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KLM

Le vol Seattle-Amsterdam s’était excellemment passé, celui d’Amsterdam-Nice aussi – du moins m’avait-il semblé – malgré un orage en début de vol et un choc violent et mystérieux sur l’appareil que nous avions mis sur le compte d’un oiseau un peu vindicatif qui aurait voulu se mesurer avec notre Airbus. Cet incident fut vite oublié et, du coup, je m’assoupis.

À l’atterrissage, je jette avec émotion un coup d’oeil par le hublot pour retrouver cette chère ville de Nice. J’ai d’abord l’impression que je suis mal réveillée, je ne trouve plus mes repères. Je regarde ma montre : il est 11 heures, on a quarante minutes d’avance. Bizarre pour un vol de deux heures qui plus est parti légèrement en retard. Peut-être ai-je mal calculé le décalage horaire en arrivant en Europe ? Puis je remarque que sur les pistes qu’il y a beaucoup d‘avions de KLM. Damned ! Ce n’est pas l’aéroport de Nice mais celui d’Amsterdam : nous sommes revenus à notre point de départ.

J’interroge l’hôtesse qui me fournit l’explication : c’est la foudre qui tout à l‘heure a frappé notre avion. Le pilote, ayant vérifié qu’à Nice on ne pouvait pas faire les vérifications obligatoires après un tel accident, a dû faire demi-tour. Et comme mon compagnon était plongé dans la lecture de Russel Banks, il n’a pas entendu les annonces du commandant…

Moralité : environ 24 heures se sont écoulées depuis que j’ai quitté Seattle, je n’ai pas fermé l’oeil à l’exception de ces quelques minutes pendant lesquelles la foudre s’abattait sur nous, et je suis en train de traîner telle une âme en peine dans l’aéroport d’Amsterdam (puisque notre nouveau vol ne partira qu’en fin de journée)… me demandant en prime ce qu’il va advenir de nos bagages.

Aux dernières nouvelles, il paraît que les autres passagers ne sont pas très chauds pour continuer le voyage en ma compagnie…

PS : pour ceux qui n’auraient pas suivi avec la plus grande attention notre périple, il fut à un moment question d’un lapin et à un autre d’un grizzli

Columbia River

Columbia River

Un voyage qui se termine – même s’il y a encore la dernière soirée, forcément un peu nostalgique – et on en est déjà à chercher ce qu’il va en rester. Quels sont les moments qui nous ont offert les émotions les plus intenses, les sensations les plus fortes, ces moments dont on sait qu’on ne les oubliera pas ?

Bien sûr, ce voyage dans l’Ouest américain a connu de ces instants-là. Mais ce que je voudrais vous faire partager avant la reprise du cours plus classique de ma vie, c’est une de ces journées qui, bien qu’ordinaire, est forcément extraordinaire pour un Européen.

J’aime quand le matin nous prenons la route. Bien sûr, il y a un but pour la fin de la journée, parfois même l’hôtel a été réservé. Souvent, nous savons, plus ou moins, ce que nous allons trouver en chemin. Plus ou moins car les guides touristiques pour les Etats-Unis sont, dans leur grande généralité, très mal faits. On se demande parfois si leurs auteurs ont vraiment vu les lieux dont ils parlent et, ce qui est certain, c’est qu’ils comportent de nombreuses omissions. Il y a donc forcément presque toujours de bonnes surprises.

C’est ainsi qu’il y a trois ou quatre jours, nous avons quitté Kalispell dans le Montana pour rejoindre en fin de journée Yakima dans l’état de Washington. Le kilométrage prévu était assez long, mais ça ne fait pas peur à mon chauffeur (personnellement, je ne tiens pas spécialement à conduire et là, en plus, j’aurais eu quelques difficultés avec ma cheville encore dans son attelle).

Le premier spectacle est sur la route elle-même : peu de berlines comme la nôtre, mais des énormes 4×4, des pick-up, des camions, des motorhomes, et surtout des remorques au contenu souvent surprenant. Ainsi, nous nous sommes trouvés derrière un cerf sculpté dans le bois plus grand que nature, ou encore derrière un pick-up trimballant un quad et tirant une remorque avec deux canots à moteur… Sans oublier les bikers, assez nombreux, dont beaucoup – nous l’avons pensé en tout cas – devaient venir du Canada pour rejoindre le rassemblement de Sturgis.

