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Archive for the ‘Société’ Category

8 mars

Pendant la campagne municipale de 2014, le 8 mars, toutes les femmes de la liste avaient choisi de présenter une petite pancarte sur laquelle était inscrite la phrase de leur choix en liaison avec les droits des femmes. Sur cette photo, la mienne. Je crois bien que je reprendrais la même aujourd’hui.

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Nice-Matin 18/01/2017

Nice-Matin 18/01/2017

Il y a quelques jours disparaissait, à l’âge de 93 ans, Josette Anelli. Cette femme niçoise était une figure de la Résistance dont le parcours avait été reconnu par de nombreuses décorations.

J’avais eu la chance de faire sa connaissance lors de ma campagne pour l’élection partielle de 2005 dans le canton de Nice 7 qui m’avait permis de devenir conseillère générale des Alpes-Maritimes. Josette avait en effet acceptée de présider le comité de soutien à ma candidature, un comité de soutien qui avait la particularité de ne comprendre… que des femmes qui souhaitaient porter à l’assemblée départementale – qui ne comprenait alors que trois femmes – une élue supplémentaire.

Je suis très fière d’avoir eu à mes côtés (elle était présente à toutes mes réunions publiques) cette dame si chaleureuse, toujours souriante, au regard pétillant.

Son parcours m’a conduite à adresser un courrier au maire de Nice demandant que la Ville attribue le nom de Josette Anelli à une rue de Nice (les quartiers Est de Nice qui étaient son domaine seraient particulièrement opportuns). Ce ne serait que justice. Pour lire ma lettre : 2017-01-16-nom-de-rue-josette-anelli

Le groupe « Radical et Divers Gauche » envisage d’ailleurs de déposer un voeu en ce sens lors de la prochaine séance du Conseil municipal.

Lors d'une réunion publique en 2005

Lors d’une réunion publique en 2005

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En ce 11 novembre où l’on commémore l’armistice de 1918, j’ai voulu reprendre pour la 2e fois ce billet écrit ici même le 13 mars 2008.

Victor et Blanche Boy

Blanche et Victor Boy

Victor aurait eu 110 ans quand, à côté de mon père, j’ai lu son nom sur la plaque de l’une des si nombreuses croix du cimetière militaire de Suippes.

Drôle de sensation de voir un fils de 80 ans pleurer sur la tombe d’un père de 31 ans.

Ce fils a porté cette blessure en lui toute sa vie. Quoi de pire que l’absence d’un père qu’on n’a jamais connu si ce n’est au travers de photos jaunies et du souvenir entretenu par une mère qui se retrouvait veuve à vingt-trois ans ? Victor est mort peu après sa blessure dans les Dardanelles et son rapatriement en France par le navire-hôpital le Duguay-Trouin en provenance de Salonique. Sur une carte envoyée du bateau et écrite au crayon gris, il faisait part de son impatience de revoir sa Blanche, sa Blanchette, et de serrer enfin dans ses bras ce petit Raymond qui leur était né dix mois plus tôt. Il n’en aura pas eu le temps.

Deux années de guerre, deux années d’horreur : et pourtant rien ne transparaissait jamais dans les brefs messages qui sont parvenus régulièrement à Blanche. Toujours cette même inquiétude pour la jeune femme restée seule au pays. «Pour moi, tout va bien, mais je me fais du souci pour toi».

Pourquoi, dans toutes les lettres écrites par ces hommes envoyés au combat, n’y avait-il jamais une plainte, jamais un mot qui aurait pu faire comprendre l’horreur de ce qu’ils vivaient si loin de chez eux ? Censure ? Peut-être. Pudeur ? Sans aucun doute. Parce qu’ils n’en ont pas plus parlé à leur retour qu’ils ne l’ont fait durant leurs trop rares permissions. Ils auraient eu honte de se plaindre, eux, les hommes, accueillis tels des héros, surtout s’ils rentraient avec un bras ou une jambe en moins, ou avec la gueule cassée. Comment dès lors dire la peur qui les tenaillait au ventre ? Un héros, ça n’a pas peur : même leurs proches n’auraient pas aimé ça. Dans mon enfance, j’en ai connu plusieurs des hommes de ma famille qui avaient fait la Grande Guerre. Aucun d’eux ne m’a jamais dit ce qu’il avait vécu. Il est vrai que cette guerre était terminée depuis longtemps, et qu’une autre, avec son propre cortège de malheurs, l’avait fait oublier. Il en est allé d’ailleurs de même pour les déportés qui ont survécu aux camps de concentration : dans un premier temps, ils ont peu raconté. Sans doute avaient-ils eux aussi compris qu’ils n’étaient pas très nombreux ceux qui avaient envie de les entendre. Comme si nos sociétés éprouvaient le besoin de jeter un voile sur ce que certains comportements révèlent de la nature humaine.

