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Tahar Saiah et Salvano Briceno

Bonne nouvelle : le Conseil Communal Consultatif (CCC) semble sortir de sa torpeur et trouver sa voie en souhaitant faire de Nice la première « ville résiliente » française, c’est-à-dire une ville qui s’engage dans la voie de la prévention des risques naturels afin d’éviter au maximum qu’ils ne se transforment en catastrophes.

Il s’agit d’un programme développé avec des partenaires par l’UNISDR (Stratégie internationale de prévention des catastrophes des Nations Unies) dans le cadre d’une campagne lancée en 2010 : « Pour des villes résilientes », qui a pour objet de sensibiliser aux risques urbains en vue de développer des pratiques de développement durable réduisant les risques de catastrophe et améliorant la sécurité des personnes. Cette campagne vise à convaincre les responsables locaux de s’engager sur un certain nombre de points qui rendront les villes résilientes un peu à la manière de l’Agenda 21 pour le développement durable.

Cette ambition pour la ville de Nice est portée au sein du CCC par Tahar Saiah, président de la commission « Développement durable-logements-déplacements », qui avait invité, à notre dernière réunion, Salvano Briceno, qui fut pendant dix ans le Directeur de l’UNISDR.

Dans son exposé, d’une grande clarté, l’intervenant s’est attaché d’abord à expliquer les difficultés spécifiques que présente la prévention en ce domaine, la première, et non des moindres, étant la qualification de naturelles de ces catastrophes, donnant à penser qu’on n’y peut rien, qu’elles sont inévitables. En fait, seul l’aléa est naturel mais ce sont les réalisations humaines, en perturbant les écosystèmes, qui créent les catastrophes : c’est la croissance urbaine qui pose problème et il est devenu urgent de changer notre approche.

Pour cela, on ne peut plus se contenter de se préparer à répondre à ces événements : il faut, bien au-delà, s’atteler à réduire les risques. Les gouvernements dans le monde ont commencé, à des degrés divers, à travailler sur ces questions à partir de la Conférence de Kobe de janvier 2005. Depuis environ deux ans, ce sont les villes qui se sont engagées et certaines ont déjà développé des programmes assez avancés comme Barcelone, par exemple. La capitale catalane a déjà dressé une carte identifiant non seulement les aléas naturels, mais intégrant aussi les facteurs de risques du fait des constructions.

En quoi la ville de Nice peut-elle être particulièrement concernée ? Tout d’abord, nous le savons tous, c’est une ville à risque (inondations de la plaine du Var, tremblements de terre…). D’autre part, un travail académique a déjà été accompli au sein de l’Université (REDD). Enfin, cette thématique est appelée à se développer à très brève échéance et les villes qui se seront déjà engagées dans le processus pourront apporter aux autres une expertise non négligeable leur permettant de se mettre en valeur.

Le plus important pour faire évoluer favorablement le processus est de faire traiter ces questions par tous les intéressés, tant le secteur public que le secteur privé, et donc faire changer les mentalités, faire comprendre qu’il faut prévenir les risques. Or, si la prévention a réussi à s’imposer aujourd’hui dans de nombreux domaines (la santé, les accidents du travail, les accidents de la route…), elle est moins évidente en matière de risques naturels où tout ne dépend pas de l’action humaine.

Il est donc plus difficile d’obtenir un changement des comportements, changement pourtant indispensable. Avant toute réalisation, l’activité humaine doit se préoccuper en tout premier lieu des écosystèmes alors qu’aujourd’hui ce sont les questions économiques qui priment.

Le débat qui s’est engagé ensuite avec Salvano Briceno a montré à quel point les participants avaient été convaincus par les idées de l’orateur qui va continuer à nous faire bénéficier de son expertise tout au long de nos travaux de réflexion. C’est donc dans l’enthousiasme que le CCC, tout à fait dans son rôle, envisage de faire des propositions au maire dès le début de l’année 2012 pour faire de Nice une ville résiliente.

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