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En allant à la pêche aux infos sur le dernier sondage concernant les régionales en Languedoc-Roussillon, je suis tombée sur le blog Perpignan-toutvabien.com, tenu par un journaliste local, Fabrice Thomas, manifestement hostile aux socialistes du coin et notamment à Christian Bourquin, président du CG des Pyrénées-Orientales, et à Georges Frêche, président de région actuel et futur si l’on en croit le sondage en question.

Au-delà des sympathies du rédacteur pour Jean-Paul Alduy, UMP, dont la réélection à la mairie de Perpignan a pu être acquise malgré l’abracadabrante affaire dite « de la chaussette », on trouve des informations pour le moins incroyables sur les pratiques des deux précédemment cités. Et, dans un billet du 19 février 2009, il reprend de longs passages d’une intervention du professeur Georges Frêche enregistrée par un étudiant lors de son cours à l’Université. C’est sûr : Frêche n’est pas politiquement correct, c’est le moins qu’on puisse dire. Surprenant… (et c’est également le moins qu’on puisse dire !).

Je vous laisse écouter les extraits dans lesquels, tour à tour, le professeur évoque les agriculteurs (inutiles), les électeurs (tous des cons), les catalans (idem), l’apprentissage de l’anglais (!), différentes cuisines étrangères (dégueulasses), etc. Ça laisse pantois. Comme les résultats du dernier sondage d’ailleurs…



Photo : Le professeur Meinesz, L’Astronome de Vermeer et la ficelle de l’évolution

L’avant-dernière conférence organisée par le comité de quartier de Cimiez-Rimiez-Scudéri-Brancolar-Cdt Gérôme, dans le cadre des Rendez-vous avec Cimiez, avait été consacrée au cimetière de la colline et à ses sépultures.

La dernière, qui s’est tenue le 22 janvier, a plongé les participants aux sources de la vie puisque l’invité en était le Professeur Alexandre Meinesz qui a repris, pour les auditeurs présents, sa synthèse, à partir des découvertes les plus récentes, sur l’apparition de la vie sur Terre, développée dans son ouvrage Comment la vie a commencé. On s’éloignait ce soir-là un peu de l’histoire du quartier, encore que certains habitants, parmi les plus audacieux, n’hésitaient pas à dire que… après tout… pourquoi pas… la vie avait peut être bel et bien commencé à Cimiez !

Le conférencier a surpris, dès le départ, son auditoire en mettant en place, sur toute la largeur de la scène du CEDAC, un fil sur lequel il épingla des feuilles de papier signalant les grandes étapes de l’apparition de la vie sur notre planète. Cette « ficelle de l’évolution » comme il l’appelait, nous a permis de constater qu’à l’échelle de l’histoire de la Terre, l’apparition de l’Homme, il y a 7 millions d’années, et la disparition des dinosaures, il y a 65 millions d’années, relevaient quasiment de l’époque contemporaine, regroupées qu’elles étaient au bout de la ficelle ! Il faut dire que celle-ci commençait, à l’autre extrémité, il y a quelque 4,65 milliards d’années…

Durant son exposé, le Pr Meinesz mit en avant trois origines qui, dans l’évolution, ont présidé à la création du vivant (son ouvrage est d’ailleurs sous-titré Les trois genèses du vivant) : l’apparition des premières bactéries, puis celle des cellules avec noyau, et enfin celle des organismes pluricellulaires (qu’on peut voir à l’œil nu).

La première genèse nous fait donc remonter aux origines de la vie. Pour faire le point sur les découvertes les plus récentes, le conférencier pose trois questions : comment la vie et-elle apparue ? quand ? et où ?

Comment la vie est-elle apparue ? Pendant plus de trois milliards d’années, les bactéries ont régné en maître sur notre planète. Ces formes de vie microscopiques, qui se reproduisent de façon autonome, d’environ 0,2 µm (micromètre c’est-à-dire millième de millimètres) « peuplaient » tant le sol que l’eau. Et il y a de fortes probabilités pour que ces organismes vivants soient encore là quand toute trace humaine aura disparu de la surface de la Terre. Pour autant, selon certains chercheurs, les bactéries ne seraient pas la première trace de vie : on parle en effet d’organismes encore plus petits, couramment appelés nanobactéries. Mis à jour par des géologues, l’existence en tant « qu’êtres vivants » de ces organismes est très contestée par les microbiologistes : la biologie moléculaire impose en effet une taille en dessous de laquelle le vivant ne peut plus exister. La bataille est rude entre partisans et opposants des nonobactéries et, pour l’heure, elle ne semble pas près de s’éteindre…

Difficile aussi de dater cette apparition de la vie. A l’aide de la géotechnologie, on peut découvrir les premières traces du vivant à 3,8 milliards d’années. Mais, là encore, il y a des contestations…  Ce qui est sûr c’est que les bactéries en tout genre se sont rapidement multipliées).