Aujourd’hui encore, je suis remplie de colère quand je pense à ces généraux qui ne voyaient dans ces soldats envoyés au front que de la chair à canon, je suis remplie de colère quand je pense à l’assassinat de ces jeunes gens qui ont eu le courage de résister aux ordres en refusant de partir à l’assaut et de quitter la tranchée une fois de plus. J’enrage de me dire que ceux qui ne les considéraient que comme des pions sur un échiquier ont été fêtés parce qu’ils avaient gagné la guerre. Quelle victoire ?

Alors quand j’ai lu, hier, que Lazare Ponticelli, le dernier Poilu, venait de mourir à l’âge de 110 ans, j’ai pensé à toutes ces vies brisées, à tous ces noms sur les monuments aux morts partout en Europe. J’ai pensé à Victor, mon grand-père, éternel jeune homme de 31 ans, j’ai pensé à son fils de 80 ans et à mon bras passé autour de son cou, pour tenter, en vain, de lui enlever un peu de sa peine, quand nous étions penchés sur sa tombe. Et j’ai pleuré. De colère.

Victor Boy est né le 2 mai 1885 et est mort le 29 août 1916. Sa dernière carte envoyée à son épouse, Blanche Cériché, est datée du 16 juillet 1916 et a été écrite sur le navire-hôpital le Duguay-Trouin. Il n’a jamais rencontré son fils, Raymond Boy, né le 14 octobre 1915.


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86-roses-pour-les-victimes

Les visages des élus que nous retrouvons pour emprunter la navette en face du Monument aux morts sont plus graves qu’à l’ordinaire, même si, parfois, on parle un peu, de tout et de rien. Pudeur ? Difficulté de s’exprimer avec des mots déjà tellement éculés de ce qui s’est passé, ce 14 juillet dernier à Nice.

Arrivés en haut de la colline du Château, nous sommes pris en charge et conduits sur une estrade de côté. Face à nous, sous les pins parasols, la Garde Républicaine, derrière elle, au loin la mer, aussi bleue que le ciel. Sur notre droite, la tribune rassemblant les familles des victimes. L’arrivée de personnalités nationales suscite une discrète animation dans nos rangs : ancien président de la République, anciens premiers ministres, présidents du Sénat et de l’Assemblée Nationale…

À l’heure prévue, le Président de la République est là. L’orchestre ouvre la cérémonie avec la Marseillaise. Une jeune femme, Cindy Pellegrini, prend la parole au nom de l’association de victimes « Promenade des anges ». Ses mots simples sont poignants : « En ce 14 juillet, vous vouliez admirer le ciel et non pas le rejoindre… ». Accompagné d’un piano, Julien Clerc entonne sa chanson : « je veux être utile, à vivre et à rêver… ».

Puis c’est le moment sans doute le plus éprouvant de la cérémonie, celui au cours duquel 86 élèves du lycée Masséna viennent déposer une rose blanche pendant qu’étaient prononcés le nom et l’âge de chacune des victimes. Très peu de personnes ont pu retenir leurs larmes. Tous les âges, toutes les régions du monde…

François Hollande intervient. Le ton est juste. Compassion pour les victimes, unité nationale, exigence de vérité sur ce qui s’est passé. Et le chœur des enfants de l’Opéra de Nice reprend la Marseillaise : « Nous entrerons dans la carrière, Quand nos aînés n’y seront plus, Nous y trouverons leur poussière, Et la trace de leurs vertus… »

Le Président traverse l’esplanade en direction de la fontaine provisoire où ont été déposées les 86 roses et s’incline devant les familles. Elles applaudissent longuement. Pendant que le chef de l’État les rencontre individuellement, à l’écart, je quitte les lieux avec Marc Concas et Fabrice Decoupigny.

