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 222 délibérations, c’est énorme surtout quand on a la responsabilité d’un groupe d’opposition (vaillant mais aux effectifs réduits…) qui se doit d’avoir un œil sur tout. C’est même franchement surhumain dans la mesure où la majorité, au gré des humeurs du maire et des disponibilités des adjoints, bouleverse constamment l’ordre prévu des délibérations. Enfin, une fois de plus, nous avons assuré.

– Ainsi, en ce qui concerne les places de stationnement gratuites, j’ai eu le sentiment d’être la seule écologiste du conseil en rappelant qu’une des causes de la circulation urbaine est bien liée à la recherche de places de stationnement sur voirie et à l’origine de l’essentiel de la pollution due à la circulation. En étendant la gratuité et en autorisant des plages horaires plus larges, on bloque des places de parking et on augmente la pollution. Sans compter que si l’objectif (c’est ce qui est affirmé) est de favoriser le commerce urbain, on ne favorise pas la rotation… Curieusement, nous avons été avec Marc les seuls à refuser de voter cette délibération.

– S’agissant de la Charte concernant la règlementation des mariages, elle peut paraître sévère et tatillonne, en réalité, elle est utile. Même si je suis une élue d’opposition, je suis souvent sollicitée pour célébrer des mariages ou des baptêmes républicains. J’ai donc l’habitude d’être présente en mairie au moment où les cérémonies se succèdent. Et il est vrai que certains comportements nuisent à la sérénité des autres mariages et à l’organisation délicate et précise du service de l’état civil. Donc, je peux comprendre la nécessité de ce recadrage qui, vu de l’extérieur, peut sembler superflu. J’ai donc voté pour, persuadée d’ailleurs que les fonctionnaires du service utiliseront ce texte avec souplesse et, comme toujours, beaucoup d’humanité.

– J’ai eu par ailleurs l’occasion de me féliciter du travail du Comité d’Éthique (je suis ses activités avec beaucoup d’intérêt) tout en regrettant que l’actuel règlement ne permette pas l’élargissement des signalements de manquements à l’éthique d’élus municipaux à de simples citoyens (avec un filtrage qui pourrait être fixé par le Comité lui-même pour éviter les abus). J’ai aussi regretté la faible réactivité des élus à la demande faite par le Comité du retour d’une déclaration d’intérêts : seulement douze d’entre nous, parmi ceux qui n’y sont pas tenus par la loi, y ont répondu. C’est d’autant plus regrettable que le but du Comité est justement de prévenir les conflits d’intérêts. Par contre, le maire m’a affirmé, suite à une question que je lui avais posée, que la transparence et l’objectivité qui doivent présider au recrutement des agents de la collectivité (demande faite l’année précédente par le Comité d’un recrutement fait de manière collégiale avec un PV de délibération), étaient bien entrées en application. Wait and see.

(à suivre)

 

Dix heures de conseil municipal, je vous assure que ce n’est pas une sinécure quand vous essayez de tenir le mieux possible votre rôle de vigie tribunitienne. Surtout si vous ajoutez que tout cela se passe dans l’atmosphère plus que fraîche d’une climatisation réglée sur le standard costume-cravate de vos confrères masculins et que vous avez oublié de prendre une petite veste.

En fait, le Conseil avait commencé trois jours plus tôt quand notre maire, une fois de plus, a voulu assurer, seul devant la presse, son bilan budgétaire pour 2018 histoire d’éviter que les opposants ne ternissent les belles images d’Épinal d’une gestion parfaite. Je lui avais répondu par voie de presse également (comment faire autrement) que ce bilan était le résultat du contrat financier qui obligeait la Ville à être vertueuse si elle voulait bénéficier de la stabilité des concours financiers de l’État. J’avais d’ailleurs toute légitimité pour rappeler cela car, dans l’opposition, notre groupe était le seul à avoir voté cette forme amiable de tutelle pour maire dépensier.

Et dans la foulée, j’avais rappelé que si les chiffres comparés à ceux de l’année dernière marquaient, du fait de l’application du contrat, de nets progrès, les résultats étaient négatifs si on faisait la seule comparaison qui compte : celle qui oppose les chiffres du début du mandat (2014) à ceux de la fin (2018). C’est donc sans surprise que s’est répété en séance le débat que nous n’aurions dû avoir qu’une fois. Ce n’est pas avec ce type de comportement qu’on va renforcer la démocratie participative… ni revalorise la démocratie représentative.

