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J’avais eu l’occasion d’évoquer, lors d’un précédent billet qui rendait compte du Conseil municipal de Nice du 3 février 2017, la situation difficile de l’AMICA, qui intervient dans le secteur de La Vallière et qui se trouvait cette année sans subvention ni lieu pouvant accueillir ses activités suite à un problème administratif dans sa demande d’aide à la Ville.

La députée Brenier, qui manifestement ne connaissait rien à la situation, avait avancé l’idée que l’AMICA était une association communautariste, alors que j’avais justement pris son exemple pour les excellentes actions qu’elle menait contre la radicalisation dans un quartier en pleine (mauvaise) évolution.

S’il en était besoin, j’en ai encore eu la preuve ce samedi en assistant, avec mon collaborateur Fabien Castejon, à une réunion des membres de l’association. Le lieu choisi pour cette réunion n’était pas anodin : l’animatrice Faouzia avait délibérément réservé la salle d’un café de la rue Jean Vigo, un café que les hommes du quartier se sont appropriés dans cette petite artère qui s’est plusieurs fois fait remarquer ces derniers mois pour sa sinistre réputation (trafic de drogue notamment) alors qu’elle donne sur la Promenade des Anglais. Tous les hommes étaient installés dehors sur le trottoir et la réunion – avec une majorité de femmes – s’est paisiblement tenue à l’intérieur.

Autre chose qui n’était pas anodine, l’adresse de ce qui sera le local de l’association : il est situé juste à côté du café où nous venions de nous réunir ! C’est dire le volontarisme dont les adhérents font preuve dans leur combat pour essayer d’aider les jeunes du quartier. Nous sommes allés le visiter et, pour pénétrer à l’intérieur, il nous a fallu demander aux hommes installés devant de s’écarter : vu leur tête, ça n’a pas eu l’air de les amuser… Le local en question n’a plus de porte (juste un vague rideau) et il est squatté par des personnes qui l’ont mis dans un état apocalyptique avec un sol jonché de cannettes et détritus divers.

Mais l’enthousiasme des adhérents n’a pas failli : plein de bonnes volontés se sont déjà manifestées pour faire les travaux nécessaires. Et il va falloir faire vite parce que des idées, Faouzia et ses amis en ont plein. Déjà, lors de l’inauguration du local qui devrait avoir lieu en décembre, elle a prévu un défilé avec le Père Noël dans toute la petite rue ! Et surtout, afin de pouvoir reprendre le soutien scolaire. Car l’AMICA n’est pas vraiment la bienvenue dans la structure municipale (ANIMANICE) de La Vallière. Elle n’a plus que quelques heures, uniquement pour faire de l’alphabétisation, ce qui est encore une façon de les marginaliser voire les stigmatiser.

Quand nous les quittons, nous ne pouvons taire notre admiration pour ces personnes merveilleuses qui se battent, envers et contre tout et tous, juste pour donner une chance aux enfants d’un quartier complètement abandonné. Des espérances leur avaient été données par la municipalité : pour l’heure, elle ne se sont guère concrétisées…

 

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J’ai déjà eu l’occasion de dire le bonheur qu’il y avait à marier en mairie des couples que l’on connaît ou que l’on a appris à connaître en préparant la cérémonie. Pour une élue d’opposition, il y a un choix partagé des futurs époux et de l’officier d’état civil qui permet de personnaliser une cérémonie sinon un peu trop brève et conçue par certains couples que comme une étape obligée avant un épisode religieux considéré comme principal. J’aime particulièrement mon rôle quand le mariage civil est l’unique cérémonie.

Alors que dire lorsque le couple que l’on a eu le plaisir de marier revient vous demande quelques années après de baptiser civilement le fruit de son union ! C’est ce qui s’est passé ce samedi : mes premiers mariés, Sarah et Thibault, sont revenus en mairie avec une petite Alice – pas encore un an – pour que la République puisse l’accueillir avec la protection de sa marraine, Laetitia, et de son parrain, Frédéric.

L’occasion pour moi de rappeler en quoi consistait la cérémonie qui nous réunissait ce jour autour d’Alice.