Cerf en boisRemorqueBiker

Le bord de la route apporte aussi son lot de rencontres. L’avantage de ne pas prendre que des autoroutes, c’est qu’on croise beaucoup d’animaux (plus que dans les parcs nationaux finalement trop fréquentés pour qu’ils se montrent). Ce jour-là, ça a très vite commencé avec un petit groupe de biches et un jeune cerf, un peu plus loin avec ce que nous avons pris pour des poules faisanes (mais ça ne demande qu’à être corrigé tant notre connaissance en volatiles est limitée…). Quand nous nous sommes arrêtés près d’un pont, ce sont des oiseaux ressemblant à des rapaces (même remarque que précédemment) dans un nid que Patrick a pu immortaliser, et pour finir, une biche et son jeune faon au bord d’une rivière. Et il n’y a pas que les animaux sauvages : dans des régions plutôt agricoles, on trouve de nombreux bovins, taches sombres sur fond vert.

CerfFaisansRapacesFaonBovinsBiche

Il y a aussi les rencontres plus «exotiques» lors des haltes indispensables dans les stations-services. Un vrai monde, qui n’a rien à voir avec nos aires d’autoroute. On aime bien y prendre son temps, pas seulement pour se détendre. On y mange généralement plutôt bien (ce jour-là un chili con carne) et les gens qu’on y croise valent leur pesant de corn chips tant ils sont typiques : des Américains de petites villes avec leur look un peu cow-boy, qui échangent sans cesse des plaisanteries avec la serveuse qui n’a jamais la langue dans sa poche (qu’est-ce que je peux regretter de ne pas bien comprendre l’anglais pour saisir cet humour que je ne peux que deviner grâce à mes expériences cinématographiques). En approchant de notre destination finale, nous sommes tombés sur un bar fascinant tant il reflétait la quintessence de l’Amérique telle qu’on se l’imagine : quatre ou cinq bikers, femmes incluses, au look improbable, deux homos un peu exubérants jouant au billard américain et aux fléchettes avec un géant de deux mètres en bermuda et chaussettes blanches dans des claquettes, à l’autre bout de la salle un grunge semblant sortir tout droit d’un concert de Nirvana, la musique à fond, robuste, genre Creedence, et les bières qui circulent, tout ça dans une ambiance très bon enfant.

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Enfin, bien sûr, last but not least, l’immensité et la diversité de la nature. Nous avons commencé avec des forêts assez claires et plutôt rassurantes. Nous avons suivi, comme la voie ferrée, la Kootenai River (du fait de la topographie, notre route doublait souvent le lit d’une rivière et une voie de chemin de fer) et observé le Cabinet Gorge Dam. La forêt s’est faite plus dense et plus sombre, le ciel s’est couvert et la brume est venue donner plus de mystère à notre voyage jusqu’à la traversée du grand pont de Sandpoint. À ce moment-là nous étions passés au nord de l’Idaho. En empruntant plus loin la mythique I-90 qui traverse d’Est en Ouest le pays, de Boston à Seattle, nous changeons d’état et allons tomber, par hasard, sur les gorges de la grande Columbia River, une vieille connaissance suivie deux ans plus tôt dans la partie de son cours qui sert de frontière entre l’Oregon et l’état de Washington. Un paysage à couper le souffle, à l’égal de celui dont nous nous souvenions et qui avait fait dire à Patrick que l’Interstate 90 était la plus belle autoroute du monde ! Avant d’arriver à Yakima, nous décidons de prendre une route secondaire (celle qui avait précédé l’autoroute), comme ça, pour changer. Là encore pas de regrets : nous suivrons jusqu’au bout la Yakima River dans ses gorges de rochers blonds, une rivière aux flots plus agités, empruntée par des pêcheurs à la mouche. Quelques miles avant l’arrivée «en ville», de grands vergers (le pommier semble une spécialité du coin) nous surprennent. Il est tard quand nous touchons au but : nous avons roulé pendant pas loin de 700 kilomètres, sans nous ennuyer un seul instant.

