myriam, Lea, Monjeong, Océane et Emilia sont, elles, des aventurières. Elles ont en effet eu l’audace de proposer des cours d’anglais aux étudiants… en Sciences ! Et ça a marché puisque la fréquentation de ces cours, même si elle est restée modeste, est allée crescendo. Bravo aux six étudiantes car il paraît que le prof du 1er semestre était sceptique sur les chances de réussir l’entreprise.

– Sarah, Nasredine, Imane, Souhila et Leila ont eux choisi de sensibiliser à l’écologie des jeunes nouvellement arrivés en France. L’activité qui se voulait – et qui était – ludique (amusant jeu des 7 familles avec les « compostouilles » ou encore les « encombrants » ou les « poubelles ») a été un succès, en collaboration avec l’AFEV.

– Lisa, Emma, Deniz, Marushka, Amanda et Rayane se sont essayés à introduire plus de socialisation au sein de leur fac avec un groupe de soutien et une soirée. Qu’ils en soient remerciés : en la matière, toute initiative, même modeste, est bonne à prendre.

Voilà pour la promotion de L2. Mais je n’en oublie pas pour autant la promotion de L3 qui, elle, sur un seul semestre, a aussi réalisé de belles choses. Ainsi pour mémoire, voir sur le blog de Patrick « Les LEA L3 donnent la parole aux migrants », 29/11/2018) et sur le mien « LEA et pompiers à Carlone : les gestes qui sauvent », 15/11/2018). Je n’avais pas fait à l’époque faute de temps un compte-rendu exhaustif des différents projets dont beaucoup l’auraient pourtant mérité.

L’Université, qui a souvent la mauvaise idée de supprimer ce qui marche pour inventer de nouvelles stratégies pédagogiques plus ou moins ineptes a décidé de mettre fin à ce type d’exercices pour l’année prochaine. C’est bien dommage…

PVP LEA L2 - 1 (1)

Billet promis, billet dû : voilà donc un petit survol de projets tuteurés non encore évoqués sur ce blog (pour les premiers, voir le 19/04/2019) :

– Marta, Béatrice, Rachele, Lucia, Mathilda, Laura et Angélique (l’ancienne élève de Manu), un peu sur le modèle des groupes précédents qui ont travaillé pour aider des orphelinats en Tunisie et au Sénégal, se sont intéressées à l’Instituto Padre Giovanni Semeria, foyer pour enfants en difficulté près de San Remo. Elles ont pendant plusieurs mois organisé une initiation au français et de nombreuses activités pédagogiques et ludiques. Ne pas avoir mis de côté pour leurs professeurs des biscuits fabriqués par le groupe pour les enfants est la seule zone d’ombre (humour !) du formidable travail de ce groupe.

– Tommy, Paula, Belinda, Alesia, Fabio et Isabel se sont eux immergés dans le monde du cinéma en réalisant un très réjouissant court métrage sur le thème de l’intégration des étudiants étrangers à l’Université de Nice. C’est un vrai bonheur de voir tant de visages différents expliquer leur satisfaction d’être dans notre ville tout en comptant leurs mésaventures administratives. Les auteurs du film démontrent par ailleurs qu’en cas d’échec (peu probable) aux examens de LEA, la Victorine leur tend les bras !

– Margaux, Chloé, Grégory, Lina et Juliette sont des écolos convaincus. Ils ont lancé par deux fois une opération « ramassage des mégots dans la fac : 28 000 mégots au premier semestre, 11 818 au second. Encore un effort et nous aurons 0 mégots pour 2021 ! Cette opération spectaculaire était bien sûr accompagnée d’actions de sensibilisation et de pédagogie. Bref, une belle initiative… pas du tout fumeuse !

– Susanna, Nora, Sanaa et Sylvia sont de généreuses étudiantes italiennes qui ont œuvré de conserve avec l’association AISM basée à Imperia et se sont mobilisées pour aider les malades atteints de sclérose en plaques. Elles ont ainsi organisé un défilé de mode au profit de cette cause tout en informant le public à Vallecrosia au mois de mars. En avril, elles ont réalisé une deuxième sensibilisation en installant à Vintimille un laboratoire provisoire permettant à chacun de se mettre à la place des malades pour éprouver les symptômes de la maladie. La presse italienne s’est fit l’écho de ces deux manifestations en mettant justement à l’honneur notre quatuor.

Bon, j’ai l’impression que j’ai été trop optimiste… Le billet commence à être long pour le lecteur moyen de ce blog et comme il reste pas mal de groupes à honorer, dans quelques jours, je vous proposerai un troisième épisode. Promis !

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