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C’est à travers l’épreuve de projet tuteuré rebaptisé (à l’Université on adore rebaptiser…) « Projection vers la Vie Professionnelle » qu’on mesure le mieux le potentiel d’une promotion de LEA.

Celle qui était cette année en L2 est en tout point excellente que ce soit au niveau de l’imagination, de l’enthousiasme ou de l’engagement.

Patrick, qui partageait avec moi la responsabilité de l’encadrement de cette matière a déjà eu l’occasion de décrire sur son blog les réalisations de deux groupes travaillant l’un sur une pédagogie adaptée à la trisomie 21 (« Comprendre la trisomie avec Tanguy et les LEA », 8 mars 2019) et l’autre à une mobilisation contre les dérives sectaires (« L’ADFI et les étudiants de LEA contre les dérives sectaires », 19 mars 2019).

Pour ma part, j’ai rendu hommage sur ce blog au groupe qui a fait un travail de communication sur un spectacle lié à la lutte contre le SIDA (« Vigilance SIDA : la contribution des LEA L2 Droit », 8 mars 2019), à celui qui a informé sur la lutte contre la souffrance animale (« Culture urbaine et souffrance animale : un campus Carlone connecté à la société », 28 mars 2019), à celui qui a travaillé à la promotion de l’Europe (« Les LEA réenchantent l’Europe », 4 avril 2019).

Depuis ce mercredi, je suis en possession de la totalité des rapports de la promotion. Certains sont exceptionnels, beaucoup de très grande qualité, aucun n’est banal ou sans intérêt. Je ne résiste donc pas au plaisir de vous dire un mot sur chacun d’eux dans ce blog. Mais comme la tâche est importante, je le ferai en deux fois.

  • Amira, Sahar et Wiem sont trois étudiantes déterminées et pugnaces qui se surnomment elles-mêmes « les Mousquetaires ». Elles ont réussi à aider un orphelinat de Nabeul en Tunisie en récoltant pas moins de 2300 €, en finançant un site internet et en organisant sur place une fête de Noël avec plein de cadeaux pour les enfants. Elles sont très fières « d’être sorties de leur zone de confort » comme elles disent. Et nous, nous sommes fiers d’elles.
  • Dans un registre proche, Awa, la Sénégalaise et ses amis Skander, Thaïs, Léa, Sylvie et Shaïma ont collaboré avec un orphelinat de Touba, dans l’ouest du Sénégal. Malgré quelques difficultés juridiques, ils ont pu apporter un petit soutien financier et matériel tout en sensibilisant le public à la cause de l’établissement.
  • Sophia, Sarah, Kaoutar, Hajar et Sukeina se sont intéressées à la question du harcèlement scolaire, dans un premier temps en se formant elles-mêmes, puis en faisant de la prévention dans un collège, ce qui leur a même permis de contribuer à résoudre un cas concret.
  • Même problématique pour Chaïma, Clara et Mathilde avec à la clé une étude solide sur le harcèlement et surtout des témoignages vidéos émouvants et utiles.
  • Andrea, Luana, Floriane, Camille, Inga et Paula ont également décidé d’intervenir dans un établissement scolaire mais pour sensibiliser les enfants à la défense de l’environnement avec une pédagogie ludique bien à elles. Leurs jeux mériteraient en effet d’être édités.
  • C’est toujours dans une école que Giordi, Estelle, Solène et Jessica sont intervenues. Mais en bons étudiants de LEA, ils ont décidé de sensibiliser aux langues leur public. En six séances, ils ont réussi à captiver leurs jeunes interlocuteurs en leur faisant découvrir des pays, et des langues aussi diverses que l’espagnol, le chinois ou encore… le bulgare !
  • Quant à Flora, Hugo, Jean-François, Laureline et Alessandro, ce sont des utopistes militants qui pensaient pouvoir modifier l’environnement quelque peu austère et orphelin de convivialité de la fac pour le bien-être des étudiants. Tel l’Archange Michel, ils ont dû batailler contre les dragons de l’administration et du règlement. Ce fut une lutte dantesque dont ils ne sont pas sortis tout à fait vainqueurs… mais avec les honneurs en installant dans les couloirs de la Fac des reproductions de chefs-d’œuvre de la peinture.

La suite au prochain numéro…

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Pour mon vingt-et-unième mariage, la météo a joué avec les nerfs des futurs époux : Sandrine et Cédric. Heureusement au final les conditions étaient bonnes pour accueillir dans la cour de la mairie familles et amis. Quelques minutes de retard – c’est souvent le cas le samedi – et ce fut, pour l’officier d’état civil par intérim que je suis (en effet, une délégation  spéciale m’est faite à chaque fois par le maire), le bonheur d’unir ce couple attachant sous le regard bienveillant de Marianne. Cerise sur le gâteau, Élise (que certains s’obstinent à appeler Élodie… private joke), une copine commune à la mariée et à moi-même, officiait pour l’état civil, ce qui nous a valu quelques originalités dans le déroulement de la cérémonie et beaucoup de bonne humeur.