En empruntant les premières marches qui nous conduiront à la vieille ville, nous passons devant le musée de la Marine. Au-dessous s’étendent la mer et la Promenade des Anglais.

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Intense moment d’émotion ce jeudi. À l’initiative du Comité Yad Vashem, on dévoilait une stèle sur laquelle étaient inscrits les noms de déportés juifs qui furent raflés en 1943 à la maison de retraite « Villa Jacob ».

plaque-dorigineLa stèle dévoilée est une copie de la stèle originale, qui était à côté, reposant sur le sol, en trop mauvais état (pour l’instant) pour être redressée. Disparue depuis plusieurs années, elle a été retrouvée, il y a quelques mois, brisée en plusieurs morceaux dans un bois à Vence par un joggeur….

En cette circonstance, représentant la seule famille qu’on a pu retrouver ayant un lien avec ces déportés, j’ai pris la parole, avant les « officiels » et en présence de Beate et Serge Klarsfeld, pour apporter un témoignage personnel : le nom de mon arrière-grand-mère, Flora Lattès (épouse Cériché) figure en effet dans cette liste.

Voici les mots que j’ai prononcés :

« Mesdames et Messieurs,

Daniel Wancier

Daniel Wancier

Je voudrais en tout premier lieu remercier ceux qui agissent sans relâche pour que ne soient pas oubliés toutes celles et tous ceux qui ont si dramatiquement disparus lors du génocide perpétré par les nazis lors du dernier conflit mondial. Parmi ceux qui ne ménagent ni leur temps ni leur énergie, je voudrais citer Daniel Wancier, président du comité Yad Vashem Nice Côte d’Azur qui m’a demandé de prendre la parole aujourd’hui.

Plus particulièrement, concernant la cérémonie de ce jour, je crois que nous devons rendre hommage à ce joggeur qui, tombant sur la plaque brisée de la Villa Jacob dans les bois d’un massif forestier à Vence, a eu le bon réflexe d’en faire part au comité.

Lorsque j’ai lu l’article de Nice-Matin consacré à cette découverte, cela m’a fait un choc. Bien sûr, je n’ai pu manquer de me demander – comme tous les lecteurs, je crois – comment il était possible que quelqu’un l’ait jetée là tellement d’années après sa disparition du lieu où elle avait été apposée. Cela a peut-être été un mal pour un bien puisque nous sommes là aujourd’hui et que la plaque va retrouver sa destination première.

Au-delà du choc de la découverte, j’ai été envahie par l’émotion. Parmi les noms des pensionnaires raflés ce 21 novembre 1943 figurait celui de mon arrière-grand-mère, la mère de ma grand-mère paternelle. Pourquoi était-ce aussi important ? Parce que si je n’ignorais rien de sa mort en déportation, je ne savais qu’elle avait été raflée à la Villa Jacob que parce que l’information nous avait été transmise par mon père : lui et sa mère avaient tenté de lui faire quitter en vain la maison de retraite au moment où l’occupation allemande avait remplacé l’occupation italienne. Mais nous n’avions aucun élément, aucun écrit, confirmant cela.

Avec ma soeur Michèle

Avec ma soeur Michèle

Ma grand-mère parlait assez peu de ce passé douloureux. Il faut dire que sa jeunesse avait été marquée par de nombreux drames, un mari mort pendant la 1re guerre mondiale, un second mari disparu peu après, un fils décédé en 1940, et donc sa mère déportée en 1943. J’avais essayé à plusieurs reprises d’en parler avec elle, déjà âgée, mais elle était très réservée sur le sujet. J’avais finalement laissé tomber le jour où elle avait mis fin à mon ultime tentative en me disant d’arrêter de me tourner vers le passé et en ajoutant : « tu ferais mieux de t’occuper de bonnes œuvres… ! »

