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François Hollande continue à avoir le vent en poupe. Du coup, la droite, qui ne l’a pourtant pas ménagé jusque-là, multiplie les attaques.

Tout et son contraire lui est reproché : avez-vous noté que de « trop mou », il serait devenu « arrogant » (Alain Juppé) ? Ne voulant pas être en reste, Jean-François Copé en remet une louche, suivi de Claude Guéant : pour ce dernier le candidat de la gauche serait maintenant « suffisant »…

Si la France va mal, c’est de la faute aux socialistes (dont chacun sait qu’ils sont actuellement au pouvoir bien sûr) et Hollande n’est pas à la hauteur : « Hollande, c’est l’homme sans proposition », alors que Mitterrand c’était l’homme aux cent propositions. « N’est pas Mitterrand qui veut », dit Luc Chatel qui aurait sûrement été un grand mitterrandiste…

Pas un jour sans que les critiques tombent de toutes parts : chaque ministre y va de son couplet (il faut bien plaire au chef en attendant qu’il entre plus directement dans l’arène). On se concentre sur la forme et rarement sur le fond. C’est la façon de procéder de la « cellule riposte » dirigée par l’ineffable Brice Hortefeux, mesquine et minable : salir semble être leur leitmotiv, à l’image des techniques éprouvées de l’extrême droite. Pas étonnant dès lors de voir un Gérard Longuet (ancien membre d’Occident), plonger dans cette fange en comparant Hollande au capitaine du paquebot italien qui s’est échoué en Méditerranée. Ainsi, on laisse entendre que le candidat de la gauche serait responsable de tous les naufrages. Un leader de l’UMP ira même jusqu’à dire que l’état de la France après un mandat Hollande serait pire qu’après une guerre… Et la pudeur dans tout ça ?

Ils ne manquent pas d’air tous ces porte-flingues ! D’un autre côté, ils font comme s’ils n’étaient pour rien dans la situation de la France aujourd’hui. Au lieu d’assumer leur catastrophique bilan, ils répètent à l’envi que si Hollande arrivait au pouvoir ce serait un véritable drame. Et Sarkozy – dont il convient de rappeler tout de même qu’il est le Président sortant – apparaît tel l’agneau qui vient de naître qui, après sa période de cinq ans d’essai, va être un remarquable chef de l’Etat. Il a mûri, avec l’expérience… On nous prend vraiment pour des imbéciles : ce n’est quand même pas le perdreau de l’année !

On sait bien que tout ceci n’a rien de personnel par rapport à Hollande : pour eux, son principal défaut est sans doute d’être le favori des sondages. Mais ces excès ne sont pas à la hauteur des enjeux. Ils annoncent inéluctablement une fin de règne.

Le regard d'Ulysse

C’est en rentrant de la projection du film présenté par les RASED, Un parmi les autres, que j’ai appris avec beaucoup de tristesse la mort accidentelle de Theo Angelopoulos, le réalisateur dont chacune des œuvres avait su me toucher, souvent de façon indicible.

Dans la pièce écrite par Patrick Mottard, Sur un air de cithare, l’un des personnages s’appelle Monsieur A. Il est le principal protagoniste du Regard d’Ulysse. Avec les mots de Patrick, il explique ce qui est en fait l’histoire du film d’Angelopoulos.

Extrait :

Monsieur A. (qui continue son histoire)… Evitant bombardement et balles perdues, je rejoins la cinémathèque. Le conservateur retrouve les précieuses bobines qu’il accepte de me projeter : quelques paysannes se livrent à de paisibles travaux domestiques avec l’entrain que donne les images saccadées du cinéma muet. Pourtant les images, surgissant d’un passé qui n’a jamais existé, ne peuvent me faire oublier la guerre si proche. Quelques minutes après ma visite, une bombe tombe sur la cinémathèque et la famille du conservateur est massacrée sous mes yeux par une milice surgie de nulle part. Sous la porte cochère d’un immeuble dévasté, tout en me mettant à l’abri des snippers, je me pose une question. La question. Et si Sarajevo était le prix à payer pour la destruction du Mur ? Et si Marion avait raison ? Mais je ne me suis pas résigné. Le lendemain, profitant d’une accalmie, j’ai vu s’arracher lentement du brouillard qui avait envahi la ville un orchestre étrange. Un orchestre qui jouait une musique céleste. Les musiciens étaient Serbes, Croates, Musulmans. Leur musique enveloppait et les ruines et les âmes. Elle insinuait que l’espoir demeurait et que l’Europe n’était pas morte. Pour eux, pour la jeune fille massacrée sous mes yeux, pour les frères Manakis, je savais que je reviendrais, je savais qu’on reconstruirait le pont de Mostar, je savais que je reviendrais, comme Ulysse…