Kootenai RiverForêtCabinet Gorge DamKootenai river 2Pont de SandpointSur la Yakima RiverYakima riverArrosagePommiers

Des journées comme celle-ci, nous en avons eu bien d’autres. Du coup, ce voyage m’a confirmé ce que je savais déjà, mais sans doute avec encore plus de force, c’est que j’aime la route. Suis-je une routarde pour autant ? Non, pas au sens que l’on donne habituellement à ce mot.

Ce soir, au dîner, nous reparlerons de ce que nous avons vécu pendant ces trois semaines. Avec un peu de nostalgie sans doute, comme je le disais au début de ce billet. Mais nous commencerons à évoquer le jour d’après, le retour, et ce qui nous attend en rentrant. Et ça aussi, finalement, c’est intéressant.

Merci à celles et ceux qui nous ont suivi pendant ce voyage. À très bientôt.

Merci à celles et ceux qui nous ont suivi pendant ce voyage.    À très bientôt.

 

 

Dans les Glacier National Park, près des lieux du drame...

Dans les Glacier National Park, près des lieux du drame…

Nous sommes sur la superbe route Going-to-the-sun qui traverse le parc de Glacier dans le Montana à admirer les paysages. Soudain, la voiture qui nous précède semble avoir perdu un objet sur la route, quelqu’un descend puis remonte précipitamment dans le véhicule quand nous approchons. Je me dis que le chauffeur était reparti pour éviter un accident dans un endroit dangereux et qu’il avait laissé un objet auquel il tenait peut-être. N’écoutant que mon bon coeur, je demande à Patrick de s’arrêter et je récupère à la volée une sorte de bidon dans une pochette en grosse toile que je prends dans un premier temps pour une espèce de gourde de randonnée, puis dans un second pour un mini extincteur. Je le tourne et le retourne et je m’aperçois qu’il est légèrement perçé.

Soudain, une brûlure intense sur mon visage, mes mains… C’est insupportable et j’ai la sensation d’être rongée par je ne sais quel produit chimique. Je m’empare de notre cubi d’eau et je commence à m’asperger afin de tenter d’atténuer la brûlure tout en enjoignant au chauffeur qui n’y comprend goutte de s’arrêter immédiatement. Il finit par pouvoir le faire sans danger et n’ayant plus d’eau, je me précipite dans ma trousse de toilette où je fais un sort à mes lingettes démaquillantes sans que je puisse noter une quelconque amélioration, au contraire.

La douleur se propage : j’ai dû me toucher de tous les côtés. Maintenant c’est la cuisse qui me brûle, m’obligeant à un strip-tease sur le bord de la route pour changer de pantalon : pas très simple avec une cheville dans une attelle… et pas très sexy !

Mais qu’y avait-il donc dans ce bidon ? Patrick qui l’avait déposé dans une poubelle sur le bord de la route va jeter prudemment un oeil, mais imprudemment une main (il le paiera quelques secondes plus tard), et comprend qu’il s’agissait en fait d’une bombe destinée à neutraliser les grizzlis en cas d’attaques paraît-il assez fréquentes dans ce parc.

Une heure plus tard, c’est (presque) le retour à la normale.

N’en déplaise à Môssieur Pilou – qui aime bien se moquer de qui m’arrive sur facebook – Pierre Richard peut aller se rhabiller !

Ajouté quelques heures plus tard (Valérie Expat dégaine plus vite que son ombre) :

nouveau-produit

Et Dromard en rajoute !

DBM KGKG1DBM GODZ

Black Eagle Falls

Black Eagle Falls

Quittant le Wyoming pour le Montana, je découvre avec stupéfaction que l’on dit de cet état que le ciel y est plus grand qu’ailleurs… Tant pis, pour moi, ça demeurera le Wyoming.