Si je n’en ai plus parlé avec elle, je n’ai pas pour autant cessé d’y penser. Et quelques années plus tard, à l’occasion d’un séjour en Israël, je me suis rendue au Mémorial de Yad Vashem. Ce fut pour moi un moment décisif : je crois que c’est là, en 1992, que l’histoire de ma famille a cessé d’être une histoire personnelle. Je ne suis pas juive : mon arrière-grand-mère avait épousé un catholique. Mais ce jour-là, l’histoire des Juifs est devenue un peu la mienne. Et quand je suis rentrée à Nice, j’ai décidé de remplir une feuille de témoignage : son nom se trouvait donc désormais mêlé en ce lieu symbolique à ceux des millions de juifs exterminés.

Je me dois de dire aussi que ma sensibilisation à cette période terrible a été accentuée par l’histoire familiale de mon époux qui est devenue aussi la mienne. En effet, le grand-père de Patrick, résistant, est mort en déportation (passé par Auschwitz, il est décédé en Tchécoslovaquie) et son père, René, alors très jeune homme, est rentré des camps très gravement malade : il a vécu toute sa vie dans un fauteuil roulant.

dominique-boy-mottardLorsque j’étais conseillère générale, c’est avec conviction que j’ai participé ainsi que Patrick à plusieurs des voyages de la Mémoire organisés pour les collégiens vers Auschwitz par le département des Alpes-Maritimes, des déplacements initiés par M. Christian Estrosi et poursuivis ensuite par M. Eric Ciotti. Comment ne pas être bouleversée en arrivant au bout de la voie de chemin de fer interne à Birkenau, sur le quai de la solution finale ? Là encore, mon histoire personnelle se nourrissait de celle de l’ensemble du peuple juif (et inversement) : j’étais à l’endroit même où mon arrière-grand-mère, âgée de 74 ans, était arrivée pour y mourir le 12 décembre 1943 avec le convoi parti de Drancy – où les pensionnaires de la Villa Jacob avaient été conduits – le 7 décembre 1943.

Mais en dehors de cette information officielle, j’avais toujours peu d’éléments personnels sur mon arrière-grand-mère. Et tout ce que j’ai pu apprendre est un peu le fruit du hasard. Mais sans doute d’un hasard qui venait d’autant plus facilement à moi que j’étais toujours en alerte.

dominique-boy-mottard-daniel-wancierAinsi, le lundi 8 mai 2006, j’étais à la synagogue de la rue Deloye où la communauté juive de Nice rendait hommage à Marcelle Cohen, notre compatriote victime d’un attentat terroriste en Israël. C’était la première fois que j’y entrais et mon émotion en cette circonstance fut d’autant plus forte que j’ai retrouvé, sur la plaque commémorative des victimes niçoises de la Shoah, le nom de mon aïeule, ce dont personne n’était au courant chez moi. Je suppose que cette inscription était le fait de ma grand-mère, sa fille, mais elle n’en avait jamais parlé.

Les années passèrent. Toujours à la recherche d’informations, je me suis rendue au cimetière de Cuneo d’où elle était originaire à la recherche de l’éventuelle sépulture de ses parents. Je ne l’ai pas trouvée : il faut dire que de nombreuses tombes du cimetière juif sont en bien mauvais état et que plusieurs noms sont effacés. Mais grâce à l’aide de Lucien Samak qui m’a donné un contact dans le Piémont, il n’est pas impossible que les choses avancent.

Avec Maurice Winnykamen

Avec Maurice Winnykamen

Pour autant, je désespérais d’avoir des informations plus précises confirmant la présence de notre ancêtre à la Villa Jacob au moment de sa déportation lorsque mon ami, Maurice Winnykamen ici présent, qui connaissant bien mon histoire, me signala qu’il avait pris connaissance du rapport officiel de la Gendarmerie nationale française, intendance régionale de la police de Nice, rapportant les arrestations de « 15 vieillards » à la Villa Jacob le 21 novembre 1943. Toujours pas le nom de ma bisaïeule mais, au détour d’une phrase, après l’énumération de 14 noms, il est fait état d’une « autre octogénaire arrêtée ». Pour lui, il ne pouvait y avoir de doute, il s’agissait bien d’elle. Et il en a parlé dans son remarquable ouvrage de témoignages « La colline ».

