Feeds:
Articles
Commentaires

Archive for the ‘Société’ Category

En direct de Manhattan

Encore présents à New York en cette soirée d’Halloween, nous n’avons pas été personnellement physiquement impactés par ce nouvel attentat – à priori – islamiste, même si nous avons fréquenté les quartiers concernés proches de Ground zero quelques heures auparavant.

Ce soir nous serons dehors, solidaires des New-yorkais. En tant que Niçois, cet engagement a bien sûr un sens particulier.

Ajouté le 02/11/2017. Suite à un appel téléphonique d’un journaliste de Nice-Matin au lendemain de l’attentat, alors que nous étions encore à Manhattan, voici l’article que nous avons trouvé aujourd’hui en rentrant à Nice.

Nice-Matin 02:11:2017

Nice-Matin 02/11/2017

Publicités

Read Full Post »

J’avais eu l’occasion d’évoquer, lors d’un précédent billet qui rendait compte du Conseil municipal de Nice du 3 février 2017, la situation difficile de l’AMICA, qui intervient dans le secteur de La Vallière et qui se trouvait cette année sans subvention ni lieu pouvant accueillir ses activités suite à un problème administratif dans sa demande d’aide à la Ville.

La députée Brenier, qui manifestement ne connaissait rien à la situation, avait avancé l’idée que l’AMICA était une association communautariste, alors que j’avais justement pris son exemple pour les excellentes actions qu’elle menait contre la radicalisation dans un quartier en pleine (mauvaise) évolution.

S’il en était besoin, j’en ai encore eu la preuve ce samedi en assistant, avec mon collaborateur Fabien Castejon, à une réunion des membres de l’association. Le lieu choisi pour cette réunion n’était pas anodin : l’animatrice Faouzia avait délibérément réservé la salle d’un café de la rue Jean Vigo, un café que les hommes du quartier se sont appropriés dans cette petite artère qui s’est plusieurs fois fait remarquer ces derniers mois pour sa sinistre réputation (trafic de drogue notamment) alors qu’elle donne sur la Promenade des Anglais. Tous les hommes étaient installés dehors sur le trottoir et la réunion – avec une majorité de femmes – s’est paisiblement tenue à l’intérieur.

Autre chose qui n’était pas anodine, l’adresse de ce qui sera le local de l’association : il est situé juste à côté du café où nous venions de nous réunir ! C’est dire le volontarisme dont les adhérents font preuve dans leur combat pour essayer d’aider les jeunes du quartier. Nous sommes allés le visiter et, pour pénétrer à l’intérieur, il nous a fallu demander aux hommes installés devant de s’écarter : vu leur tête, ça n’a pas eu l’air de les amuser… Le local en question n’a plus de porte (juste un vague rideau) et il est squatté par des personnes qui l’ont mis dans un état apocalyptique avec un sol jonché de cannettes et détritus divers.

Mais l’enthousiasme des adhérents n’a pas failli : plein de bonnes volontés se sont déjà manifestées pour faire les travaux nécessaires. Et il va falloir faire vite parce que des idées, Faouzia et ses amis en ont plein. Déjà, lors de l’inauguration du local qui devrait avoir lieu en décembre, elle a prévu un défilé avec le Père Noël dans toute la petite rue ! Et surtout, afin de pouvoir reprendre le soutien scolaire. Car l’AMICA n’est pas vraiment la bienvenue dans la structure municipale (ANIMANICE) de La Vallière. Elle n’a plus que quelques heures, uniquement pour faire de l’alphabétisation, ce qui est encore une façon de les marginaliser voire les stigmatiser.

Quand nous les quittons, nous ne pouvons taire notre admiration pour ces personnes merveilleuses qui se battent, envers et contre tout et tous, juste pour donner une chance aux enfants d’un quartier complètement abandonné. Des espérances leur avaient été données par la municipalité : pour l’heure, elle ne se sont guère concrétisées…

 

Read Full Post »

J’ai déjà eu l’occasion de dire le bonheur qu’il y avait à marier en mairie des couples que l’on connaît ou que l’on a appris à connaître en préparant la cérémonie. Pour une élue d’opposition, il y a un choix partagé des futurs époux et de l’officier d’état civil qui permet de personnaliser une cérémonie sinon un peu trop brève et conçue par certains couples que comme une étape obligée avant un épisode religieux considéré comme principal. J’aime particulièrement mon rôle quand le mariage civil est l’unique cérémonie.

