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Archive for the ‘Divers’ Category

Thérèse à Roussillon

Thérèse, ma mère, nous a quittés le 30 juillet. Ses obsèques ont eu lieu le mercredi 3 août à l’athanée de Nice. Prenant la parole au nom de mes soeurs et de mon frère, j’ai rappelé en ces termes qui était cette femme qui nous a tant donné.

Très chers tous,

Je tiens, au nom de mes sœurs et de mon frère, à vous remercier d’être venus rendre hommage à Thérèse, notre mère, et nous témoigner ainsi votre affection.

Je voudrais commencer par vous lire un petit message. Il a été écrit, dans les heures qui ont suivi le décès de Thérèse, par le plus jeune membre de notre famille, son arrière-petit-fils, Jean-Raymond.

« Mémé, aujourd’hui tu t’en vas. Tu resteras à jamais dans mon cœur, tu seras la personne avec qui j’ai passé les meilleurs moments, de mon enfance à aujourd’hui. Tu as su nous transmettre tes valeurs et ton amour, je ne pourrai jamais les oublier. Tu as su m’apprendre tant de choses avec tant d’amour et tant de passion. Tu étais le pilier d’une grande famille dont tu étais fière. Nous avons passé tant de bons moments ensemble, et malheureusement aussi des difficiles. Aujourd’hui tu t’en vas retrouver pépé, Raymond, ton mari. On vous aime, vous serez toujours avec nous dans nos cœurs. Je t’aime, mémé. »

Ces mots simples résument parfaitement qui était Thérèse et ce qu’elle représentait pour nous tous.

Maman,

Comme il est dur de penser que nous n’aurons plus jamais à prononcer ce nom, ni tous les petits noms dont nous aimions t’affubler. Je ne sais si tu aimais ça car toi-même ce n’est pas tant avec des mots que tu nous témoignais ton amour. Parce que qu’est-ce que tu nous as aimés ! Nous en avons eu chaque jour la preuve tant ta vie nous a été consacrée, à nous, tes enfants et petits-enfants, et à papa, disparu il y a 20 ans. Lui qui était un fervent admirateur de Victor Hugo… et de sa femme, aimait à réciter, devant nous, tes enfants, ce passage d’un poème (Ce siècle avait deux ans) qui te faisait rosir de plaisir :

« Ô l’amour d’une mère ! Amour que nul n’oublie !

Pain merveilleux qu’un dieu partage et multiplie !

Table toujours servie au paternel foyer !

Chacun en a sa part et tous l’ont tout entier ! »

Pour autant, cet amour absolu, ne t’a jamais empêchée d’être tournée vers les autres. Ta vie en témoigne : rien de spectaculaire mais de nombreux gestes qui disaient à quel point tu étais généreuse et charitable. Tu étais prête à investir tes finances (et elles n’étaient pas très grandes) dans toutes les causes : la souffrance des autres t’était insupportable, celles des enfants qui ont faim, des malades, des pauvres… Je ne peux m’empêcher de citer – parce qu’on s’en amusait avec tendresse – le soutien que tu apportais toute l’année à la scolarité des petits indiens Sioux du Dakota pris en charge par l’association Saint-Joseph et ce jusques aux derniers jours de ta vie. Sois rassurée maman, on va prendre le relais. Et bien sûr, ta charité ne se limitait pas à des aides financières. Si tu n’avais pas le temps (avec quatre enfants et un travail !) de t’investir dans des œuvres collectives, dès que tu rencontrais quelqu’un en difficulté, tu payais de ta personne. Cela pouvait aller de l’aide à des démarches administratives à la couture de tenues pour nos copines ou copains d’école moins favorisés ou encore au partage d’un repas… Nous trouvions quelquefois que c’était excessif mais, en vrai, nous étions plutôt fiers de toi.

