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Pas vraiment d’atmosphère de rentrée pour ce Conseil municipal de jeudi qui s’est fait attendre jusqu’à la mi-octobre. Rançon de ce mauvais timing : un ordre du jour pléthorique avec 135 délibérations, qui m’a demandé des heures et des heures de préparation (des jours en fait) avec mon équipe et Marc. Ce retard a d’ailleurs une conséquence sur l’efficacité de deux de nos délibérations : nous devions donner un avis sur deux plans de prévention des risques (PPR Mouvements de terrains et séismes) proposés par le représentant de l’État dans le département et à défaut d’expression de cet avis par le conseil municipal dans les deux mois de sa réception par le maire, il était réputé favorable… Les délais étant dépassés, toutes les réserves que nous avons pu émettre sur l’un et l’autre de ces plans importants n’auront aucun effet contraignant.

Le dossier le plus spectaculaire était un rapport de la Chambre Régionale des Comptes sur la gestion du SDIS 06 qui n’appelait pas de vote car soumis au conseil pour simple information. Son contenu est assez explosif et démontre, par comparaison avec les autres départements, une gestion calamiteuse pour les finances publiques. J’ai donc fait une intervention sévère pour dénoncer cet état de fait. Double surprise : le silence des oppositions et de la majorité sur le sujet. Seul le maire a fait le service minimum dans la mesure où le SDIS dépend – sur la période examinée par la Chambre – de son ennemi alors Président du Conseil départemental (l’atmosphère est toujours aussi délétère entre rivaux dans les assemblées locales et, au Conseil municipal, Auguste Vérola se retrouve en première ligne et bien esseulé). Pourtant, mon intervention faite, j’ai eu droit à des félicitations de tous les bords politiques. Explication : il n’est pas de bon ton de donner l’impression de critiquer les pompiers, très populaires dans l’opinion publique (à juste titre, mais pourquoi n’accorde-t-on pas le même crédit aux policiers ?). J’étais donc en face d’une nouvelle manifestation du courage politique. État de fait que nous avions vérifié aux journées d’été du Mouvement Radical à Montpellier quinze jours plus tôt. Alors que les couloirs bruissaient d’une sourde colère contre le surplace de notre formation, Patrick avait été l’un des deux seuls orateurs à avoir osé porter cette inquiétude à la tribune.

Revenons au Conseil avec le Débat d’Orientation Budgétaire (DOB). Celui-ci, exigé par une loi votée jadis par la gauche, devrait permettre un débat clair et transparent sur les orientations budgétaires, avant le vote officiel du budget, le document le plus important de l’année. Hélas ! Le rapport soumis à notre discussion était imprécis et sans pédagogie. Il servait surtout à mettre en scène le stratagème, presque insultant pour l’intelligence des Niçois, d’un maire de Nice qui baisse de 2,12 points la taxe foncière alors qu’il a lui-même créé ce même impôt au taux de 6,4% en tant que Président de la Métropole. De qui se moque-t-on ?

Autre curiosité du rapport (mais on commence à s’y habituer) : l’État, qui était en dessous de tout sous Hollande, est devenu très fréquentable ; et c’est exactement l’inverse pour le Département, on aura compris pourquoi.

Le PEDT (projet éducatif de territoire) a par contre reçu notre approbation et constitue un plus pour l’aménagement des activités de enfants pendant les périodes extra et périscolaires. Une occasion pour moi de rappeler le sabotage de la mise en œuvre du plan Peillon par idéologie et volonté (démagogique là encore) d’aller dans le sens de certains parents et certains enseignants contre les intérêts de l’enfant.

Sujet de proximité brûlant : le très pittoresque déplacement de l’ancien marché du Ray vers Comte de Falicon sur le parking entre la station-service et le Forum Nice Nord. À croire que les adjoints de territoire ne connaissent pas leurs quartiers pour proposer une aberration pareille. Nous accompagnons bien sûr la mobilisation des riverains.

Mais un Conseil est un tout et je m’efforce toujours, au-delà des dossiers principaux (ou tout simplement médiatiques) d’intervenir sur l’ensemble du spectre municipal. Ainsi, par exemple, en matière de culture, où il m’a été agréable de souligner l’excellence des manifestations prévues pour deux musées très intéressants de notre cité (même si ce ne sont pas les plus connus) : le musée archéologique et le Palais Lascaris.

Comme à chaque conseil vous pouvez consulter la totalité de mes interventions sur la page qui leur est spécialement réservée sur ce blog.