« Le baptême républicain est aussi appelé parrainage civil. Cette cérémonie n’est pas un sacrement mais un engagement : l’engagement moral, consigné par écrit devant le maire, du parrain et de la marraine de suppléer les parents en cas de malheur familial. Un engagement souhaité par les parents et voulu par un homme et une femme, qui ne se dissout pas dans le divin, mais s’enracine dans l’humain. Un engagement d’autant plus fort que, rappelons-le, il ne comporte aucune obligation légale. En cas de manquement, aucun gendarme, aucun juge, ne sera là pour ramener parrain et marraine dans le droit chemin ou plus exactement dans le chemin du droit. Dans cette situation – hautement improbable en ce qui concerne la cérémonie d’aujourd’hui, n’est-ce pas Laetitia, n’est-ce pas Frédéric – il ne resterait plus à Marianne que d’emprunter symboliquement… l’œil de Caïn.

Le baptême républicain est avant tout un acte citoyen : il est destiné à faire entrer l’enfant dans la communauté républicaine et à le faire adhérer implicitement aux valeurs de la République, cette République qui vous tient tant à cœur et qu’il convient de défendre avec énergie car l’histoire récente nous a montré qu’elle était fragile, qu’elle pouvait être durement attaquée et même parfois martyrisée. Je ne doute pas un instant que ces valeurs de Liberté, d’Egalité et de Fraternité, auxquelles j’ajouterai la Laïcité, vous saurez les transmettre, vous les grands-parents, vous les parents, vous les parrain et marraine, à la petite Alice. »

Après les photos d’usage – celles avec Alice resteront dans l’intimité – nous n’avions plus qu’à aller fêter l’arrivée de la nouvelle petite citoyenne un peu plus loin. Ce fut l’opportunité de discuter notamment avec sa jeune grand-mère, ma copine Nicole.

 

Le Président de la Métopole Nice Côte d’Azur a présenté hier le bilan de cinq ans de mandat. Un bilan qu’il considère – rien de surprenant – comme très positif. Peut-être même exagérément positif. Car s’il ne peut-être question de nier ce qu’a pu apporter la Métropole, il y a quand même quelques problèmes à relever. C’est ce que j’ai tenu à faire dans le communiqué ci-dessous, repris pour partie par la presse.

Conférence de presse du Président de la Métropole : des oublis…
07/09/2017

Sans nier les avancées suffisamment développées par le Président de la Métropole pour les énumérer encore, ce bilan, exagérément positif, est aussi trop synthétique.

Rien n’est évoqué concernant le Projet Stratégique et Opérationnel invalidé par le tribunal administratif au motif qu’il a été élaboré sans étude d’impact environnemental, ce qui est plutôt problématique lorsqu’il s’agit d’un projet dit d’éco-vallée. Cela fait penser au diagnostic, pour le moins léger également, réalisé en amont du creusement du tunnel pour la ligne 2 du tramway. Du coup, les dégâts constatés nous inquiètent notamment par rapport à la facture finale.

Concernant la politique agricole, qui est aujourd’hui un véritable levier économique en termes de création d’emplois et de bénéfices sur le plan sanitaire, seulement 1,2 millions d’euros ont été investis… Nous aurions préféré une politique agricole ambitieuse notamment pour améliorer la qualité de vie des habitants au lieu de tout ce béton et de ces grandes enseignes commerciales qui continuent de s’étendre.

Sur le plan de la qualité de vie, la part du budget métropolitain qui pourrait permettre de l’améliorer est essentiellement injectée dans les grands projets (et l’hypercentre de Nice…) De nombreux Niçois ont le sentiment d’être oubliés par les pouvoirs publics et nous font régulièrement part de leur inquiétude face à une paupérisation apparente des rues de leur quartier, évoquant une diminution des services de proximité très loin de répondre aux attentes.

Autre vrai problème du quotidien des Niçois et des habitants de la Métropole qui n’est pas pris en compte, la circulation et les embouteillages qui sont une vraie plaie pour la population active de notre région.

Mais de tout cela, il n’a pas été question…

Dominique BOY-MOTTARD
Conseillère métropolitaine PRG

Nice Matin 08/09/2017

 

JT 19-20, France 3 01/09/2017

Ce jeudi, le Maire de Nice et Président de la Métropole (contrairement à ce qui est notée dans l’invitation ci-jointe, Christian Estrosi n’est plus Président de Région…) organisait une manifestation pour accompagner les derniers efforts du tunnelier de la ligne 2 du tram.