Voir aussi, sur le blog de Patrick, “L’éternité et un jour

Et enfin, pour les amateurs, l’extraordinaire scène du mariage où les époux sont chacun d’un côté différent du fleuve-frontière dans le magnifique film Le pas suspendu de la cigogne sur le blog “Prenons le large“.

Je suis la première à critiquer l’islamisme et le communautarisme : cela va de soi, quand on est laïque, républicain et démocrate. De plus, en tant que femme, et par solidarité avec mes sœurs partout dans le monde, j’estime avoir, de ce point de vue, une responsabilité particulière. Je n’hésite pas à les dénoncer y compris quand ils s’expriment chez ceux qui se situent à l’extrême gauche (et hélas aussi à gauche) sur l’échiquier politique.

Je me sens donc particulièrement à l’aise pour exprimer la colère que je n’ai pas pu maîtriser ce matin à la réception d’un de ces courriels – un de plus – dans lesquels s’exprime le racisme le plus ordinaire.

Je suppose que, comme moi, il vous arrive de recevoir des mails de personnes que, le plus souvent, vous ne connaissez pas, et qui pratiquent la désinformation à tout va. Très fort à ce petit jeu-là et particulièrement envahissants, les tenants de l’extrême droite la plus abjecte, vulgaire et indécente.

Leur cible préférée aujourd’hui : les Musulmans (ce qui ne les empêche pas de laisser échapper de temps à autre de vieux relents d’antisémitisme, tant cette forme de racisme leur colle à la peau).

Aujourd’hui, il s’agissait de l’envoi d’une photo particulièrement choquante que, par respect pour les victimes, je ne publierai pas : de très nombreux corps brûlés alignés sur le sol manifestement en terre africaine (au Nigéria est-il précisé). Cette photo était accompagnée du texte suivant :

En personne sensée, je ne peux bien sûr imaginer un seul instant qu’une telle chose se soit produite sans qu’on en ait parlé (a fortiori si des photos existent). Mais, plutôt que de laisser tomber comme je le fais habituellement, j’ai fait quelques recherches sur le Net et il ne m’a pas fallu bien longtemps pour trouver qu’il s’agissait en fait d’une photo des victimes de l’explosion accidentelle d’un camion-citerne dans le village de Sange au Congo en juillet 2010.

Le problème de la désinformation, et ce n’est pas nouveau, c’est que ça marche auprès de trop nombreuses personnes. Je me demande souvent comment c’est possible, mais c’est le cas. Il m’est même arrivé de recevoir ce genre d’infos transférées par des personnes dont je n’aurais pas imaginé un instant qu’elles pouvaient tomber dans ce piège… Mais peut-être le terreau était-il fertile ? A propos de cette affaire-là, je suis tombée sur un forum catholique où, malgré les preuves apportées par certains participants, d’autres continuaient à croire que c’était vrai, qu’ « on » (médias, politiques, tous complices) nous avait caché la vérité. Comme s’il fallait toujours en rajouter par rapport à des réalités pourtant déjà suffisamment dures (en l’occurrence, on sait très bien que nombreuses sont les victimes chrétiennes dans certains pays musulmans).

Deux attitudes sont possibles face à cette utilisation perverse d’Internet :
- on s’indigne un peu, on hausse les épaules et on efface ;
- ou on se bat.
Si on choisit le second terme de l’alternative, il ne s’agit pas de saisir je ne sais quelle arme militante ou juridique forcément un peu dérisoire face à ce genre d’attaques, mais, tout simplement, de retourner l’outil contre ceux qui l’utilisent indûment. Il suffit de faire un tour sur les moteurs de recherche pour trouver la preuve de la mystification et de la publier par les mêmes canaux.

En ce qui me concerne, j’ai choisi mon camp (ce billet sera repris sur Facebook – où la prétendue information circulait déjà – et sur Twitter).