Alors que dire lorsque le couple que l’on a eu le plaisir de marier revient vous demande quelques années après de baptiser civilement le fruit de son union ! C’est ce qui s’est passé ce samedi : mes premiers mariés, Sarah et Thibault, sont revenus en mairie avec une petite Alice – pas encore un an – pour que la République puisse l’accueillir avec la protection de sa marraine, Laetitia, et de son parrain, Frédéric.

L’occasion pour moi de rappeler en quoi consistait la cérémonie qui nous réunissait ce jour autour d’Alice.

« Le baptême républicain est aussi appelé parrainage civil. Cette cérémonie n’est pas un sacrement mais un engagement : l’engagement moral, consigné par écrit devant le maire, du parrain et de la marraine de suppléer les parents en cas de malheur familial. Un engagement souhaité par les parents et voulu par un homme et une femme, qui ne se dissout pas dans le divin, mais s’enracine dans l’humain. Un engagement d’autant plus fort que, rappelons-le, il ne comporte aucune obligation légale. En cas de manquement, aucun gendarme, aucun juge, ne sera là pour ramener parrain et marraine dans le droit chemin ou plus exactement dans le chemin du droit. Dans cette situation – hautement improbable en ce qui concerne la cérémonie d’aujourd’hui, n’est-ce pas Laetitia, n’est-ce pas Frédéric – il ne resterait plus à Marianne que d’emprunter symboliquement… l’œil de Caïn.

Le baptême républicain est avant tout un acte citoyen : il est destiné à faire entrer l’enfant dans la communauté républicaine et à le faire adhérer implicitement aux valeurs de la République, cette République qui vous tient tant à cœur et qu’il convient de défendre avec énergie car l’histoire récente nous a montré qu’elle était fragile, qu’elle pouvait être durement attaquée et même parfois martyrisée. Je ne doute pas un instant que ces valeurs de Liberté, d’Egalité et de Fraternité, auxquelles j’ajouterai la Laïcité, vous saurez les transmettre, vous les grands-parents, vous les parents, vous les parrain et marraine, à la petite Alice. »

Après les photos d’usage – celles avec Alice resteront dans l’intimité – nous n’avions plus qu’à aller fêter l’arrivée de la nouvelle petite citoyenne un peu plus loin. Ce fut l’opportunité de discuter notamment avec sa jeune grand-mère, ma copine Nicole.

 

Read Full Post »

Luther King - Gattaz

Il n’est pas vraiment rare qu’en lisant la presse le matin je m’énerve à propos des infos que j’y trouve. Il peut arriver que ce soit le traitement d’une information par un journaliste qui m’agace. Mais le plus souvent, ce sont les faits repris dans l’article qui me fichent en boule.

Ce fut le cas ce matin quand j’ai découvert le discours qu’a fait le chef du Medef, Pierre Gattaz, en ouvrant l’université d’été du mouvement patronal. Je laisse de côté le fond de son développement : c’est un discours de patron, donc sans surprise, qui exhorte le gouvernement à aller au bout de ses « réformes » (je mets le terme entre guillemets car son utilisation pour parler de choses qui ne sont grosso modo que des retours loin en arrière m’insupporte). Rien que de très banal : ce n’est donc pas ça qui a fait l’objet de mon ire.

C’est la forme que celui-ci a choisi pour faire le portrait de ce qu’il estime être le pays idéal. En effet, il n’a rien trouvé de mieux que de reprendre la tirade de Martin Luther King, Jr dans son discours du 28 août 1963 « I have a dream » prononcé à l’occasion du centenaire de l’abolition de l’esclavage, en pleine lutte pour une véritable liberté du peuple Noir et qui parle de son rêve d’égalité pour l’Amérique de demain. Sauf que son rêve a lui, Pierre Gataz, pour la France de demain, c’est une France confiante et influente, qui réforme le marché du travail, améliore les marges des entreprises, simplifie notre bureaucratie, combat pour la baisse du coût du travail… Pas de quoi se réveiller la nuit pour le commun des mortels. Quelle indécence !