Parmi les autres questions évoquées, nous pouvons citer l’acquisition foncière de l’ex-hôpital Saint Roch pour construire un Hôtel des Polices. Ce fut l’occasion pour moi de rendre hommage aux fonctionnaires de police de toutes catégories, souvent à la peine, rarement à l’honneur et de faire remarquer au maire qu’on pouvait changer d’avis mais qu’il n’était pas possible de refaire l’histoire. Si, au final, un Centre de rétention ne sera pas adjoint au projet, le maire avait, malgré ses dénégations, bien dit l’inverse lors d’un précédent conseil (je tiens le PV à sa disposition).

En ce qui concerne le projet du Ray, c’est aussi de transparence qu’il s’agissait avec la création d’un Pôle Santé (initiative entièrement privée) qui peut, bien organisé, être une bonne chose (notamment s’il n’empiète pas sur les espaces verts déjà fortement réduits par la fièvre immobilière). Cette réalisation qui n’était pas prévue dans le projet initial – qui est le seul à nous avoir été présenté – aurait été envisagée par les études de conception (que l’on ne nous a jamais soumises). Ayant suivi le projet d’assez près, je n’en ai, et pour cause, nul souvenir. Autre surprise : le montant du loyer du bail à construction, donné à une société immobilière pour 45 ans, est quatre fois plus élevé que l’évaluation, très minimaliste de France Domaine. En tant qu’élue de Nice, je ne vais pas me plaindre, en tant qu’observatrice, j’aurais plutôt tendance à dire, comme un ancien comique, « Y’a comme un défaut ! »

(À suivre)

Nice Matin 18 juin 2019

 

Émerveillement printanier dans le parc du Vinaigrier à l’aube, ce jeudi.

 

Mektoub, my love : intermezzo (France)

Un jeune homme photographie une jeune sur fond de mer. Elle est nue. Gros plan sur les fesses. Ce sera, si j’ose dire, le fil conducteur du film. Avec les seins. 

 

 

 

Il traditore (Italie)

4 sept 80. Palerme. La guerre fait rage au sein de la mafia. On assiste à une procession puis à une soirée censée sceller la réconciliation entre le clan de Palerme et celui de Corleone. Douce illusion. 

Poursuite de la série pour laquelle j’ai pris un peu de retard, avec cinq films en compétition.

Frankie (USA)

Un jardin. Une voix qui fredonne à capella. Un discret chant d’oiseau. Une femme approche d’une piscine, touche l’eau de la main, installe sa serviette sur un transat. Elle enlève sa robe légère et on la voit de loin plonger dans la piscine. Une serveuse s’approche avec un plateau et signale à la femme qu’il y a du monde dans l’hôtel. « Ce n’est pas grave, lui répond la femme dans l’eau, je suis très photogénique ». On le croit volontiers : il s’agit de la lumineuse Isabelle Huppert.

 

Parasite (Corée)

Derrière une vitre sale on voit sécher des chaussettes dans un appartement sordide en entresol. On pénètre à l’intérieur. Un jeune homme court dans tous les sens à la recherche de réseau pour son téléphone portable, sa sœur se joint à lui. La mère inquiète : « même WhatsApp ne marche pas ? » Installés près de la cuvette des toilettes, ils finissent par pouvoir se connecter. On rit beaucoup… pendant la plus grande partie du film…

 

Le jeune Ahmed (Belgique)

Un adolescent monte l’escalier d’un établissement scolaire en courant, se précipite dans les toilettes pour passer un coup de fil. Il retourne dans la salle de classe. Puis il s’en va sans rien dire à personne. Son professeur veut lui serrer la main. Il refuse parce que c’est une femme et qu’il est musulman. Elle lui fait remarquer que ses camarades acceptent de le faire. Réponse du jeune Ahmed : « ce ne sont pas de vrais musulmans ». Ses certitudes, hélas, résisteront à l’appel de la vie.

 

Matthias et Maxime (Canada)

Deux hommes s’entraînent à courir sur un tapis roulant dans une salle de gym. On les retrouve en voiture dans des embouteillages. Puis une double ligne jaune continue file rapidement, le plan s’élargit et on voit la route s’enfoncer dans des forêts aux arbres couleurs d’automne. Le paysage canadien est magnifique. On regrettera que le metteur en scène le néglige par la suite pour se concentrer sur les personnages de son film bien moins intéressants.

 

Roubaix, une lumière (France)

Illuminations à Roubaix. Une voiture brûle dans la nuit et un flic appelle son central pour donner l’alerte. C’est le soir de Noël. Plusieurs véhicules de police arrivent sur les lieux. Scène de groupe avec des échauffourées (ailleurs ? ici ?). On se retrouve au commissariat où un homme est venu porter plainte. Il aurait été attaqué et brûlé au chalumeau. Le commissaire qui l’interroge semble gentiment sceptique. Il le dira ensuite à son collègue : « je sais toujours quand on ment ou quand on dit la vérité ». Propos qui se vérifiera par la suite.