Pour terminer le discours préparé à leur intention, je me suis appuyée sur leur souhait de partir en voyage au Canada, avant de conclure avec Bob Marley, qu’ils apprécient tout particulièrement.

« Comme vous m’avez fait part d’un projet de voyage au Canada, c’est donc tout naturellement une petite histoire canadienne que je vais vous raconter.

Elle ne se situe pas du côté de Vancouver, n’en déplaise à Cédric : trop de vapeurs d’alcool et de souvenirs amers si l’on en croit Véronique Sanson. Mais de l’autre côté, à l’embouchure de la rivière Saguenay sur le fleuve Saint-Laurent. Il existe là, une ville célèbre dans toute la région : Tadoussac. Le voyageur y fait souvent un crochet car les baleines du Saint-Laurent, appréciant le mélange des eaux, s’ébattent souvent au large du petit port. Mais il arrive aussi qu’un brouillard extraordinairement épais s’abatte sur le fleuve et engloutisse littéralement la ville. Eh bien, avec mon mari, nous avons été victimes de cet accident météorologique il y a quelques années. Le brouillard était là, quelques heures, une journée, une nuit, une autre journée : plus de fleuve et, bien évidemment, plus de baleines. Au fil du temps, la patience s’émousse, la promesse se transforme en mirage et la baleine en mythe. Alors, on décide de partir. Nous nous apprêtions à quitter la place quand un petit miracle se produisit : le soleil blanc si caractéristique de l’été dans le nord du Québec se mit à percer timidement le brouillard avant de le disperser tout à fait en quelques minutes. Il ne nous restait plus qu’à embarquer pour glisser jusqu’au milieu du fleuve et soudain, à l’horizon, une, deux, dix… elles étaient là.

Sandrine, Cédric, sans doute avez-vous compris la portée symbolique de cette petite histoire. En effet, la vie en couple n’est pas toujours un long fleuve tranquille, le brouillard peut envahir le quotidien et le temps devient long. Pour dépasser ces moments-là, il ne suffit pas d’être patient chacun de son côté, il faut surtout savoir rêver. Ensemble.

Si vous avez la chance de les voir, je sais que vous n’oublierez jamais les baleines de Tadoussac et que vous, Cédric, vous saurez toujours dire à Sandrine quand il le faudra :

No woman, no cry, non femme ne pleure pas, nous sommes ensemble pour toujours,
No woman, no cry, avec toi la vie sera toujours belle.

Bonne route à tous les deux.« 

mariage Sandrine et Cédric - 1 (1)

  
Giorgia et Silvia sont Italiennes, Charlotta et Chantal viennent d’Allemagne et Ambre est la seule française. Dans le cadre de leur projet tuteuré que j’encadre avec Patrick, elles n’ont pas cessé d’oeuvrer depuis le début de l’année pour faciliter les rencontres inter-européennes sur le campus Carlone et au-delà. Elles ont même créé pour cela leur propre association « Be Nice ».

Ce jeudi, elles ont organisé un véritable forum sur le parvis de la Fac avec des associations poursuivant les mêmes buts qu’elles : l’affirmation du sentiment européen par des rencontres individuelles entre étudiants et jeunes actifs. Parmi eux il y avait même les amis de la Maison de Russie (nos voisins de Nice-Nord) ce qui prouve que la conception de l’Europe des organisatrices était toute sauf dogmatique.

Les stands étaient là, les étudiants aussi, et par conséquent les profs se devaient d’être là en particulier pour tester leurs connaissances. Disons qu’à l’arrivée le test fut positif sans pour autant prétendre à la mention très bien.

En tout cas bravo à l’équipe de « Be Nice » pour ce moment de partage européen.

Par ce bel après-midi de printemps, le campus Carlone avait fière allure, parcouru qu’il était par de nombreux étudiantes flâneurs et joyeux.

Pour nous, ce fut l’occasion de rendre visite à Ilinca, Kelly, Kerem et Stella, nos étudiantes réunies en une équipe de choc, qui œuvrent, dans le cadre de leur projet tuteuré, contre la maltraitance animale, en partenariat avec ma collègue Hélène Saliceti, conseillère municipale qui a la gestion de ce dossier en mairie de Nice. L’ambiance était bonne, les sourires de mise et les visites nombreuses : donc carton plein pour l’équipe.

Mais le BDE avait également choisi ce jour pour initier les étudiants à la culture urbaine : une belle leçon de vivre ensemble qui se déclinait avec des pistes de skate (plutôt acrobatique !), un stand de tatouage éphémère, des équipes de peinture à la bombe…

Tout ce qu’il fallait pour que la sérénité et le calme habituels du campus laissent la place à un joyeux tohu-bohu. Il me semble même avoir vu un éléphant à vélo, c’est dire ! Et je vous assure qu’il n’était pas rose…

Jumelage du Bosphore et de la Baie des Anges pour mon 20e mariage en mairie de Nice. En effet, avec Cem et Eda, la Turquie était à l’honneur. Un mariage du jeudi, c’est-à-dire à un moment où le quartier de l’Hôtel de Ville est fortement encombré. Mais une fois arrivée sur place et à l’heure, ce fut un vrai bonheur de procéder à la cérémonie devant une assemblée franco-turque apparemment très heureuse d’accompagner les deux mariés.