Après être passée par les Rocky Mountains puis avoir traversé grandes prairies et champs de blé, notre route va croiser celle des capitaines Lewis et Clark, partis en expédition au début du 19e siècle, à l’initiative du président Thomas Jefferson, afin de trouver un passage vers l’Ouest, jusqu’au Pacifique. Notre rencontre a eu lieu à l’un des endroits où ils furent confrontés à des difficultés particulièrement importantes, puisqu’il s’agissait de remonter le Missouri en franchissant les grandes chutes du fleuve, the Great Falls.

Dans la petite ville du Montana qui porte aujourd’hui ce nom, on a ouvert le Lewis & Clark Interpretative Center, plutôt bien fait et avec un guide audio… en français, ce qui est assez rare aux USA.

Une fois de plus notre voyage mêle l’histoire et la géographie. C’est toujours avec émotion que l’on retrouve un fleuve. Et quand il s’agit du Missouri, la plus longue rivière d’Amérique du Nord (plus grande même que le Mississippi dont il est l’affluent), ce ne peut être anodin. À Great Falls, il n’est pas très loin de sa source (dans le Sud-Ouest du Montana) contrairement aux deux autres lieux où nos chemins se sont déjà croisés par le passé : Pierre, la capitale du Dakota du Sud (voir, sur le blog de Patrick Mottard, "Missouri breaks") et St Louis où il rejoint dans le Mississippi.

Telles que nous les avons vues, les chutes ne sont plus vraiment ce qu’elles ont été à cette époque là : des barrages sont venus modifier le décor. Mais en regardant les Rainbow Falls et les Black Eagle Falls, on peut réaliser à quel point les membres de l’expédition qui franchirent ces obstacles en juin 1805 ont dû se sentir faibles face à cette nature démesurée et impitoyable. Et pourtant, pour la surmonter, ils surent se montrer si forts…

Pour ces deux raisons, pour cette faiblesse et cette force, ils méritent, même après tant d’années, notre admiration.

Missouri à Great FallsDBMPélicans sur Missouri riverCentre Lewis & ClarkBlack Eagle DamRainbow falls et barrage

Valérie Expat From Nice a retrouvé celui par la faute de qui tout est arrivé : il ne s’en n’est pas tiré comme ça !

Merci Val !

BFF

Et le commandant Dromard en rajoute :

Ch Nice

Biches

Au départ ce devait être une simple route secondaire, une de ces routes que l’on affectionne de prendre en Amérique quand la highway se révèle un peu trop monotone. En fait, cette route de hasard allait se révéler un magnifique parcours initiatique.

Après avoir quitté Denver et les Rocky Mountains, nous sommes arrivés assez rapidement à Cheyenne, la capitale du Wyoming. Pour rejoindre Casper où nous faisons étape ce soir, nous avons décidé d’emprunter la route 30, faisant un détour en direction de l’ouest avant de monter vers le nord. Comme d’habitude, nous consultons la carte de l’état, pour voir si l’itinéraire choisi ne nous réserve pas quelques surprises (chose que le GPS – par ailleurs bien utile – ne peut nous apprendre), et nous réalisons que notre modeste route est doublement historique.

Tout d’abord, nous allons suivre, dans sa plus grande partie, le Sand Creek Massacre Trail qui commémore le massacre des Indiens Arapahos et Cheyennes dans le Colorado en 1864. C’est, depuis le 7 novembre 2000, un site national historique (voté par le Congrès) qui montre qu’aux USA les mentalités évoluent (lentement…) sur la question amérindienne.

Par ailleurs, nous longerons, pendant une grande partie du trajet une voie ferrée empruntée par les trains de l’Union Pacific, la mythique compagnie qui participa à la construction du premier chemin de fer transcontinental de l’Est vers l’Ouest. L’Union Pacific est toujours très active dans le transport de marchandises, notamment le charbon. Nous avons ainsi croisé de longs trains avec leur locomotive peinant à tirer de très nombreux wagons.

Au-delà de ces découvertes, cette journée fut pleine de surprises. Animalières tout d’abord (et c’est toujours un bonheur) avec de gracieuses biches courant à travers les prairies à l’herbe rase sous le regard bienveillant des bovins. Puis, ce fut la traversée de petites villes invraisemblables. Bosler, village quasiment fantôme (nous n’y avons pas vu âme qui vive), Rock River et son grand cimetière quasiment vide ou encore Medecine Bow, où nous nous sommes ravitaillés en essence et en eau dans un bazar station-service un peu capharnaüm comme il en existe beaucoup sur les routes américaines.