Voici le communiqué que le groupe Radical et Divers Gauche a fait parvenir à la presse en cette circonstance (et qui a donné lieu à des interviews de Nice-Matin et France 3).

COMMUNIQUÉ

Nous arrivons enfin à la dernière étape de cette partie du chantier de la ligne 2 du tram. On peut s’en féliciter tant le cheminement du tunnelier fut source de problèmes. C’est un soulagement car elle acte, espérons-le – au moins provisoirement– la fin des soucis pour les riverains. On peut d’ailleurs s’étonner que, contrairement aux déclarations faites précédemment par la Métropole, tous ceux-ci n’aient pas été conviés à participer à l’événement de ce 31 août, notamment certains qui ont eu à souffrir des dégâts occasionnés par le creusement du tunnel.

La manifestation d’aujourd’hui ne doit pas être, comme cela fut trop souvent le cas par le passé, un simple coup de communication. À plusieurs reprises, les rares informations données par le Président de la Métropole ou les responsables du projet se sont avérées erronées : certaines vérités dont nous avions fait état sont sorties au grand jour bien avant le tunnelier et ont altéré la confiance de beaucoup de Niçois.

Que n’avons-nous été raillés quand nous avons évoqué l’insuffisance des études préalables : et pourtant, par exemple, la découverte d’amiante dans plusieurs canalisations lors de la réalisation du chantier ou encore la dalle de la station Durandy qui a dû être détruite puis reconstruite posent question sur les méthodes utilisées et le sérieux de ces études préalables.

Que n’avons-nous été raillés quand nous avons parlé des risques de ce chantier : ils ont été malheureusement confirmés au Port, à Garibaldi, à Dubouchage, à Victor Hugo et récemment rue de France…

Que n’avons-nous été raillés quand nous avons fait part de notre conviction que les délais annoncés ne pourraient être tenus, vu le retard pris par le chantier dans les premiers mois : et en effet le creusement du tunnel s’est fait en 18 mois au lieu des 11 mois annoncés…

Notre satisfaction de voir qu’on arrive au bout du tunnel n’est donc pas un solde de tout compte. Car une incertitude plane encore quant à ce que sera le coût réel de ce grand chantier. Serons-nous encore raillés quand il sera question d’une rallonge financière tout à fait envisageable : le directeur du projet a expliqué que « les opérations liées aux confortements supplémentaires, notamment, ne peuvent être supportées uniquement par l’entreprise. Cette provision est intégrée dans le montant global du projet. Mais si elle est insuffisante, il faudra compléter. Il est trop tôt pour estimer un montant. Un montant devra être fait avec l’entreprise, et le chantier n’est pas terminé ».

C’est peu dire que cette réponse est loin de nous satisfaire dans le cadre de la vigilance que nous devons aux habitants de notre ville.

Dominique Boy-Mottard et Marc Concas

Nice Matin 01/09/2017

Luther King - Gattaz

Il n’est pas vraiment rare qu’en lisant la presse le matin je m’énerve à propos des infos que j’y trouve. Il peut arriver que ce soit le traitement d’une information par un journaliste qui m’agace. Mais le plus souvent, ce sont les faits repris dans l’article qui me fichent en boule.

Ce fut le cas ce matin quand j’ai découvert le discours qu’a fait le chef du Medef, Pierre Gattaz, en ouvrant l’université d’été du mouvement patronal. Je laisse de côté le fond de son développement : c’est un discours de patron, donc sans surprise, qui exhorte le gouvernement à aller au bout de ses « réformes » (je mets le terme entre guillemets car son utilisation pour parler de choses qui ne sont grosso modo que des retours loin en arrière m’insupporte). Rien que de très banal : ce n’est donc pas ça qui a fait l’objet de mon ire.

C’est la forme que celui-ci a choisi pour faire le portrait de ce qu’il estime être le pays idéal. En effet, il n’a rien trouvé de mieux que de reprendre la tirade de Martin Luther King, Jr dans son discours du 28 août 1963 « I have a dream » prononcé à l’occasion du centenaire de l’abolition de l’esclavage, en pleine lutte pour une véritable liberté du peuple Noir et qui parle de son rêve d’égalité pour l’Amérique de demain. Sauf que son rêve a lui, Pierre Gataz, pour la France de demain, c’est une France confiante et influente, qui réforme le marché du travail, améliore les marges des entreprises, simplifie notre bureaucratie, combat pour la baisse du coût du travail… Pas de quoi se réveiller la nuit pour le commun des mortels. Quelle indécence !