Le plus délicat, enfin, où la vie est-elle apparue ? A-t-elle ses origines sur Terre comme le pensent les partisans de la théorie de la soupe primordiale (j’ai dû vérifier en rentrant chez moi car j’ai cru avoir mal compris) ? Ou bien est-elle tellement complexe qu’elle ne peut venir que d’ailleurs ? On a en effet retrouvé des minéraux d’origine biologique (notamment de la magnétite) dans une météorite tombée de Mars et étudiée par la NASA. Cette météorite a été baptisée du nom d’ALH84001. Je ne me hasarderais pas à en dire davantage, tant le parcours de cette météorite – probablement cristallisée sur Mars il y 4,5 milliards d’années – se révèle plein de vicissitudes. D’ailleurs, à ce stade de l’exposé, je me trouve plongée en plein rêve, déambulant sans limites entre l’infiniment grand et l’infiniment petit…

Lors de la deuxième genèse, les bactéries n’ont plus le monopole. Suite à divers événements survenus entre 2,9 et 2,7 milliards d’années, de nouvelles bactéries plus performantes (nées de différentes unions des premières) vont donner des cellules qui elles-mêmes –  et c’est la troisième genèse – en fusionnant, vont donner une « espèce » plus forte qui va dominer les autres. Et ces cellules sont sexuées. Le stade bactérien sera alors dépassé avec l’apparition des organismes pluricellulaires qui eux, vont se reproduire. Et c’est tout près de nous, il y a seulement 745 millions d’années, que les premiers animaux sont arrivés…

Pour autant, les bactéries originaires sont toujours là…

Si vous avez envie d’en savoir plus (et surtout mieux !), vous pouvez lire le livre d’Alexandre Meinesz, paru en septembre 2008 aux éditions Belin, pour la science. Sur ces questions complexes, l’auteur reconnaît avoir été aidé par l’observation du tableau de Vermeer, L’Astronome. Je vous recommande vivement de « l’écouter » en parler dans son avant-propos.

P.S. Le 22 janvier étant aussi la date de mon anniversaire, le comité m’avait réservé une agréable surprise. Qu’ils en soient ici publiquement remerciés.

Un ami qui connaît très bien l’histoire de la Fédération du PS des Alpes-Maritimes m’a dit ce matin :  « Christine Mirauchaux 2ème sur la liste de Patrick Allemand aux régionales, c’est un peu comme si Charlotte Corday avait été 2ème sur une liste menée par Marat… »

J’ai trouvé cette remarque fort drôle. Pas vous ?

Il y a deux jours, je reçois un mail du Collectif 06 pour les droits des femmes qui m’informe des thèmes retenus pour préparer la journée du 8 mars, en l’occurrence, les atteintes au droit à l’IVG et les réformes des retraites.

Sans vouloir nier l’intérêt qu’il peut y avoir à mener ces luttes, je suis quand même surprise que le collectif soit aussi peu en prise avec l’actualité des combats que les femmes ont à mener et mènent dans le monde (mais aussi aujourd’hui dans notre pays) parfois au péril de leur vie ou de leur liberté.

Ces militantes ne voient-elles pas que ce qui menace les femmes, et singulièrement les plus faibles et les plus exposées d’entre elles, aujourd’hui, c’est la négation même de leur identité, leur humanité, au travers des atteintes, y compris physiques, qu’elles subissent ? Pourquoi ne s’expriment-elles pas sur les mutilations, les mariages forcés, le port de la burqa ? Sur ce dernier point, même si ce n’est pas mon avis, je comprends qu’on puisse estimer que le meilleur moyen d’éviter le développement de cette pratique ne passe pas par une interdiction légale. Mais il n’est pas nécessaire de se prononcer pour ou contre une loi : il s’agit simplement de condamner, de refuser.

Pourquoi ne s’expriment-elles pas sur cet incroyable recul de la mixité dans notre pays sous la pression des religieux ? On le constate dans les établissements scolaires, dans les lieux de loisirs (les piscines par exemple), dans l’exercice de certaines professions : peut-on supporter les exigences qui conduisent à admettre que seules des femmes peuvent être en contact avec d’autres femmes (médecins, infirmières, assistantes sociales…).

Alors, bien sûr, les retraites… Sauf que le problème de la retraite des femmes est essentiellement la conséquence de l’inégalité dans l’emploi et que la réforme des retraites intéresse hommes et femmes.

Alors, bien sûr, l’IVG… Sauf  qu’il existe en France la contraception et que toute personne peut, même si c’est plus difficile pour certaines que pour d’autres, avoir accès à l’IVG.