Et puis, en marge de ton travail dans l’administration de la Jeunesse et des Sports, tous les étés (et même parfois l’hiver), pendant de nombreuses années, tu as dirigé des colonies de vacances, notamment à Annot. Et pas les plus faciles, non, celles avec de très nombreux enfants, celles qui avaient peu de moyens. Tu le faisais avec efficacité et, il faut bien le dire, avec une certaine poigne. Parce que tu n’étais pas, et de loin, ce qu’on aurait pu appeler à l’époque une « faible femme ». Tu avais un caractère certain, qui n’excluait pas quelques poussées de colère, mais une colère qui retombait aussi vite qu’elle était montée. Et nous avons toujours tous pu compter sur toi.

Car tu étais bien notre pilier. Toutes les réunions de famille se sont faites, à l’exception des quelques dernières années, dans l’appartement du Ray. Tu étais une cuisinière hors pair, ne ménageant pas ta peine pour faire plaisir aux uns et aux autres. Tu étais la reine de la cuisine niçoise (ah, tes raviolis, tes petits farcis…) mais pas que. Très ouverte d’esprit, tu t’es aussi essayée avec succès aux autres cuisines régionales et même aux cuisines étrangères. C’est chez toi que je mangeais par exemple le meilleur couscous ou la meilleure paella. Et je suis objective. Tous ceux qui ont eu la chance de goûter à tes plats le confirmeront volontiers. Ce n’est donc pas de ma faute si maintenant on trouve toujours que je suis difficile !

Ces réunions tous ensemble auxquels n’hésitaient pas à se joindre nos amis, les amis de tes enfants dont certains sont aujourd’hui présents, on les faisait aussi souvent, aux beaux jours, dans cette vallée de la Tinée que tu aimais tant, à Roussillon. Tu y cultivais amoureusement ton jardin, tu chouchoutais les arbres fruitiers qui allaient te permettre de nous faire de délicieuses confitures. Et même si au fil des années, le barbecue s’est invité au menu, il était hors de question que tu ne prépares pas quelques plats que nous affectionnions. Nous étions à chaque fois émerveillés par le talent de la cuisinière, la bonne humeur et l’humour de l’hôtesse qui n’hésitait pas à taquiner tel ou tel de ses invités.

Et si nous nous sentions si bien auprès de toi, c’est aussi parce que, même l’âge avançant, tu avais su très naturellement t’adapter à une société qui était pourtant bien différente de celle de ta jeunesse. Tu étais douée d’une compréhension et d’une indulgence que beaucoup venaient chercher auprès de toi. Il est cependant un domaine où elle te faisait défaut cette compréhension : c’est celui du jeu. Tu adorais les jeux de société, notamment les jeux de cartes, jamais tu n’aurais refusé de faire une partie de belote. Mais tu aimais tellement gagner que ça te rendait quelquefois – souvent – d’une mauvaise foi qui nous amusait… et dont certains d’entre nous ont hérité.

Nous ne pourrons jamais oublier tes yeux qui pétillaient le plus souvent de bonheur, qui ne se voilaient que dans les moments les plus tristes. Même durant ces derniers mois qui n’ont pas été faciles pour toi, il leur arrivait de briller, quand tu nous voyais arriver pour te rendre visite, lorsque nous chantions ensemble les vieilles chansons de Michel Sardou. Tu en connaissais beaucoup par cœur, ta voix était claire, presque comme celle d’une jeune fille. Vers la fin, ta voix a fini par s’éteindre, ne prononçant plus que quelques mots : « Ça va, ça va », nous répétais-tu alors. Mais la petite lumière a continué à éclairer tes yeux jusqu’à ce qu’ils se ferment définitivement.

Maman, nous ne t’avons pas perdue. Où qu’elle soit, nous savons que notre petite fée continuera à veiller sur nous. Tu nous as tellement aimés, nous t’avons tant aimée.