Un mariage à marquer d’une (petite) pierre blanche car c’était la première fois que Patrick, grand marieur devant l’éternel lors de ses deux mandats municipaux, était témoin. Il a accompli sa tâche avec humilité et sobriété et, vu le nombre de photos prises à la fin de la cérémonie, il a pu avoir l’illusion d’être sélectionnable pour le César du meilleur second rôle !

Pour terminer mon petit discours à l’intention des mariés, j’ai pris appui sur mon expérience d’Istanbul, à une époque où je n’avais pas encore mis les pieds en Asie. Après avoir passé le pont qui relie les deux rives, l’européenne et l’asiatique, de la grande ville, j’avais été un peu déçue de constater que les quartiers de part et d’autre du Bosphore se ressemblaient beaucoup et que je n’étais pas face à l’Orient de mes rêves, avant de comprendre que j’allais devoir le mériter. Et d’oser la comparaison :

« Le mariage est à l’image de ce petit voyage. La cérémonie, comme le passage du pont, est magnifique. Mais elle n’est qu’un symbole, et le jour d’après risque de ressembler au jour d’avant. Comme Beşiktaş ressemble à Üsküdar. Seul le voyage qui suit sera initiatique. À condition de le vouloir. Très fort.

Ce voyage – je n’oublie pas que Cem est un pilote émérite – vous pourrez le faire en avion. Mais comme vous êtes soucieux de l’avenir de la planète c’est d’amour et non de kérosène que vous allez remplir vos réservoirs. Pour ne plus jamais atterrir.

Bon vol »

Ce n’est pas parce qu’une actualité a livré quelques bonnes nouvelles en matière de lutte contre le SIDA qu’il faut baisser les bras. C’est cette volonté qui a animé nos étudiants (Patrick les encadrant au 1er semestre, moi au second), Elena, Fiona, Myriam, Saïfedine et Victoria, lorsqu’ils ont décidé, dans le cadre de leur projet tuteuré, d’accompagner l’association SIS-Animation – qui intervient sur la prévention du VIH/SIDA et de l’hépatite et qui lutte contre les exclusions liées à la sexualité ou à l’état de santé – pour l’organisation d’une soirée au théâtre Francis Gag autour du spectacle Rétro-sexuel.

Il s’agissait d’une création scénique du collectif Art-Spes très originale où les comédiens-danseurs-interprètes nous guident à travers la redécouverte du mal de notre temps. En un peu plus d’une heure, devant une salle pleine (bonjour Elijah, bonjour Benoît !), ils font la démonstration que spectacle et pédagogie peuvent très bien s’entendre.

Donc un grand bravo à l’association et à son très baba cool animateur Jean-Pierre Paringaux, à la troupe du collectif Art-Spes et bien sûr à nos étudiants qui ne cessent de nous surprendre (agréablement bien sûr).

Voir sur le blog de Patrick, une autre initiative des LEA L2 Droit.

À la fin de la représentation

Dans le petit théâtre de L’impertinent à la programmation toujours aussi riche, nous avons assisté au dernier spectacle de Frédérique Grégoire, Récits de femmes, des auteurs italiens Dario Fo et Franca Rame. Mise en scène comme toujours avec sobriété et précision par Guillaume Morana, le maître des lieux, Frédérique nous offre, quelques jours avant le 8 mars trois portraits de femmes :

– Le témoignage d’une femme violée (en fait celui de l’auteure Franca Rame elle-même) dont l’intensité est portée à son paroxysme par l’apparente normalité des propos. Frédérique y est bouleversante. (Le viol)

– Celui d’une prostituée désormais enfermée dans un asile d’aliénés racontant sa descente aux enfers au sein de l’entreprise dont elle fut l’ouvrière avant d’opérer une rédemption étonnante. (La putain dans un asile d’aliénés)

– Enfin, le quotidien d’une jeune femme qui travaille et pour laquelle la perte d’une clé permet de décrypter les mécanismes de l’aliénation. (Le réveil)

Par leur implication politique, les deux derniers portraits ont un fort parfum de comédie italienne des années 1970.

Quand même, lorsqu’on a assisté à cette triple performance d’une actrice, quelques semaines après sa Roxane déterminée et classieuse (face à la tornade Cyrano-Veschi) et son rôle de bourgeoise pétainiste « héroïquement soumise » dans Maria et le kiosque à musique, on se dit que le doute n’est plus permis : oui, Frédérique Grégoire est une très grande comédienne.

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