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Samedi dernier, ce fut une double première pour moi en mairie de Nice. D’une part, je célébrais deux mariages, d’autre part, je mariais deux amis dans des conditions bien particulières.

Le second mariage, chronologiquement parlant, était celui d’Hélène, une de mes anciennes étudiantes en droit, dont je connaissais bien par ailleurs la maman que j’avais eu l’occasion de rencontrer dans le cadre de mon mandat de conseillère générale de ce qui était alors le 7e canton (Cimiez, Rimiez, Gairaut) de 2005 à 2011. Elle épousait Frédéric, un vrai globe-trotter professionnel, et les deux jeunes gens me semblent bien partis pour une vie radieuse. Et c’est ainsi que j’ai pu terminer le discours préparé à leur intention :

« Je me suis rappelée la chanson – la belle chanson – d’Elisa Tovati qui, un peu par hasard, fut le fond sonore de votre premier engagement, en 2011. Eh bien, cette chanson dit tout : à l’avenir, écoutez-la attentivement.

Un mariage, un couple (ça c’est moi qui l’ajoute)
Il lui faut du temps
Des insomnies
Des engueulades
Des retrouvailles à la bougie.
Il lui faut du vent,
Un peu de pluie
De longues balades.
Un mariage, un couple
Il lui faut aussi
Un jean usé que l’on partage
Deux trois secrets d’enfants pas sages
Il lui faut l’envie
De rendez-vous
Un très grand lit
Sans rien autour.
Hélène, Frédéric, je vous souhaite ces longues balades, ce jean usé, les secrets d’enfants pas sages, les rendez-vous et le très grand lit sans rien autour.
Bon voyage ! »

L’autre mariage, concernait deux amis proches, Joëlle Vacca et Gérard Corboli, des amis rencontrés séparément il y a bien longtemps dans le cadre de l’action politique (et qui pourtant le sont restés !). Ce qui m’a permis de commencer mon discours ainsi :

« S’il m’est déjà arrivé de marier un ami ou une amie, je n’avais, jusqu’à aujourd’hui, jamais marié un ami et une amie ensemble. Je me trouve donc vis-à-vis de vous dans une situation bien singulière : je vous connais tous les deux depuis plus longtemps que vous ne vous connaissez l’un l’autre. J’ai ainsi pu apprécier les personnes ô combien attachantes que vous êtes individuellement, avant de m’enthousiasmer pour le couple que vous formez aujourd’hui ».

Autre particularisme de la cérémonie : Joëlle, aux origines sardes revendiquées, avait souhaité que son cousin Sergio, maire en Sardaigne, puisse symboliquement procéder au mariage en Italien. C’est ainsi qu’avant l’échange officiel des consentements, en français, ces derniers furent amicalement recueillis par mon collègue sarde. Tout se passa très bien, sous les couleurs européennes de l’Italie et de la France, avec une assistance émue et des mariés visiblement heureux de s’engager.

Pour rester dans l’ambiance et connaissant le goût de Joëlle pour les Murales, des peintures murales nées dans les années 1960 que l’on retrouve dans de nombreuses localités de Sardaigne et qui, après avoir dénoncé à l’origine la disparition du monde rural sarde (Padre padrone ?), se sont universalisées pour devenir un appel à la solidarité avec les peuples opprimés, je pouvais terminer ainsi mon discours :
« Joëlle, Gérard, votre mariage je ne l’imagine pas replié sur lui-même, égoïste, avec des rêves tout petits. Je l’imagine plutôt comme une promenade joyeuse au milieu de vos Murales intimes qui conjugueront votre bonheur de couple avec cette ouverture au monde et à la justice qui vous va si bien. Bonne balade à tous les deux ! »

Si on pouvait clore là la cérémonie, la journée était loin d’être terminée. Après l’apéritif pris en face de l’Hôtel de Ville, une délicieuse soirée nous attendait à Castagniers pour une petite fête ressemblant si bien aux mariés du jour : gaie et chaleureuse.

(suite)

Si les paysages sont grandioses, ils ne sont pas écrasants. Ils restent très humains. Est-ce à cause des petites taches blanches des moutons de plus en plus nombreuses ?

La pluie ne nous gêne plus. D’ailleurs elle ne tombe que par intermittence. Et puis, on s’habitue : je suis devenue une vraie Écossaise. J’aime bien m’identifier aux lieux où je séjourne. C’est ainsi que je suis tour à tour une femme de la campagne en zone rurale, un « homme » des bois en forêt, une exploratrice dans les terres lointaines et isolées. Ou plutôt, je joue à l’être.