Pour mieux connaître Thérèse, on peut consulter quelques billets écrits sur ce blog :

Et aussi, ceux écrits sur le blog de Patrick Mottard :

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En 2016, ma sœur Michèle était décorée des Palmes académiques parrainée par son inspecteur. Aujourd’hui, à la veille de prendre sa retraite, c’était au tour de la Ville de Nice, sollicitée par des parents d’élèves (merci Yann), de l’honorer en lui remettant la médaille de la Ville pour son investissement pendant plus de quarante ans de carrière en tant qu’institutrice puis maître formateur essentiellement à l’école d’application Rothschild 2. C’est dans cette dernière qu’eut lieu la cérémonie organisée par le directeur et les enseignants avec la complicité des élèves de toutes les classes réunis dans la cour un peu avant l’heure de la sortie. Il ne fut pas simple de mettre fin à leur joyeux brouhaha avant l’arrivée de Michèle ignorant tout de cette décoration et de la petite fête organisée pour elle. Sa surprise fut totale quand elle descendit avec sa classe et qu’elle fut accueillie par un tonnerre d’applaudissements.

Il fut suivi de la remise de la décoration par le conseiller municipal Pierre Fiori, délégué aux travaux des écoles et à la laïcité. L’émotion était à son comble quand les élèves se mirent à entonner la chanson des Beatles apprise pour leur maîtresse « Michelle ma belle ». Ce furent ensuite ses collègues qui s’y collèrent avec la chanson de Gainsbourg « Je suis venu te dire que je m’en vais », ce qui ne manquait pas d’humour (« car tu m’en as trop fait »).

Mais le plus beau restait à venir. Le directeur, après avoir demandé aux élèves qui avaient eu Michèle comme maîtresse de lever le doigt, les a autorisés et même incités à aller l’entourer. Ils ne se firent pas prier ! Il y avait même d’anciens élèves devenus adultes qui étaient présents. Certains lui avaient préparé un petit mot, d’autres un dessin, d’autres encore avaient apporté un cadeau. Plusieurs avaient les yeux embués. Michèle était submergée.

Je suis extrêmement fière de ma sœur : son beau métier a été pendant toute sa carrière une véritable vocation. Si l’évolution de la formation des maîtres fait qu’elle ne regrettera pas vraiment cette partie de son travail, par contre, nul doute que ses petits élèves qu’elle a toujours suivi sur deux ans (CP et CE1) lui manqueront. Mais c’est promis, elle retournera les voir.

Assez égoïstement, en la quittant, je me disais que j’allais enfin pouvoir la « récupérer » un peu. C’est que pendant toutes ces années, elle a consacré l’essentiel de ses soirées, de ses week-ends et même de ses vacances à la préparation de ses cours donnant toutes ses lettres de noblesse au beau métier d’enseignant.

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À Gérard

Gérard Corboli nous a quittés la semaine dernière. Famille et amis étaient nombreux aujourd’hui pour un dernier adieu. C’est à la demande de Joëlle, sa femme, que j’ai rendu hommage à notre ami de presque quarante ans.

Cher Gérard,

Je ne vais pas faire ici un éloge exhaustif de ta vie, tu ne l’aurais pas souhaité même si elle le méritait, tu le méritais. Cette vie trop courte fut d’une grande richesse car tu étais curieux de tout, enthousiaste dans tes projets, positif dans tes relations.

Nous nous connaissions depuis longtemps, nous nous voyions parfois beaucoup, parfois moins – la vie est ainsi faite – mais jamais nous ne nous sommes perdus de vue. Si bien qu’aujourd’hui, c’est par touches que je me souviens des moments le plus souvent heureux que nous avons partagés avec de nombreuses personnes ici présentes. De petites touches impressionnistes qui finissent par composer un portrait fidèle.

Tu étais quelqu’un de constant et de solide dans tes engagements, quels qu’ils soient. C’est en politique que nous nous sommes connus. Tu fus notamment un secrétaire de section capable de rassembler les autres, sans jamais rien revendiquer pour toi. Dans un milieu où la fidélité est une denrée rare, jamais tu n’as manqué à tes amis. Jamais tu ne nous as manqué. Pas seulement en politique d’ailleurs.

Très fier d’Émile, ton père déporté-résistant, tu as poursuivi son combat au sein de l’Association des Fils et Filles de déportés et en tant que responsable de l’organisation du Concours de la Résistance proposé aux jeunes collégiens. Vincent, notre trompettiste, lauréat du concours, peut en témoigner. La transmission de la Mémoire de la Déportation était devenue pour toi une véritable obsession.