Ce n’est pas la première fois que la formule est reprise, mais généralement, pour rester dans l’esprit du texte, c’est plutôt pour espérer des avancées sociales ou sociétales.

Ce matin, j’ai fait un cauchemar, celui d’un monde où les rêves seraient confisqués par les marchands de soupe…

Alors, pour mémoire, voici un extrait du fameux discours du Pasteur King, un discours qui rappelle les injustices de l’histoire et ressemble à un chant d’amour.

(…) Je vous le dis ici et maintenant, mes amis, bien que, oui, bien que nous ayons à faire face à des difficultés aujourd’hui et demain je fais toujours ce rêve : c’est un rêve profondément ancré dans l’idéal américain. Je rêve que, un jour, notre pays se lèvera et vivra pleinement la véritable réalité de son credo : “ Nous tenons ces vérités pour évidentes par elles-mêmes que tous les hommes sont créés égaux ”.
Je rêve qu’un jour sur les collines rousses de Georgie les fils d’anciens esclaves et ceux d’anciens propriétaires d’esclaves pourront s’asseoir ensemble à la table de la fraternité.
Je rêve qu’un jour, même l’Etat du Mississippi, un Etat où brûlent les feux de l’injustice et de l’oppression, sera transformé en un oasis de liberté et de justice.
Je rêve que mes quatre petits-enfants vivront un jour dans une nation où ils ne seront pas jugés sur la couleur de leur peau, mais sur la valeur de leur caractère. Je fais aujourd’hui un rêve !
Je rêve qu’un jour, même en Alabama, avec ses abominables racistes, avec son gouverneur à la bouche pleine des mots “ opposition ” et “ annulation ” des lois fédérales, que là même en Alabama, un jour les petits garçons noirs et les petites filles blanches pourront se donner la main, comme frères et sœurs. Je fais aujourd’hui un rêve !
Je rêve qu’un jour toute la vallée sera relevée, toute colline et toute montagne seront rabaissées, les endroits escarpés seront aplanis et les chemins tortueux redressés, la gloire du Seigneur sera révélée à tout être fait de chair.
Telle est notre espérance. C’est la foi avec laquelle je retourne dans le Sud.
Avec cette foi, nous serons capables de distinguer dans la montagne du désespoir une pierre d’espérance. Avec cette foi, nous serons capables de transformer les discordes criardes de notre nation en une superbe symphonie de fraternité.
Avec cette foi, nous serons capables de travailler ensemble, de prier ensemble, de lutter ensemble, d’aller en prison ensemble, de défendre la cause de la liberté ensemble, en sachant qu’un jour, nous serons libres. Ce sera le jour où tous les enfants de Dieu pourront chanter ces paroles qui auront alors un nouveau sens : “ Mon pays, c’est toi, douce terre de liberté, c’est toi que je chante. Terre où sont morts mes pères, terre dont les pèlerins étaient fiers, que du flanc de chacune de tes montagnes, sonne la cloche de la liberté ! ” Et, si l’Amérique doit être une grande nation, que cela devienne vrai. (…)

P.S. À l’occasion d’un anniversaire de la mort de Martin Luther King, le 4 avril 2013, j’avais repris sur ce blog les différents lieux où j’étais allée, en Amérique, qui m’avaient permis de croiser la route de ce militant des droits civiques, de sa naissance à Atlanta à son assassinat à Memphis.

« Tu sais quel jour on est ? » Oui, maman, je sais.

Cette question revient presque systématiquement chaque année. Ma mère, Thérèse, a de bonnes raisons de ne pas l’oublier. Elle a passé sa jeunesse dans le quartier de Cessole, le lieu d’où est partie l’insurrection qui devait libérer la ville. Et elle n’habitait pas très loin du Palais Stella où se réunirent dans la nuit du 27 au 28 les résistants qui allaient décider des opérations. C’était d’ailleurs le cas de toute sa famille paternelle.