Mais toujours pas de nom… Jusqu’à ce 3 février 2016 où j’apprends dans la presse la découverte de la plaque. Ce n’est pas grand-chose un nom sur une plaque mais pour moi ça signifiait beaucoup.

Mon ancêtre s’appelait Flora LATTÈS, épouse CÉRICHÉ. Quand elle s’est mariée, elle est venue s’installer à Nice et elle a passé les dernières années de sa vie à la villa Jacob. Fille de Gabriele et Rosa LATTÈS, elle était née le 12 mai 1869 à Cuneo. Elle était Italienne. Et juive.« 

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Le Rendez-vous des Associations qui se déroule chaque année au Palais des expositions est l’occasion de se rendre compte de la vitalité de la vie associative dans notre cité dans les domaines les plus variés (culture, loisirs, social, santé, mémoire…).

Je suis donc allée y passer quelques heures ce samedi en compagnie de Fabien (qui, venant du monde associatif, y a de nombreux contacts). Si c’est avec plaisir que j’ai retrouvé pas mal d’amis dans les différents stands et que j’ai fait la connaissance de nouveaux militants, j’ai quand même eu le sentiment que le coeur n’y était pas vraiment : moins de monde que les autres années, inquiétude des participants face à un avenir qui les inquiète et dont ils ne savent pas toujours s’ils pourront y poursuivre leurs activités.

Quand je suis partie, j’emportais d’ailleurs avec moi quelques interrogations auxquelles nous allons nous efforcer de trouver des réponses. Parmi elles, une question face à laquelle, malgré mes demandes répétées tant en commission qu’en séances du Conseil municipal, la majorité demeure muette : quelles sont donc les critères d’attribution des subventions ?

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Conseil d'Etat

Le Conseil d’Etat a censuré la décision du tribunal administratif de Nice et suspendu l’arrêté anti-burkini pris par le maire de Villeneuve-Loubet.

Cette décision, logique en droit, est appelée à faire jurisprudence. Mais elle n’annule pas ipso facto les arrêtés pris par les autres municipalités. Ces derniers peuvent rester en application tant qu’un recours n’aura pas été déposé contre eux sauf aux communes à les retirer d’elles-mêmes pour tenir compte de la décision prise.

Ce n’est que ponctuellement que de tels arrêtés pourraient être validés s’ils apportaient une réponse à un « trouble avéré » à l’ordre public ce qui n’a pas été retenu en l’espèce. La conception traditionnelle de la laïcité ne pouvant en aucun cas être invoquée ici avec efficacité.

Est-ce que la question est réglée pour autant ? Bien sûr que non. Le malaise va persister et sans doute même s’aggraver car la majorité (2/3) de nos concitoyens n’est pas prête à accepter ce signe qui, isolément, ne représenterait pas grand-chose mais qui, dans le contexte actuel, est perçu comme une manifestation d’un communautarisme d’autant plus rejeté qu’il place la femme musulmane dans une situation inégalitaire au sein de sa propre communauté.

Car c’est le contexte qui est important. Comment ne pas voir dans cette attitude une provocation supplémentaire non pas des musulmans en général mais de l’Islam dans sa dimension politique ? Le (trop) fameux burkini n’a rien à voir avec la religion. Mais il est une pierre ajoutée à l’édifice du combat idéologique mené par l’Islam politique dont les premières victimes sont les femmes musulmanes. Car ce sont elles qui se trouvent en première ligne face à cette offensive. On a pu voir l’évolution dans les cités où les jeunes filles harcelées sont contraintes de se couvrir sous peine d’être montrées du doigt, un vêtement trop léger devenant un signe de « petite vertu ». Il faut être très forte pour faire face à cette pression et c’est cela qui n’est pas admissible.

Avant-hier c’était le voile, hier la burqa, aujourd’hui le burkini, et demain ? Parce qu’il est évident que ça ne va pas s’arrêter. En tant que femme occidentale, je ne peux me résoudre à banaliser ces signes. Si ce n’est pas sur le terrain du droit, c’est sur le terrain idéologique que le combat doit continuer à être mené. Avec force et détermination.

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