Cet engagement auprès des jeunes, tu l’as poursuivi au sein de la mairie de Biot en tant qu’adjoint chargé de l’Éducation et du Sport. Tu en fus récompensé en 2015 par la remise de la médaille de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative.

Sur un plan plus personnel, j’ai toujours dans ma mémoire les repas quasiment familiaux dans le petit appartement de Nice Nord avec Andrée et votre enfant tant chéri Maxime. On était bien. Cet enfant dont tu parlais tout le temps, même quand il a grandi, au point que nous, tes amis, faisions des paris à chacune de nos rencontres sur le nombre de minutes – forcément réduit – qu’il faudrait attendre pour que tu nous parles de lui.

Et bien sûr, comment ne pas penser à cette belle journée de 2018 où j’ai eu la chance de célébrer en mairie de Nice ton mariage avec Joëlle, elle aussi notre amie. Pourtant, comment imaginer deux personnes aussi différentes ? De cette différence, et parce qu’il s’agissait de deux belles personnes, est né un couple heureux qui ne pouvait pas être replié sur lui-même. Ce couple partait pour une promenade joyeuse avec une ouverture au monde et à la justice qui lui allait si bien. Joëlle poursuivra le chemin, mais, où que tu sois, tu ne seras jamais loin. Adieu l’ami.

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LÉGALISATION DU CANNABIS

Nous, les Radicaux, proposons depuis de nombreuses années de légaliser le cannabis, de rendre sa production et sa distribution publiques. Ainsi, en asséchant les trafics, nous réinsérerons de nombreux territoires de la République.

Nous mettrons fin à une situation absurde qui fait de la France un pays qui a encore de nombreux consommateurs tout en étant le plus répressif sur le plan du droit. Une loi qui n’est pas appliquée, surtout quand elle est sévère, est un tigre de papier qui met à mal toute la crédibilité de l’Etat de Droit

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LES RADICAUX SONT FÉDÉRALISTES

L’Europe Fédérale est indispensable à la sécurité du continent. Notre continent. Et une politique de défense commune contre les empires sera aussi un gage d’autonomie vis-à-vis de nos partenaires atlantiques.

Elle permettrait également à la France de ne pas supporter financièrement seule le coût de sa politique de dissuasion nucléaire qui pourtant profite à tous les Européens.

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Bonne année 2022

Merci à Patrick C. pour sa collaboration.

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Maurice, un citoyen du monde

En ce premier jour d’automne, nous avons accompagné notre ami Maurice Winnykamen pour son dernier voyage. Les différentes interventions faites par ses proches lors de la cérémonie ont permis de mettre en lumière toutes les facettes de l’homme remarquable il était. J’avais eu plusieurs fois l’occasion de m’exprimer à son propos sur ce blog en diverses circonstances (Maurice Winnykamen, où l’on découvre le poète ; Israël, l’autre conflit, le militant de « La Paix maintenant », Elle s’appelait Flora Lattès et elle vivait à la Villa Jacob, l’infatigable chercheur de témoignages sur la déportation ; Sur les traces du capitaine Winny, le marin). C’est que Maurice était avant tout un militant politique et associatif doublé d’un écrivain. Et il a même tenu un blog de 2011 à 2017.

Son intelligence, ses passions, son élégance, sa courtoisie, et surtout sa fidélité en amitié vont cruellement nous manquer.

Pour lui rendre hommage, je republie ce billet écrit en 2013 : Maurice, citoyen du monde

À la suite de ce billet, il m’avait laissé un commentaire que j’ai eu également envie de reprendre tant il est significatif de l’homme délicat qu’il était.

Dominique Boy-Mottard et Maurice Winnykamen

Ce soir, Maurice Winnykamen présentait, dans le cadre accueillant du MUSEAAV, son ouvrage « Enfant caché – Hommage et malentendu ».

Je le remercie de m’avoir demandé d’animer cette présentation qui m’a permis de me replonger dans ce texte tour à tour drôle et dramatique et toujours touchant.