Là, je suis donc une Écossaise. Enfin presque… En descendant la côte ouest et en passant deux journées à l’île de Skye, j’ai réalisé que j’avais encore un peu de boulot à faire sur moi-même pour que la transformation se réalise pleinement.

Il faut savoir – et ceux qui me connaissent bien le savent – que j’ai une peur panique des bestioles qui volent, sautent, rampent, dont la proximité me fait partir dans un ballet plus proche de la danse de Saint-Guy que d’une chorégraphie à la Claude François (quoique…). Eh bien, patatras ! Sur cette île magnifique et alors que nous avions la chance d’être hébergés dans un B&B magique tenu par Sheila dans la baie de Staffin (vers la pointe nord de Skye), ma route a croisé celle – redoutée depuis notre départ – des midges, de minuscules moucherons piqueurs qui, s’ils ont miraculeusement épargné mon compagnon (non mais, pourquoi ?), s’en sont largement pris à moi, m’empêchant de profiter en toute sérénité de cette île désormais reliée au reste de l’Écosse par un pont, où j’avais absolument tenu à ce qu’on se rende après les échos flatteurs qui étaient parvenus jusqu’à moi. Ces échos et les photos qui les accompagnaient ne mentaient pas : on ne peut manquer l’île de Skye quand on va en Écosse, ni ses montagnes à l’herbe rase, si ses falaises et ses rochers escarpés, ni ses vaches aux cheveux longs à l’allure de hippies.

C’est pourtant presque avec soulagement que je franchirai le pont en la quittant lorsque nous nous dirigerons vers Glasgow. Sur notre route, une belle surprise : le Kilchurn castle, dont nous avions aperçu les ruines au loin, au bord d’un lac, et où nous n’avons pas hésité à nous rendre en franchissant les quelques centaines de mètres qui y conduisaient sous une pluie battante. Mais au bout du petit chemin, quelle récompense ! Seuls au monde dans l’ancien domaine des Campbell, lords de Glenorchy.

Si j’avais une légère appréhension en arrivant à Glasgow (le retour à la « civilisation » est toujours un peu délicat), elle s’effaça vite. La ville est agréable et nous y avons rapidement trouvé nos marques, notamment au Pot Still, l’un de ces pubs écossais où l’ambiance est si chaleureuse et pas seulement par les effets conjugués de la bière et du whisky.

Depuis hier, nous roulons de nouveau à droite. Il fait beau. Pas une goutte de pluie en vue, pas de petits moutons, et bientôt les moustiques tigres. Je n’irai pas jusqu’à dire que je regrette déjà les midges, encore que…

 

 

Après avoir quitté Aberdeen et les Grampians, direction le Nord et ses promesses – tenues – d’un environnement spectaculaire.

La porte d’entrée c’est Inverness près du fameux lac. Nous sommes sans doute dans la partie la plus touristique de l’Écosse ce qui explique le véritable racket organisé par les hôteliers (prix abusifs pour des prestations moyennes) dans un pays où la mesure du nombre des visiteurs semble ne pas avoir été prise puisque les hébergements sont nettement insuffisants.

Il ne faudrait pas pour autant se méprendre. La région n’est pas envahie par les touristes : ce n’est pas la Côte d’Azur au mois d’août ! Cela est vrai y compris pour le Loch Ness où il ne nous a pas été donné de voir le monstre mais qui nous a permis de découvrir, pas toujours sous la pluie, quelques beaux paysages agrémentés ici ou là de châteaux en ruines. Et puis Inverness restera gravé dans nos mémoires comme la ville où nous avons vus nos premiers joueurs de cornemuse, en kilts comme il se doit.

Notre montée vers le Nord va se faire par la côte est. Plus ou moins proches, nous pourrons voir les nombreuses plateformes pétrolières (je ne peux m’empêcher de penser à Nikiski et à l’Alaska) qui ont fait la richesse de l’Écosse avant la chute des prix mais qui continuent à fonctionner en même temps que le pays s’oriente vers les énergies renouvelables.