Et donc, presque systématiquement chaque année, je participe à l’une des cérémonies qui commémore, le 28 août, la libération de Nice par ses habitants en 1944. Patrick était hier soir devant le Palais Stella. J’étais cet après-midi au Carrefour du 28 août, au Passage à niveau, devant le monument aux morts des habitants du quartier qui périrent en cette circonstance. L’émotion est intacte, le temps n’y change rien. Et quand la fanfare des pompiers entame la Marseillaise, avant le chant des Partisans, tout se mélange dans ma tête : nous avons, malheureusement, l’occasion de l’entendre si souvent depuis l’année dernière…

 

Deux jours avant notre retour avait lieu le terrible attentat de Barcelone. Difficile dans ces conditions de faire comme s’il ne s’était rien passé. J’ai donc eu bien du mal à reprendre mes comptes rendus de voyage. Il me fallait pourtant boucler cet épisode estival et j’ai décidé de le faire en ajoutant quelques observations à celles que j’avais déjà eu l’occasion d’exprimer, illustrées de photos inédites.

Avant toute chose, je tiens à remercier celles et ceux qui m’ont fait l’amabilité de me suivre sur les routes scandinaves. C’est un véritable bonheur que d’avoir partagé ces moments avec vous.

Je crois que je vous avais laissés à Jokkmokk, en Suède. Nous avons pu nous promener dans le parc bordant le joli lac qui faisait face à notre hôtel, un parc agrémenté de quelques sculptures où j’ai partagé un repas avec des convives inédits après avoir dîné d’un ragoût de renne – beaucoup moins symbolique celui-là. C’est aussi l’endroit où Patrick a sympathisé avec un chien de traîneau pourtant très peu amène à mon endroit.

Notre avancée vers la Norvège nous a conduits à l’étrange ville minière de Kiruna (voir sur le blog de Patrick un billet que je partage volontiers). Le ciel, bien sombre ce jour-là, ajoutait quelque peu à la détresse du lieu et la pluie qui s’est mise à tomber nous a fait pousser la porte d’un pub où mon compagnon s’est initié – sans grand succès – à la langue suédoise. Il faut dire qu’elle est bien compliquée pour nous, comme l’ensemble des langues scandinaves, et qu’il n’avait pas forcément choisi le livre adéquat dans les rayonnages remplis d’ouvrages de l’établissement… Je vous laisse en juger !

La plus belle route suédoise est la dernière que nous avons empruntée avant de quitter le pays.

Avec Narvik, première étape norvégienne, nous sommes entrés de plein pied dans une région où les souvenirs de la 2e guerre mondiale sont forcément très présents. Mais Narvik est surtout un port par lequel transite le minerai de fer en provenance pour l’essentiel de Kiruna, port qui présente l’intérêt d’être libre de glace toute l’année.

Pendant les jours qui ont suivi, nous avons continué à nous arrêter dans des ports agréables tels que Tromsö. Force est cependant de constater le goût architectural assez surprenant des Norvégiens s’agissant de la construction ou de l’habillage de certains bâtiments (qu’ils semblent partager d’ailleurs avec l’ensemble des Scandinaves…) comme on peut le voir sur la troisième photo ci-dessous.

À Hammerfest, le principal intérêt touristique est censé être la borne du point le plus au nord de l’arc géodésique de Struve (la plus longue mesure exacte d’un segment de méridien) qu’on a eu pourtant bien du mal à trouver. Je vous renvoie à Wikipedia pour savoir plus précisément de quoi il retourne : je n’y ai pas compris grand-chose, sinon que j’ai constaté avec une certaine fierté que j’étais déjà allée dans la plupart des lieux figurant à proximité de cet arc qui traverse dix pays (Helsinki, Tartu en Estonie, Vilnius, la capitale de la Lituanie, Minsk en Biélorussie – et objet d’une « travel anecdote » mottardienne pas vraiment à mon avantage… – Chisinau, la capitale moldave…).

Après, ce fut le cap Nord. J’ai déjà eu l’opportunité de vous en parler, alors simplement quelques photos pour témoigner de la paix des lieux, malgré les touristes, dès qu’on s’éloigne un peu et de la forte présence de nos amis les rennes. Nous n’avons pu résister à l’envie de laisser une trace de notre passage en réalisant une toute petite pyramide de pierres, loin du site où une telle pratique est vivement déconseillée (il y en aurait trop).