Maurice y retrace sa vie d’enfant caché, d’enfant juif qui ignorait, plus ou moins, qu’il était juif, entre 1940 et 1945 (de 8 à 13 ans). Pendant cette période, il aura deux familles : sa famille naturelle, avec des parents juifs engagés dans la Résistance qu’il entraperçoit par moments, quand ils peuvent lui rendre visite, et sa famille d’accueil, la famille Pegaz, où il sera Marcel, dans ce village de Savoie qu’il a tant aimé, qu’il aime tant : Le Montcel.

Ce texte est autobiographique, mais Maurice a manifestement tenu à en élargir le propos par l’analyse, la réflexion, au-delà des souvenirs de l’enfant. Quand on se tourne ainsi vers le passé, un passé qui mêle histoire personnelle et histoire collective, il n’est pas toujours évident d’en rendre compte. Il faut faire appel à la mémoire. Et voici comment il analyse ce qu’est la mémoire : « La mémoire ressemble à un escalier double en colimaçon. Les souvenirs et le savoir devraient monter, chacun de son côté, à la même vitesse, sous les marches spiralées. Ce n’est pas le cas ». Et d’expliquer que l’un prend toujours le pas sur l’autre. Et tant que les deux ne se rejoignent pas la mémoire est parcellaire. Pour autant, quand ils se rejoignent, ils ne sont pas forcément convergents. Mais ce n’est pas grave car de cette contradiction naît le débat interne qui permet à l’être d’évoluer, de vivre tout simplement.

La vie d’enfant de Marcel durant cette période – et Maurice le dit sans fard – est une vie heureuse d’enfant vivant à la campagne. Il travaille aux champs, à la ferme, va à l’école, au catéchisme… Une vie normale. Presque normale, car il ne doit jamais oublier de mentir sur ce qu’il est, sur son identité. Jusqu’à en arriver par moments à l’oublier. Là encore, à presque l’oublier, car bien sûr une telle enfance laisse des traces. Cet enfant heureux dans sa famille savoyarde avait tout de même gardé de cette période une blessure. Elle est le malentendu du titre de l’ouvrage.

Mais Maurice préfère voir le verre à moitié plein qu’à moitié vide. S’il n’oublie pas qu’en France 76 000 Juifs ont été déportés, il tient à rappeler que 250 000 ont été sauvés. Que la France n’était pas raciste, même s’il a pu entendre ces mots qu’il ne connaissait pas : youpin, youtre, sale juif, salaud de youtre… Car les gens qui les ont prononcés « ne sont pourtant pas foncièrement méchants ; seulement malheureux ; seulement ignorants ». L’ignorance, un thème qui revient chez lui à plusieurs reprises : « Les mots ne tuent pas, ce qui tue, c’est le manque de mots, le manque de connaissances, le manque d’imagination, c’est l’inculture qui produit la peur de l’autre ».

Mais parfois Maurice est en colère. Il veut tordre le cou à cette vieille lune selon laquelle les Juifs ne seraient pas défendus, se seraient laissés faire. « Honte à ceux qui ont osé affirmer que les Juifs ne s’étaient pas battus, qu’ils avaient marché à la mort sans un geste de révolte, comme des moutons. Ceux qui persistent à le dire aujourd’hui sont des antisémites. » Et, au-delà de ses propres parents, tous deux engagés dans la Résistance, il rappelle, avec force chiffres et exemples, que c’était le cas de nombreux autres, soit dans des organisations juives, soit dans les mouvements français de résistants (plus particulièrement les FTP-MOI).

L’enfance heureuse de Marcel, Maurice ne l’a jamais oubliée. Il est retourné au Montcel, a retrouvé sa chère Lili, sa mère savoyarde, unique survivante des Pegaz qui l’avaient accueilli comme leur propre enfant, et son témoignage a permis de leur faire reconnaître la qualité de Justes parmi les Nations par le Mémorial de Yad Vashem au nom de l’État d’Israël. Il aurait bien aimé que tous ceux qui avaient ainsi pu être sauvés agissent de même : cela n’a pas toujours été le cas. Et ça aussi, ça le met en colère.