Tous ces éléments mis bout à bout, ont fait de cette journée, pour moi, une des plus belles de notre voyage. C’est qu’ils avaient pour cadre des paysages que j’affectionne particulièrement : les grandes prairies de l’Ouest à perte de vue encadrant une route le plus souvent rectiligne bordée de ranchs dont on ne voit que l’entrée, des élevages de bétail un peu partout, des chevaux en liberté, de vieux poteaux électriques en bois, d’anciennes pompes éoliennes, avec leur roue si typique des paysages du Far-West, servant à remplir les abreuvoirs à bétail…

Surtout, tout est immense ici, au point que même le ciel paraît plus grand qu’ailleurs…

Locomotive de l'Union Pacificvoie ferréeGunsRanchPompe éolienneMedecine BowLigne haute tensionroute 30CimetièreBiches et boeufsChevauxCiel

Dead Horse Point

Dead Horse Point

Ayant pas mal de route à faire aujourd’hui pour rejoindre Denver tout en nous arrêtant dans un parc national du Colorado, nous avions pris, lors de notre discussion matinale et programmatique du petit-déjeuner, la résolution de ne pas trop traîner en chemin.

Celle-ci ne devait pas être très ferme car nous avions à peine parcouru 3,5 miles depuis Moab que nous nous arrêtâmes après le passage d’un pont pour voir ce qu’il y avait en-dessous. Question légitime car, dans ces contrées arides, il n’y a pas toujours de l’eau qui coule sous les ponts.

Colorado river MoabNous avons bien fait : un large fleuve s’écoulait paresseusement en contrebas et c’était… le Colorado. Cette nouvelle rencontre – elle sera suivie de beaucoup d’autres dans le courant de la journée – avec le Old fellow de Patrick méritait bien une petite entorse (!) à notre résolution. Et puis, nous étions partis tôt : ce n’était pas un quart d’heure qui allait changer grand-chose. C’est donc joyeusement que nous reprenons la route, contents d’avoir pu admirer le fleuve dans un cadre peut être moins spectaculaire que dans les canyons mais plus paisible.

Quelques minutes après, nous voyons un panneau indiquant «Dead Horse Point». Réminiscence.

— Mais c’est là qu’a été tournée la scène finale de Thelma et Louise !

Patrick sait à quel point j’avais apprécié ce film de Ridley Scott.

— Tu veux y aller ?

J’hésite.

— Ça fait quand même 70 miles aller-retour…

Conciliabules – qu’on aurait pu s’épargner car, dès le départ, chacun de nous savait que ça se terminerait ainsi, mais nous aimons bien parfois faire les raisonnables – et nous décidons de céder à la tentation. Pourtant, nous y étions déjà allés, mais en 2003. C’est loin…

Colorado river à Dead Horse PointSur la petite route quasi-déserte qui nous conduit au site, je ne peux m’empêcher de fredonner The ballad of Lucy Jordan (j’avais d’ailleurs assisté au concert donné par Marianne Faithfull au TNN en 2011) qui illustre si bien ce «voyage en douce» des deux femmes finalement pas si Américaines moyennes que ça.

Bien sûr, nous avons dû ensuite brûler les étapes dans l’état du Colorado (exit le petit parc où nous avions prévu de nous arrêter). Un violent orage dans les Rocheuses n’a rien arrangé, pas plus qu’un embouteillage dû à des travaux routiers avant l’arrivée dans la capitale. Mais à Denver, la nuit n’était pas encore tombée et nous avons eu la surprise d’être accueillis… par une biche, en train de brouter au bord de la route.

Dead Horse Point 2Alors quelle importance s’il était un peu tard ? Le spectacle à Dead Horse Point était sublime. Et quand je me suis trouvée face à la falaise où avait pris fin la course-poursuite de Thelma et de Louise, je vous assure que je les ai vues, dans leur décapotable, s’envoler vers le ciel.

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