Hier s’est tenu une séance du Conseil métropolitain que le Président avait décidé de réunir à Isola. Pour quelle raison ? Au-delà de la volonté affirmée de manifester la solidarité territoriale entre le littoral et la montagne, cela reste assez mystérieux. Il y a bien quelques mauvaises langues qui pensent que ce serait pour montrer que le Président du Département Eric Ciotti n’est pas le seul à être implanté dans le haut pays, mais je ne peux le croire…

En tout état de cause, ce fut donc un gros flux migratoire d’élus qui a pris la route, qui en bus, qui en covoiturage, pour une réunion qui s’est tenue de 10 h à 17 h, interrompue à la mi-journée par une cérémonie au monument aux morts et une visite des chantiers du village… financés forcément par la Métropole.

La matinée fut longue, très longue… tant de nombreux maires présents ont tenu à remercier chaleureusement le Président pour tout ce qu’il faisait pour leur ville ou leur village. Ça me fascine toujours ce genre d’attitude : comme si Christian Estrosi sortait l’argent de sa poche alors que ce sont nos impôts très largement augmentés en 2018 avec l’instauration d’une taxe foncière métropolitaine particulièrement lourde qui permettent cela. Ils feraient mieux d’être reconnaissants envers les contribuables !

Des enfants de l’école d’Isola 2000 encadrés par leur directrice, Madame Mylène Agnelli (une ancienne étudiante en droit de Patrick Mottard dont elle a gardé – c’est habituel – un très bon souvenir), ont assisté toute la matinée à cette séance : il m’ont impressionnée par leur calme et l’attention qu’ils ont porté aux débats. Je ne suis pas sûre qu’à leur âge j’aurais fait preuve d’une telle patience…

Christian Estrosi et son Président de la Commission des Finances, Philippe Pradal, se sont largement félicités de la bonne gestion métropolitaine en faisant le bilan des investissements (le problème n’est pas leur qualité de gestionnaire mais le choix des politiques soutenues…).

Mes interventions se sont portées sur trois délibérations : l’une relative à l’augmentation du prix de l’eau domestique (normale selon moi pour l’entretien des réseaux à condition d’instaurer une tarification sociale pour aider les ménages en difficulté), la deuxième au vote d’une subvention pour la reconstruction de Notre Dame de Paris (qu’il vaudrait mieux réorienter vers le patrimoine local puisque la Fondation du Patrimoine a décidé de clore la souscription des dons), la dernière à propos des subventions européennes (à propos desquelles le Président Estrosi devrait mieux communiquer).

Vous pouvez retrouver ces interventions à la page qui leur est spécialement consacrée sur ce blog.

Bilan de deux journées de festival.

Little Joe (Autriche)

Plan large sur des bacs ordonnés avec des plantes et des boutures. Nous sommes dans un laboratoire où sont créées des fleurs dont le parfum a pour but de rendre les gens heureux : les chercheurs veulent mettre au point la première plante anti-dépressive. Le traitement du sujet est assez clinique : pas sûr que la découverte de cette fleur atteigne son but.

Douleur et gloire (Espagne)

Un homme entre deux âges est assis au fond d’une piscine sans qu’on sache s’il est dans un exercice méditatif ou s’il a l’intention de se laisser glisser. Une ambiguïté qui ne sera levée qu’à la fin du dernier film magnifique de Pedro Almodovar.

 

La Gomera (Roumanie)

Sur une côte rocheuse, avec un fond musical ressemblant à s’y méprendre à la célèbre chanson de Cookie Dingler, se trouve une station balnéaire. Plusieurs passagers descendent d’un bateau. Ils arrivent à La Gomera, une île des Canaries. Un passager est accueilli par un homme qui, une fois les présentations faites, lui demande son portable. « La police entend tout ». Manifestement, ces deux-là sont embarqués dans quelque chose de peu catholique. La suite le confirmera. J’ai connu des films roumains avec plus d’humour que celui-ci.

Les plus belles années d’une vie (France)

Premier plan. Une femme : « On n’est pas restés longtemps ensemble car c’était trop beau, trop parfait. Ça m’a fait peur ».

Second plan. Dans une maison de retraite médicalisée, on est en train de faire un travail sur la mémoire en posant des questions historiques aux pensionnaires. Parmi eux, un homme semble ailleurs. Dans les souvenirs de sa propre vie. Par moments, il sourit.

Bientôt, l’Homme (Jean-Louis Trintignant) et la Femme (Anouk Aimée) se retrouveront, 53 ans après. Merci à Claude Lelouch d’avoir rendu cela possible.

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