Mais si Maurice parle encore aujourd’hui de son histoire, c’est pour mieux souligner qu’aujourd’hui, dans ce monde, il y a toujours des enfants qui subissent les conséquences de nombreux conflits.

C’est que sa double appartenance familiale, judaïque et savoyarde, a permis à Maurice-Marcel de devenir un homme.

« Je suis devenu homme. Je suis devenu moi. Un grand-père qui écrit pour ses petits-enfants. Pour tous les enfants du monde. Pour les humains. Un homme respectueux de la foi des hommes, mais un homme hors de l’église, de toutes les églises et de tous les temples, de tous les dogmes. Un homme frère des hommes. De tous les hommes. Un citoyen du monde. »

De cela, Maurice, nous n’avons jamais douté.

Dominique Boy-Mottard et Maurice Winnykamen au MUSEAAV

Commentaire en réponse de Maurice Winnykamen

Dominique,
Il me fallait ce soir une béquille pour ne pas trébucher, et tu étais là. Trébucher contre l’égoïsme d’une amie juive qui m’a dit, avant notre débat, n’avoir pas assez d’universalité pour s’occuper du malheur actuel des autres et que le sien passé, lui suffisait, une amie à qui j’ai répondu que j’étais heureux de parler avec elle et que cela, je le devais à une famille française chrétienne qui avait eu, elle, il y a soixante-dix ans, assez d’humanité pour sauver l’enfant juif que j’étais. Trébucher contre la lâcheté de mes amis musulmans dont aucun ne s’est levé pour crier que cela suffisait d’assassiner des milliers de musulmans et de chrétiens au nom d’Allah en Syrie et que le crime de Nairobi ne pouvait en aucun cas être l’œuvre voulue par Lui. Trébucher contre l’oubli des crimes au nom de Dieu en Afrique. Trébucher quand mes amis de toutes religions, voire sans religion, n’ont pas su adresser à un ami prêtre un mot de solidarité pour les chrétiens victimes de l’assassinat raciste perpétré au Pakistan au non de Dieu. Et tu étais là.
Tu es comme ma chère Lili Pégaz, ma mère adoptive (et crois bien que cette adoption-là va dans les deux sens) qui me sauva la vie et me remercie chaque fois que je lui téléphone! Toi, tu m’assistes d’une manière formidable et ensuite, tu prends sur ton sommeil pour écrire ce message à fleur de peau précédé d’un mail où tu me dis merci. Arrêtons, la cour est pleine! Parlons plutôt du principal: la solidarité, la charité même; l’amitié, voire l’amour; le respect de l’autre, l’indulgence, la justice aussi; le refus du mensonge, n’ont pas de frontières, pas de limites sinon les limites de l’Être quelles que soient la couleur de peau de cet Être, ses origines ethniques, sa religion, ses idées.
Si j’écris, c’est pour le dire. Pour expliquer que mon expérience m’y oblige, du moins tel est mon point de vue, et je ne mérite aucun remerciement. Lili, toujours Lili, me disait un jour qu’elle n’avait rien fait d’extraordinaire – m’avoir sauvé et l’avoir tu durant plus de cinquante ans – et qu’à sa place, j’en aurais sûrement fait autant. Pas sûr, Lili, pas si sûr. Lili et mes Pégaz risquaient leur propre vie pour sauver la mienne, alors que j’étais pour eux un parfait inconnu.
Aurais-je eu ce courage et cette modestie? Mes écrits d’aujourd’hui sont bien peu de chose, je ne risque rien à les faire, sinon perdre quelques connaissances qui en me reprochant mes prises de position prouvent qu’ils n’étaient pas vraiment mes amis.
Dominique, c’est moi qui te remercie, de tout cœur, et c’est presque la larme à l’œil que je t’embrasse.
Maurice

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Depuis quelques mois, je publie quasi quotidiennement un tweet en liaison avec l’actualité, le tweet étant repris sur Facebook. C’est précisément à travers ce réseau social que je propose ce top 10 mensuel qui permet de mesurer les thèmes qui intéressent le plus les lecteurs.