C’est dans ce même secteur que nous aurons l’occasion d’en apprendre un peu plus sur les Highland Clearances, déplacements forcés des populations après les rébellions jacobites du début du XVIIIe siècle. Les chefs de clans écossais qui avaient survécu aux attaques britanniques et n’avaient pas choisi d’émigrer en Amérique sont devenus de gros propriétaires terriens conduits à élever des moutons pour les vendre aux Anglais. Pour ce faire, ils poussèrent de nombreuses familles aux revenus modestes à quitter les terres cultivées ou les expulsèrent dans de petites fermes au bord de mer, là où l’agriculture était impossible (les Lowlands) et où ils avaient le plus grand mal à survivre. Nous sommes allés sur les lieux d’un petit village en ruines, Badbea, en haut de falaises parfois tellement ventées qu’animaux et enfants devaient être attachés pour ne pas tomber ! Seuls sur le site, assis sur des pierres, vestiges du mur d’une ancienne maison, admirant pourtant le paysage, on pouvait imaginer sans peine la dureté des conditions de vie de ces anciens paysans. Beaucoup décidèrent dès lors de quitter leur pays pour se rendre aux États-Unis ou au Canada. Un peu plus loin sur la route, nous aurons le plus grand mal à trouver le monument en bronze qui rappelle cette époque tragique : une famille quittant sa maison pour commencer une nouvelle vie de l’autre côté de l’océan.

En continuant à monter ver le Nord notre but premier était la petite ville de John o’Groats et Duncansby Head, l’extrême pointe nord-est de la Grande-Bretagne. Là, il faut que je vous explique comment nous précisons nos itinéraires. La lecture de nombreux guides de voyage n’est pas notre seule source d’inspiration. En effet, nous aimons bien aussi nous rendre dans des lieux qui nous ont été recommandés par des proches. Généralement, ils réservent de bonnes surprises et surtout nous apportent un petit plus, ce petit plus qui, par-delà les années, nous permet de retrouver ceux que nous connaissons dont les pas ont précédé les nôtres sur des terres plus ou moins lointaines.

De ce point de vue, j’avais été plutôt surprise de constater qu’assez nombreux étaient ceux qui avaient visité l’Écosse. Il en a été ainsi de Penarth près de Cardiff (là c’était au Pays de Galles, merci Renato), du mur d’Hadrien (merci Patrick C.) ; il en sera plus tard ainsi d’Ullapool (re-merci Renato) ou encore d’Oban (merci Jean-Pierre)… C’était également le cas de John o’Groats dont m’avait parlé ma soeur Michèle. Après quelques centaines de mètres de marche sur un sentier qui peu à peu s’efface pour vous laisser poursuivre votre avancée en déambulant sur l’herbe humide, on débouche au sommet d’une impressionnante falaise surplombant les Stacks of Ducansby, deux hauts rochers pointus se dressant au large.

Sur la North Coast 500, l’endroit valait plus que le coup d’oeil, même si le « vrai » point le plus au Nord est Dunnet Head à une vingtaine de miles de là où nous avons pu assister, en solitaires, à un superbe coucher de soleil.

(à suivre)

Le but de tout voyageur qui se respecte, quand il se rend en Écosse, c’est les Highlands, et même le nord des Highlands. Fallait-il monter au plus vite vers ces hautes terres, ou bien prendre le temps de découvrir progressivement le pays ? C’est la question que nous nous posions en visitant le château de Sterling, notre première étape après avoir quitté le Pays de Galles et « franchi » le mur d’Hadrien.

Nous choisîmes une solution intermédiaire : direction les Highlands mais en commençant par le sud, à priori moins spectaculaire. Cette montée en puissance m’agréait et j’ai donc convaincu Patrick de nous attarder un peu dans le centre-est du pays du côté d’Aberdeen et des monts Grampians. Il faut dire que j’avais un argument massue : on allait pouvoir faire la vallée du whisky (single malt only) ce qui ne pouvait que séduire sinon le fin connaisseur du moins l’amateur éclairé qu’il est depuis quelques années.

Et je ne l’ai pas regretté. Non pour le whisky qu’à ma grande confusion je n’apprécie pas mais pour tout le reste. Si la ville grise d’Aberdeen, l’une des plus riches d’Écosse, me laissera sans doute un souvenir contrasté, ce ne sera pas le cas des délicieux (je ne pensais pas utiliser un jour cet adjectif pour qualifier l’Écosse, et pourtant…) paysages au travers desquels nous avons roulé. Le vert si tendre des prairies parsemé des petites taches blanches des moutons ou brunes des bovins, le jaune paille des champs de blé, le rose vif des épilobes omniprésentes, les rivières quasiment bucoliques ne pouvaient que séduire.