Lors des manifestations du 8 mars, je trouverais pour le moins incongru de voir des femmes en burqa défiler pour la défense de l’égalité en matière de retraite.

Le faible intérêt manifesté par les femmes pour le combat féministe aujourd’hui tient peut-être au fait qu’il se concentre trop souvent sur des combats d’arrière-garde…

Bel exemple de détournement du combat féministe (surtout l’extrait 2) dans ces vidéos de femmes intégralement voilées sur Rue89 : je ne saurais trop leur conseiller d’aller lire l’article d’Elisabeth Badinter, Adresse à celles qui portent volontairement la burqa, sur un blog ami.

Ajouté le 9 février : Je viens de réaliser que j’avais de la suite dans les idées (Cf mon billet sur le 8 mars 2009).

Le fort de la Revère

Les habitants des Alpes-Maritimes apprennent, dans le Nice-Matin de ce mardi 26 janvier 2010, que le centre de développement durable de la Fondation Nicolas Hulot qui devait être installé au Fort de la Revère ne verra finalement pas le jour.  On peut le regretter car ce projet – ambitieux et ancré dans la biodiversité – devait fournir une éducation et une formation au développement durable. Mais la crise est passée par là, et la Fondation a fait savoir qu’elle n’était plus en mesure d’assurer les frais de fonctionnement d’un tel centre. Le Conseil général, qui connaît tout autant la crise, a sauté sur l’occasion, faisant ainsi une économie de la bagatelle de 15 millions d’euros (c’est le « gros morceau» des économies, d’un montant total de 61 millions d’euros, qui vont être réalisées en 2010) puisque c’est à lui qu’incombait les frais d’aménagement.

Pour autant, ce n’est pas un jeu à somme nulle pour le CG 06 puisque des conventions avaient déjà été passées avec ladite Fondation pour des études concernant essentiellement le Fort… A l’époque, le groupe Gauche Autrement avait d’ailleurs décidé de s’abstenir sur ces conventions, la rémunération de la Fondation lui semblant exagérée pour une mission assez floue. Reste à savoir aujourd’hui si cette mission, prévue sur trois ans, est maintenue, et si cette rémunération a déjà été versée pour la première période…

Ci-dessous, l’intervention que j’avais faite en séance plénière le 30 juin 2008 :

« Une première convention en date du 27 octobre 2007 devait permettre la définition d’un projet de pôle exemplaire d’éducation et de formation au fort de la Revère. On nous demande aujourd’hui de renouveler cette convention et de l’élargir puisqu’il s’agira d’assurer le suivi du centre de développement durable du fort de la Revère, et aussi la médiation et la coordination sur la mise en place de la trame verte départementale.

Avant de nous soumettre cette nouvelle convention, il aurait été judicieux de nous donner quelques informations sur les actions qui ont été accomplies par la fondation en application de la première. Dans le rapport, on nous dit simplement que cette convention a permis la définition du projet du fort de la Revère sans plus.

Parce que ce que nous constatons, c’est que la nouvelle convention donne 50 000 euros à la Fondation Nicolas Hulot par an (et donc 150 000 euros sur trois ans, éventuellement révisables), pour une participation singulièrement minime : elle sera garante du respect des objectifs s’agissant de l’opération concernant le fort de la Revère, et elle apportera son aide sur la méthodologie à la réalisation de la trame verte et assurera le lien entre la démarche départementale et les travaux du Grenelle.

Je trouve que c’est quand même cher payé… Si tous les départements usent des services de la Fondation, ça va leur faire un sacré pactole pour un investissement de travail minime. D’autant que la Fondation Nicolas Hulot, pour sympathique qu’elle soit, n‘est pas reconnue pour avoir une compétence technique particulière (d’ailleurs, c’est vrai qu’on ne le lui demande pas…).

En fait, j’ai le sentiment que ce qu’on achète par cette convention, c’est l’image de Nicolas Hulot qui est effectivement bonne dans le public… Après tout, pourquoi pas ? Mais encore une fois, c’est trop cher payé et, en l’absence d’éléments sur le travail qui a été accompli par la Fondation au Fort de la Revère dans le cadre de la première convention, nous préférons nous abstenir. »

J’ai un peu négligé, faute de temps, mes habituels comptes-rendus de ces conférences de grande qualité que nous propose le comité de quartier de Cimiez-Rimiez-Scudéri-Brancolar-Cdt Gérôme dans le cadre des Rendez-vous avec Cimiez. Il ne faudrait pas imaginer que le cycle s’est interrompu. Loin de là. C’est ainsi que nous avons pu assister ces derniers mois à deux contributions très intéressantes sur deux thèmes bien différents. Je reviendrai plus tard sur le second qui nous a quelque peu éloigné du quartier de Cimiez.