Pour mesurer cet indice d’intérêt, j’ai fixé (arbitrairement) la grille suivante : 1 point par like, 2 points par commentaire et 5 points pour chaque partage. À noter que les likes expriment presque en totalité une approbation. Les commentaires sont plus contrastés même si majoritairement favorables (il faut dire que je n’ai pas hésité à faire le ménage ces temps-ci). Quant au partage, il traduit presque par définition une adhésion forte au propos. Par conséquent, je peux dire qu’à l’indice d’intérêt correspond un coefficient d’approbation important.

Dernière précision : le classement est présenté du 10e au 1er pour ménager le suspens !

10. 3 août

France pays des Lumières ? Manifestement certains s’éclairent encore à la bougie… (88 : 39-22-1)

9. 7 août

Dans un pays aussi individualiste que le nôtre, le succès aux JO de la France dans les sports collectifs est un vrai miracle ! (101 : 41-25-2)

8. 17 août

Les talibans à Kaboul : le terrorisme islamique retrouve une base territoriale (103 : 21-41-0)

7. 30 août

50 millions de Français vaccinés à la fin de l’été : tout est dit ! (113 : 22-43-1)

6. 4 août

La Guadeloupe reconfinée pour trois semaines : et si finalement le vaccin servait à quelque chose ? (122 : 41-33-3)

5. 11 août

Le Messi arrivant grâce au Qatar, quel choc théologique ! (126 : 54-21-6)

4. 24 août

Qui est le peuple ? Les 50 millions de Français qui se sont fait vacciner ou les 200 000 irresponsables qui (certains) brûlent les centres de vaccination et saturent les réseaux sociaux ? (135 : 38-41-3)

3. 23 août

Encore deux samedis de manifs et Macron passe au premier tour… (150 : 38-51-2)

2. 22 août

À la vue de ce qui se passe Outre-mer, au lieu de tourner autour du pot, si on disait simplement que les antivax sont des assassins ? (342 : 58-127-6)

1. 6 août

Compte-tenu des réactions hostiles au pass sanitaire, ne peut-on penser que finalement la vaccination obligatoire aurait été une meilleure solution ? (370 : 63-146-3)

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Gros week-end entre amis aux Cinque terre. Coupure salutaire avec ce premier passage de frontière depuis la Covid. En ce début juin et de déplacements encore limités, les touristes étaient peu nombreux et presque uniquement italiens ce qui renforçait encore l’authenticité des lieux.

Pour les amateurs, un conseil : garez votre voiture à l’entrée du village où vous séjournez (pour nous, ce fut Manarola) et reprenez-la le moins possible si vous ne voulez pas perdre de temps. Les déplacements par la voie ferrée entre les cinq villages de Rimaggiore, Manarola, Corniglia, Vernazza et Monterosso sont très pratiques : les trains fréquents vous conduisent en 3 à 5 minutes d’un point à un autre et vous laissent au coeur du village (et si ce n’est pas le cas, il y a des navettes). Mais pour bien voir les villages dans leur site, rien ne vaut le bateau : la ligne régulière s’arrête aux quatre villages qui ont des ports (Corniglia n’a pas d’accès à la mer).

Nous avons complété notre visite par une soirée à Portovenere à l’Est (quel coucher de soleil !) et par une journée à Lucques en Toscane.

Je vous laisse découvrir en photos cet endroit aussi merveilleux qu’on le dit.

Quelques photos plus personnelles… pour le souvenir.

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Même si ce n’est pas la roseraie de Portland où j’ai aimé me perdre il y a quelques années maintenant, en ce printemps un peu tardif, les roses – et les autres fleurs – que l’on peut admirer dans le jardin du Monastère de Cimiez sont un vrai bonheur.

Mes pas m’y ont souvent conduit en même temps qu’au jardin des Arènes pendant ce deuxième confinement et je vous engage vivement à y faire un tour.

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