Et puis si la vallée de la Spey, celle du pur malt, ne fut pas oubliée, il y eut aussi sur notre route, des églises et des châteaux, les plus fascinants en ruines bien sûr, comme le Dunnottar castle, au sud d’Aberdeen, ou la vieille cathédrale d’Egin plus au nord.

Le climat écossais, si particulier, nous a peu gênés. Bien sûr le ciel est souvent gris mais il lui arrive d’être bleu, le soleil en général discret peut être parfois éclatant, la pluie, fréquente, ne tombe que par épisodes et ses gouttes, contrairement à celles des orages niçois, ne sont pas un obstacle aux balades. Il suffit d’être un peu équipés, comme tout le monde l’est ici, en gros une veste imperméable et de bonnes chaussures. Ainsi parés, on n’a peur de rien !

Finalement, cette partie de notre séjour ne se contenta pas d’être une introduction à ce que nous allions trouver en continuant à monter. La région n’est pas qu’un début : elle a son propre charme.

Pour vous, mais aussi (beaucoup) pour moi, quelques photos choisies des lieux que nous avons traversés en Pays de Galles, avant de passer en Écosse.

CARDIFF

PENARTH

BRECON BEACONS

PORT EYNON
(PÉNINSULE DE GOVER)

WARM’S HEAD
(PÉNINSULE DE GOVER)

Là, on n’est plus dans le Pays de Galles mais pas encore en Écosse : en Angleterre avec le Mur d’Hadrien qui, à l’origine, protégeait l’empire romain des barbares d’Écosse !

 

Après quelques jours passés dans le Pays de Galles, nous voici en Écosse. Pas question cependant de ne pas dire quelques mots du pays des Dragons rouges.

Si notre rapide séjour à Cardiff s’est révélé sans surprise, nous avons eu la chance de tomber, un peu par hasard, sur deux autres étapes qui m’ont ravie, pas vraiment pour les mêmes raisons.

Petite remarque préliminaire : nos arrêts en soirée dépendent entièrement des hôtels où nous avons trouvé une chambre. Et comme, nous ne savons pas vraiment à l’avance ce que nous allons découvrir en chemin, nos réservations se font à la dernière minute. Dès lors, nous n’avons que peu le choix tant de la ville que de l’établissement qui voudra bien nous accueillir.

C’est ainsi qu’il y a trois jours, nous avons atterri à Aberystwyth, au bord de mer. Le Richmond hotel proposait tout à la fois un parking et une bonne connexion wifi : nous nous sommes jetés dans les bras de sa propriétaire. De façon un peu prématurée si on veut bien considérer qu’il nous fut impossible de nous connecter. Mais peu importe : le Richmond n’avait pas besoin de ça avec son petit air suranné de pension de famille (à l’exclusion de nos voisines de table, véritables spécimens d’Anglo-saxonnes extraverties, qui juraient un peu dans le décor). La ville où nous nous sommes longuement promenés dans la soirée nous a elle aussi donné l’impression d’être dans un endroit hors du temps où Monsieur Hulot aurait très bien pu venir passer ses vacances. Avec une brume de plus en plus épaisse au fur et à mesure que la nuit tombait, jouant avec les ruines d’un vieux château, il y avait comme de la magie dans l’air, une magie qui protège et rend heureux.

 

Le lendemain, autre lieu, autre ambiance. Alors que le désespoir commençait à nous guetter – à vingt heures nous ne savions toujours pas où nous allions passer la nuit (les rares hébergements de la région étaient complets) – et que nous envisagions gaillardement de passer une nuit dans la voiture, nous avons fini par trouver un endroit où poser nos valises. Il s’agissait d’un pub, pas loin de Chester mais toujours en Pays de Galles, le Glan Yr Afon Inn dans le hameau de Dolphin, qui disposait de quelques chambres. Sorti de nulle part, en pleine campagne, il accueillait une clientèle nombreuse – samedi soir oblige – qui, la bière aidant, allait manifester davantage son enthousiasme au fur et à mesure que la soirée avançait. Les filles s’étaient habillées pour sortir et, dans un premier temps, nous eûmes le sentiment d’arriver, avec nos bagages et nos tennis, tels des chiens dans un jeu de quilles. Impression qui s’est vite démentie après avoir échangé quelques mots avec les uns et les autres. Un cod & chips plus tard, nous pouvions regagner notre chambre et son lit à baldaquin (!) non sans porter un regard bienveillant sur cette vie communautaire et intergénérationnelle qu’on rencontre souvent dans les pays anglo-saxons.

 

 

 

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