Carte de voeux de Patrick Mottard

Depuis plus de deux années, le conseiller général du 5e canton mène une campagne très active pour que la promotion immobilière ne soit pas la principale bénéficiaire de la destination nouvelle des terrains libérés par le départ programmé du stade du Ray.

Il milite pour que la volonté des riverains et de leurs conseils de quartier, en faveur d’un espace ouvert, ludique et sportif, soit respectée malgré un P.L.U. très permissif en matière de béton voté par la majorité municipale.

Jusqu’aux dernières élections cantonales, j’étais également très engagée sur ce dossier en tant qu’élue (voir les liens ci-dessous). C’est que le projet du Ray va fortement impacter les quartiers du sud du 7e canton comme Alexandre Médecin, Chambrun, Charles Baudelaire, Gravier…

Face à cette évidence, le silence radio du conseiller général actuel (certes en sursis…) est impressionnant. En fait, je l’avais prévu pendant la campagne électorale : un conseiller général lié à la majorité municipale ne peut pas avoir l’indépendance indispensable pour représenter les habitants de son canton.

Une raison de plus pour que le 7e canton soit à nouveau représenté « autrement » au Conseil général des Alpes-Maritimes.

Sur la question, voir mes précédents billets sur ce blog :

Projet de P.L.U. et emplacement du stade du Ray (25/05/2010)

Projet de P.L.U. : mes contributions (15/06/2010)

Alerte orange sur les terrains du Ray (19/12/2010)

Ce vendredi, les membres de l’association « Gauche Autrement » se retrouvaient à la permanence de son Président, Patrick Mottard, à l’occasion des vœux présentés par le conseiller général du 5e canton et sa suppléante, Joëlle Vacca.

Avant de faire un tour d’horizon de la situation politique locale et nationale, il m’avait passé la parole afin que je fasse le point sur le dossier « 7e canton ». En effet, c’est très fréquemment qu’on me demande où l’on en est.

En fait, la procédure progresse lentement. Après que le Tribunal administratif a annulé fin septembre et à ma demande l’élection à cause d’un certain nombre d’émargements douteux, le conseiller général nouvellement élu a fait appel (et il a pris son temps en attendant la fin du délai durant lequel il pouvait le faire…). L’affaire est aujourd’hui pendante devant le Conseil d’Etat et il faudra vraisemblablement attendre le mois de mars pour avoir une décision, ce qui devrait avoir pour conséquence l’organisation d’une élection partielle cantonale avec les Présidentielles ou les Législatives (après une annulation, l’élection doit avoir lieu dans les trois mois), ce qui risque de brouiller un peu le message mais devrait permettre une meilleure participation.

Nous avons ensuite sacrifié avec enthousiasme à la traditionnelle dégustation des galettes et gâteaux des rois auxquels s’étaient jointes différentes préparations apportées par les uns et les autres pour le plus grand plaisir de tous. Les conversations ont continué à aller bon train, la douceur persistante de ce drôle d’hiver permettant de le faire autant à l’intérieur que sur le petit bout de trottoir devant le n°10 de l’avenue Cyrille Besset.

Merci à ceux qui se sont occupés de l’organisation matérielle de la soirée et notamment à Sami, Gérard et Anne-Marie.

Ouf ! Il est 17 heures et je viens de donner sa note au dernier étudiant qui pendant une dizaine de minutes a dû plancher sur « Les conflits entre associés ».

Avec lui s’achève un marathon de quatre jours qui m’a vu interroger oralement cent trente étudiants en Droit des sociétés (Licence 3).

L’épreuve fut rude, mais je pense qu’elle en vaut la peine. Il faut savoir que la « mode » de ces dernières années, à l’Université, est aux « oraux… écrits » ! En effet, pour échapper aux oraux, nombreux sont les profs qui remplacent ceux-ci par des écrits « light » de brève durée. Pour ma part, j’estime qu’un étudiant doit se confronter au cours de ses épreuves d’examen à un certain nombre d’oraux car cela permet de l’évaluer plus complètement et de le préparer à la vie active. C’est pourquoi, malgré sa pénibilité (encore qu’il ne faut pas exagérer, l’échange est souvent sympathique, parfois stimulant), je maintiens la tradition de l’oral.

Du coup, après avoir quelquefois pesté ces derniers jours dans une petite salle (pour une fois pas glacée) de la Fac de droit où je procédais à mes interrogations, j’ai, maintenant que les épreuves sont achevées, la satisfaction du devoir accompli.

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