Ce n’est pas la première fois que la formule est reprise, mais généralement, pour rester dans l’esprit du texte, c’est plutôt pour espérer des avancées sociales ou sociétales.

Ce matin, j’ai fait un cauchemar, celui d’un monde où les rêves seraient confisqués par les marchands de soupe…

Alors, pour mémoire, voici un extrait du fameux discours du Pasteur King, un discours qui rappelle les injustices de l’histoire et ressemble à un chant d’amour.

(…) Je vous le dis ici et maintenant, mes amis, bien que, oui, bien que nous ayons à faire face à des difficultés aujourd’hui et demain je fais toujours ce rêve : c’est un rêve profondément ancré dans l’idéal américain. Je rêve que, un jour, notre pays se lèvera et vivra pleinement la véritable réalité de son credo : “ Nous tenons ces vérités pour évidentes par elles-mêmes que tous les hommes sont créés égaux ”.
Je rêve qu’un jour sur les collines rousses de Georgie les fils d’anciens esclaves et ceux d’anciens propriétaires d’esclaves pourront s’asseoir ensemble à la table de la fraternité.
Je rêve qu’un jour, même l’Etat du Mississippi, un Etat où brûlent les feux de l’injustice et de l’oppression, sera transformé en un oasis de liberté et de justice.
Je rêve que mes quatre petits-enfants vivront un jour dans une nation où ils ne seront pas jugés sur la couleur de leur peau, mais sur la valeur de leur caractère. Je fais aujourd’hui un rêve !
Je rêve qu’un jour, même en Alabama, avec ses abominables racistes, avec son gouverneur à la bouche pleine des mots “ opposition ” et “ annulation ” des lois fédérales, que là même en Alabama, un jour les petits garçons noirs et les petites filles blanches pourront se donner la main, comme frères et sœurs. Je fais aujourd’hui un rêve !
Je rêve qu’un jour toute la vallée sera relevée, toute colline et toute montagne seront rabaissées, les endroits escarpés seront aplanis et les chemins tortueux redressés, la gloire du Seigneur sera révélée à tout être fait de chair.
Telle est notre espérance. C’est la foi avec laquelle je retourne dans le Sud.
Avec cette foi, nous serons capables de distinguer dans la montagne du désespoir une pierre d’espérance. Avec cette foi, nous serons capables de transformer les discordes criardes de notre nation en une superbe symphonie de fraternité.
Avec cette foi, nous serons capables de travailler ensemble, de prier ensemble, de lutter ensemble, d’aller en prison ensemble, de défendre la cause de la liberté ensemble, en sachant qu’un jour, nous serons libres. Ce sera le jour où tous les enfants de Dieu pourront chanter ces paroles qui auront alors un nouveau sens : “ Mon pays, c’est toi, douce terre de liberté, c’est toi que je chante. Terre où sont morts mes pères, terre dont les pèlerins étaient fiers, que du flanc de chacune de tes montagnes, sonne la cloche de la liberté ! ” Et, si l’Amérique doit être une grande nation, que cela devienne vrai. (…)

P.S. À l’occasion d’un anniversaire de la mort de Martin Luther King, le 4 avril 2013, j’avais repris sur ce blog les différents lieux où j’étais allée, en Amérique, qui m’avaient permis de croiser la route de ce militant des droits civiques, de sa naissance à Atlanta à son assassinat à Memphis.

Read Full Post »

C’est avec beaucoup de tristesse, beaucoup d’émotion, que j’ai appris que Simone Veil venait de nous quitter. Une émotion partagée par tous aujourd’hui mais qui ne peut me faire oublier les propos immondes et les attaques indignes auxquelles cette femme forte avait eu à faire face quand, avec courage (car elle ne portait pas les idées majoritaires de son camp), elle avait défendu l’introduction de l’IVG dans notre droit.