Pendant notre séjour dans l’île (désormais reliée au continent par un pont et un tunnel sous la mer), nous avions loué un chalet à proximité du gros village de pêcheurs de Skarsvag où le poisson sèche sur des cadres triangulaires en bois (le stockfisch n’est pas qu’une spécialité niçoise !) et où les touristes ne se rendent guère…

Après, il a fallu, non sans regrets, entamer la descente vers le Sud. Cela m’a fait réaliser que nous étions plus proches de la fin de notre voyage que de son début. Mais heureusement, il nous restait plein de choses à voir. En effet, plutôt que de prendre le même chemin qu’à l’aller (Suède, Allemagne) avec ses routes un peu fastidieuses, nous avons décidé sur un coup de tête de changer d’itinéraire et de rentrer par la Finlande, les pays baltes et la Pologne. Si ce choix fut judicieux quant aux étapes qu’il nous aura permis de faire, il le fut moins concernant les difficultés de la circulation : entre les travaux et les accidents (dans les pays baltes et en Pologne, la citoyenneté au volant n’est pas vraiment la même que dans les pays scandinaves…), cela nous a pris plus de temps que prévu… et le temps nous était compté.

En Finlande, ce fut la longue et belle traversée au milieu des forêts et des lacs, et de ces fleurs blanches qui ressemblent à du coton…

… avec des étapes à Inari dans un agréable hôtel tenu par des Samis, très présents dans la ville (voir le blog de Patrick) mais, en même temps, très peu identifiables, au bord d’une rivière magnifique (il y avait d’ailleurs dans l’hôtel un écran sur lequel on pouvait voir en direct le ballet des poissons – abondants – dans l’eau de la rivière), et à Rovaniemi, LA ville du père Noël… mais aussi des trolls et autres elfes, et capitale de la Laponie finlandaise.

Notre dernière étape finlandaise fut pour Jyväskylä, où nous avons dû rentrer précipitamment de notre restau italien – un des rares établissements ouverts en ce dimanche soir – sous une pluie battante. Ce qui n’empêcha en rien Gump de se faire une petite sortie le lendemain matin…

Nous avons décidé de ne pas nous arrêter à Helsinki (je n’étais pas pressée de retrouver les grandes villes). Nous nous sommes donc contentés d’y prendre le ferry pour passer la nuit en Estonie.

Le retour à Tallinn, sept ans après notre précédente visite m’a enchantée (voir mon précédent billet). Après un petit arrêt au bord de la Baltique en Lettonie, c’est à Vilnius que nous avons posé nos valises pour la nuit, en retrouvant les mêmes sensations dans la capitale lituanienne qu’à Tallinn. Un brin de nostalgie aidant, nous sommes retournés devant notre ancien hôtel d’il y a sept ans. Nous avons en prime découvert une spécialité culinaire nationale dont j’ai oublié le nom – grosse pomme de terre farcie à la consistance surprenante que nous avons illico affublée du surnom de « gros gnocchi » – sur laquelle nous avons porté un jugement contrasté…

La journée de traversée de la Pologne fut assez fatigante à cause des nombreux travaux mais notre arrêt du soir nous a bien récompensés. C’est un peu au hasard que nous avions choisi Łódź, la troisième ville de Pologne, rarement signalée sur les guides touristiques. Cette ville qui a beaucoup souffert pendant la 2e guerre mondiale était au début du 20e siècle le plus important centre textile d’Europe. Elle n’a pas échappé à la crise mais une très belle réhabilitation des anciennes usines a donné lieu à la création d’un centre culturel et de loisirs magnifique, Manufaktura. C’est une coïncidence qui nous a menés là, notre hôtel étant partie prenante de cet aménagement du quartier.

Une dernière étape en Allemagne, un passage à Chamonix pour aller chercher Edith, ma belle-mère, dont le séjour prenait fin, et c’était le retour à Nice… et les images en boucle de Barcelone, Barcelone où nous séjournons souvent, où nous étions encore avec des amis en février dernier. Y en a marre…

Pour en terminer avec ce beau voyage, il me restera à vous citer, en vrac, un certain nombre de petites choses que nous avons pu noter. Ce sera pour un jour prochain car j’ai déjà été bien longue et la lecture de ce billet a pu vous sembler quelque peu fastidieuse. Il faut m’en excuser : c’est que ce que j’écris sur ce blog concernant nos déplacements fait aussi office pour moi de carnets de voyage que j’ouvre à l’occasion, quand le besoin de m’évader me prend.

Allemagne - 1

Dernière photo, en Allemagne

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