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Posts Tagged ‘Norvège’

Du Cap Nord à la frontière finlandaise, la route nous a permis de traverser les plus beaux paysages depuis le début de notre voyage. La présence humaine se fait plus discrète. Dans l’immensité de la nature, maisons et bateaux de pêche semblent être des jouets. La région est sauvage et l’eau plus présente que jamais. J’ai parfois eu l’impression de retrouver des sensations connues en Alaska il y a quatre ans. Avec l’arrivée en Finlande, les tableaux sont différents : on retrouve une forêt dense et de nombreuses rivières.

Un commentateur, sous mon précédent billet, se demandait pourquoi nous avions décidé de faire le trajet vers le Cap Nord par la route alors qu’il n’y a rien à voir et qu’on peut y parvenir en quelques jours de bateau. On apprend beaucoup sur un pays et les gens qui y vivent en le traversant en voiture. Même si ce n’est pas toujours « beau », c’est toujours intéressant. Là, en plus, c’était magnifique. La preuve en images.

Photos prises en Norvège, du Cap Nord à Karasjok

Photos prises en Finlande, de la frontière à Inari

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Patrick parlait sur son blog, il y a peu, de l’influence du climat sur nos humeurs. J’en ai fait personnellement l’expérience ces tout derniers jours.

Après que nous avons quitté Hammerfest en direction du but ultime de notre voyage, c’est la gorge serrée et le ventre noué que j’ai traversé des contrées qui m’ont semblé d’une infinie tristesse. Même l’arrivée dans l’île du Cap Nord n’est pas parvenue à effacer ce sentiment, pas plus que notre installation pour deux nuits dans un joli petit chalet à proximité du charmant village de Skarsvag.

Je me demandais comment on pouvait vivre là. Le ciel était gris, la pluie tombait, de petites pêcheries étaient partout en état d’abandon (ceci datant sans doute de la crise qu’a connu il y a quelques années la pêche à la morue avec des restrictions drastiques qui ont toutefois permis de redresser aujourd’hui la situation). Mais comment les Norvégiens pouvaient-ils passer l’hiver dans un endroit pareil ?

Notre première visite sur le site du Cap Nord s’annonçait mal : avec ce temps à ne pas mettre un chien dehors, c’était raté pour le soleil de minuit… Pourtant, le moral m’est revenu brutalement en assistant, dans le bâtiment qui accueille les visiteurs, à la projection d’un film magnifique sur les saisons dans la région : les habitants d’ici aiment – sans doute pas tous – l’hiver, la neige, et ne semblent craindre ni le froid ni la permanence de cette longue nuit. En sortant de la séance, nous sommes retournés dans la grande salle d’accueil où trône un piano à la disposition de ceux qui le souhaitent. Une jeune femme s’est mise à jouer et à chanter et c’était beau.

Du coup, le brouillard qui nous entourait m’est apparu moins hostile et c’est avec une bonne humeur retrouvée que j’ai pu profiter pleinement de notre première soirée : il faut dire que nous étions un peu seuls au monde et que même si quelqu’un autre avait été là, nous aurions eu du mal à le voir tant le brouillard nous enveloppait.

En retournant à notre chalet, tout allait mieux, même si je ne me faisais guère d’illusions sur ce qui nous attendait le lendemain : la journée serait sûrement la même qu’aujourd’hui et d’ailleurs, la météo n’annonçait rien de bon.

Mais le pire n’est jamais sûr. Le nuages qui étaient encore nombreux quand nous nous sommes levés se sont faits de plus en plus rares et le brouillard disparut. Cela nous a permis de faire enfin la route vers le Cap en voyant ce qu’il y avait autour de nous. Et c’était impressionnant. Cette montée au travers d’une terre à l’herbe rase et aux lacs ou bras de mer innombrables au milieu des montagnes a des allures de parcours initiatique préparant le visiteur à ce qui l’attend.

Bien sûr, il y avait davantage de monde que la veille (ça reste quand même assez raisonnable). Mais ce public là, enthousiaste, composé de motards (c’est une destination mythique pour eux que la latitude 71° 10′ 21″), de camping-caristes, de cyclistes (!) fait plaisir à voir. Même les touristes qui arrivent en bus organisés sont différents. Et puis, si on veut s’isoler, on peut le faire aisément : l’espace est grand sur le plateau et du coup, on y croise plus de rennes que de visiteurs. Nous nous sommes ainsi promenés longuement. Peu à peu, des coins de ciel bleu sont apparus, nous laissant augurer un possible coucher de soleil au bout du monde.

Et ce fut le cas. Après quelques heures de repos au chalet, nous sommes remontés sur le site. Le beau temps avait attiré les foules, essentiellement un groupe d’Italiens venus ensemble dans des camping-cars, plutôt exubérants, mais qui faisaient plaisir à voir.

Et nous avons eu notre soleil qui, compte tenu de la saison, n’était pas de minuit puisqu’il s’est couché à 22 h 16. Mais bien après, il a continué à faire jour et, vu qu’il est plus de 2 h du matin, l’astre ne va pas tarder à se lever. Il est temps pour moi d’aller me coucher !

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De Jokkmokk (SWE) à Alta (NOR)

Avant Narvik

Photo traditionnelle de voyage : mais là ce n’est qu’un ponton…

Plus nous montons vers le Nord et plus les paysages se transforment. Nous sommes loin de la monotonie des premières routes suédoises et des forêts de sapins qui les bordent. Les bouleaux et les fleurs prennent de plus en plus d’espace et l’eau est partout. Le temps change très vite : d’une minute à l’autre le ciel peut s’assombrir et la pluie tomber avant que les nuages ne s’écartent pour dégager un coin de ciel bleu et laisser passer quelques rayons de soleil nous donnant à voir de superbes arcs-en ciel.

En passant en Norvège, le changement est saisissant. Le relief devient accidenté, nous sommes le plus souvent entourés de montagnes qui semblent émerger des lacs ou de la mer. Le littoral que nous suivons depuis Narvik est tellement dentelé et les anses profondes remplies d’îles qu’on ne sait plus ce qu’on a en face de nous sinon que c’est spectaculaire.

Pourtant – et c’est ce qui m’a un temps gênée – on n’a pas vraiment le sentiment d’évoluer dans un environnement sauvage. Je ne suis jamais sentie « assommée » comme cela a pu m’arriver en Alaska. C’est que la présence humaine est partout et qu’elle ne semble pas s’exprimer différemment que dans les contrées plus accessibles. Les routes sont bonnes (même si les travaux sur la chaussée témoignent de la nécessité de les entretenir régulièrement), des tunnels et des ponts se construisent partout, les voitures sont désespérément « normales » (peu de 4X4 et encore moins de pick-up) et les nombreux camions n’ont pas grand chose à voir avec les road trains australiens ou américains. Les Norvégiens qui vivent là sont des agriculteurs, des pêcheurs… et on trouve régulièrement des maisons, des cabanes, perdues au bord de l’eau ou dans les montagnes.

Finalement, cette obstination à vivre de façon ordinaire dans un milieu qui, avec la longue nuit d’hiver, ne l’est pas vraiment, est assez émouvante et force le respect. Le climat est sans doute pour beaucoup dans la proximité des Norvégiens avec la nature, une proximité qui se manifeste beaucoup moins avec les autres : on aimerait parfois un peu moins de réserve des habitants qu’il nous arrive de croiser…

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