J’avais eu la chance de croiser brièvement sa route il y a une dizaine d’années alors que nous participions à l’inauguration d’une plaque à la mémoire des enfants juifs de l’école Saint-Philippe morts en déportation. Cette rencontre m’avait inspiré le billet écrit le 16 octobre 2007 que je reprends ici.

Assise sur une chaise…

simone-veil.jpgElle est assise sur une chaise, les yeux baissés, semblant ailleurs. Je l’imagine perdue dans ses souvenirs. Dans cette cour de l’école Saint Philippe, où tous les élèves ont été rassemblés dans l’après-midi pour la cérémonie d’inauguration de la plaque à la mémoire des enfants juifs de l’établissement morts en déportation, elle a l’air très loin de nous, très loin de ceux qui s’expriment derrière le petit pupitre et qui pourtant s’adressent à elle… J’ai pensé un temps qu’elle ne prendrait pas la parole. Je me trompais.

Une fois debout, la métamorphose est spectaculaire : très droite, le ton ferme, la voix claire, le propos sans concession, c’est la grande dame que l’on connaît. Loin de toute démagogie, loin des discours qui voudraient nous faire croire que tout est égal à tout, elle explique pourquoi la Shoah ne peut être ramenée à quelque autre génocide. Elle nous rappelle cette volonté des nazis de traquer les Juifs partout dans le monde, y compris dans les lieux les plus invraisemblables (elle nous parle de cette minuscule île grecque où ils ont débarqué pour éliminer une toute petite poignée d’entre eux), chose qui n’a pas d’équivalent. Les génocides qu’a connus notre monde plus récemment prenaient appui sur des conflits ethniques et territoriaux ou encore étaient l’expression de la volonté d’éliminer une classe sociale. Cela n’enlève rien au drame et à l’horreur de ces actes barbares que de dire qu’ils ne sont pas de la même nature que la Shoah. Son discours est dur, mais elle nous avait prévenus dès ses premiers mots.

C’est à notre intelligence, notre raison qu’elle s’adresse, plus qu’à notre cœur. Et pourtant l’émotion me submerge.

C’est le même sentiment qu’a éprouvé Patrick ce matin lors d’une cérémonie analogue au Lycée du Parc Impérial. Là encore, l’absence de concessions était remarquable. Elle n’hésite pas à dire que oui, il y a eu pendant cette période beaucoup de lâcheté de la population (dans l’après-midi, elle affirmera cependant que la France a été l’un des pays d’Europe où le plus grand nombre de Juifs avaient été sauvés). Si elle-même, lorsqu’elle était lycéenne à Calmette, a été épargnée et aidée par les enseignants, ce ne fut pas le cas au Parc Impérial où son frère n’a eu aucune protection des professeurs.

La cérémonie avait été ouverte par la chorale de l’école, elle se terminera de la même manière. Je quitte rapidement les lieux : mes étudiants m’attendent à deux pas de là. Et j’emporte un peu de la mémoire de Simone Veil avec moi.

Read Full Post »

Hier, la communauté juive se souvenait de la Shoah. À Nice, au cimetière du Château, comme partout dans le monde. Cette cérémonie à laquelle je participais à l’invitation de Daniel Wancier, président du comité Yad Vashem de la Côte d’Azur, fut, comme l’année dernière, empreinte d’émotion mais aussi de gravité. Chacun des intervenants a tenu à mettre l’accent sur le contexte dans lequel elle se déroulait, entre les deux tours d’une élection présidentielle qui voit la représentante du FN présente parmi les deux finalistes, contre laquelle il faut tout mettre en oeuvre pour éviter l’irréparable.

C’est entourés de dessins réalisés à partir de photos que les différents élus ainsi que les représentants d’associations ont donné lecture du nom des enfants juifs de Nice déportés avant de rejoindre, juste à côté, le mur des Justes.

Read Full Post »

8 mars

Pendant la campagne municipale de 2014, le 8 mars, toutes les femmes de la liste avaient choisi de présenter une petite pancarte sur laquelle était inscrite la phrase de leur choix en liaison avec les droits des femmes. Sur cette photo, la mienne. Je crois bien que je reprendrais la même aujourd’hui.

Read Full Post »

Older Posts »

%d blogueurs aiment cette page :