C’est en novembre que le comité avait eu la bonne idée d’inviter une femme passionnée par son sujet, Madame Jacqueline Cuvier, qui nous a parlé pendant presque deux heures de « Cimiez, un cimetière aristocratique », un de ces cimetières de Nice où il est possible de revisiter l’histoire de notre ville au travers de ceux qui y sont enterrés. Madame Cuvier est présidente des Appels d’Orphée, une association qui milite pour la sauvegarde du patrimoine funéraire de Nice et de son comté.

« Les cimetières nous en disent plus sur les vivants que sur les morts » : c’est ainsi que débuta son intervention. Et, de ce point de vue, Cimiez est d’une grande richesse, par son architecture notamment, qui exprime les différents styles présents aux XIXe et XXe siècles. Et, au fil du temps, les grandes dalles de pierres grises de La Turbie seront remplacées par des pierres plus dorées.

Cimiez partage avec le cimetière Saint-Barthélemy la particularité d’être accolé à une église. Ce sont les Franciscains qui, arrivés en 1546, avaient obtenu le privilège d’enterrer les morts, les patriciens dans l’église et le petit peuple rural dans un enclos à côté. Quelques siècles plus tard, c’est l’époque des Lumières et cette inégalité qui persiste dans la mort devient difficilement acceptable : un mouvement se crée auprès des édiles, du clergé et, en 1783, Victor-Amédée III interdit les inhumations dans les églises. Désormais – mais ça prendra quand même un certain temps avant que la pratique l’accepte – tout le monde sera logé (si j’ose dire !) à la même enseigne. Et ainsi naîtra le cimetière tel que nous le connaissons aujourd’hui, avec ses grands tombeaux en bordure de l’enclos.

A l’aide de nombreuses photos projetées sur l’écran de la grande salle du CEDAC, Madame Cuvier nous permit de constater une autre originalité de Cimiez : les monuments funéraires sont dans l’ensemble d’une grande sobriété et l’on se contente souvent de mettre de simples plaques nominatives à l’intérieur des chapelles. Il y a un grand contraste avec la richesse des résidences dans lesquelles ils vivent (souvent de véritables châteaux) et la modestie de leurs tombes. Une modestie qui s’explique par l’absence d’individualisme de la noblesse pour qui la seule chose qui compte vraiment c’est la lignée et non tel ou tel de ses membres. De ce point de vue, Cimiez est très différent du cimetière du château qui, bourgeois, exalte les mérites personnels par l’édification de magnifiques monuments.

Il ne peut être question de citer ici de manière exhaustive tous les noms figurant sur les stèles et qui sont attachés à l’histoire de Nice et de son comté. Seulement quelques-uns, de nobles ou de notables, que l’on connaît souvent parce qu’ils ont inspiré ceux de certaines rues de la ville : Caravadossy (barons de Touët de l’Escarène et comtes d’Aspremont), Desvaux (barons de Saint-Maurice), Caïs de Pierlas (dessinateur de la façade néo-classique de l’église de Cimiez), Corporandy d’Auvare (devenus Italiens lors du rattachement de Nice à la France, mais dont les descendants continuent à fleurir et ouvrir la chapelle tous les ans à la Toussaint), Orestis de Castelnuovo (les membres de la famille s’y font toujours inhumer)…

Plus près de nous, quelques tombeaux du XIXe siècle avec celui des Malausséna Barralis, des Giletta de Saint-Joseph, des Garin de Cocconato (Urbain fut le dernier propriétaire du domaine où se trouvent les Arènes)…

Plusieurs tombes témoignent de la présence des étrangers dans notre ville (comme celle de Lady Fremantle dont le capitaine de mari fut le second de Nelson) ou encore du fait qu’elle est devenue française (comme celle de Rose Joséphine Pelet, comtesse de Narbonne, qui n’était autre que la fille de Notre-Dame de Thermidor et de Tallien)…

Et bien sûr, pas question de terminer sans citer les grandes célébrités littéraires et artistiques du cimetière : Roger Martin du Gard, Raoul Duffy, Henri Matisse. Mais, ça, tout le monde le sait…

Liens vers les comptes-rendus des précédentes conférences :

Sur la préhistoire
Le comité explore le temps

Sur le projet de restauration du site Cimiez
La restauration programmée de Cemenelum

Sur l’origine médiévale de l’abbaye de Saint Pons
Quand Saint Pons occupait Cimiez

Sur la création et l’évolution de la province des Alpes-Maritimes
L’origine des Alpes-Maritimes

Sur Cemenelum, une cité romaine et mérovingienne éphémère
La nouvelle datation des espaces de Cemenelum

Sur l’histoire médiévale de Nice
Et Nice prit son envol…

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