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Les députés europhobes tournent le dos et ceux du FN restent assis pendant l'hymne européen : glaçant...

Les députés europhobes tournent le dos et ceux du FN restent assis pendant l’hymne européen : glaçant…

Tout d’abord l’Europe et l’image glaçante de ces députés europhobes tournant le dos à la tribune du Parlement pendant l’Hymne à la joie. Une preuve de plus qu’on ne pourra jamais discuter avec ces gens-là, seulement les combattre.

Nicolas SarkozyÀ propos de Sarkozy, j’ai l’impression que la journée d’hier a marqué un tournant jusque dans les milieux qui lui étaient les plus favorables. En effet, hier soir, ses soutiens les plus emblématiques (Nadine Morano, Christian Estrosi…) ne criaient plus vraiment au complot mais se contentaient de demander une justice sereine où leur ancien leader ne serait pas moins bien traité que le commun des mortels.

Enfin, sur les rythmes scolaires, comme j’ai pu le vérifier encore au Conseil métropolitain avant-hier en discutant avec certains maires, la réforme se met en place dans les Alpes-Maritimes comme ailleurs. Beaucoup de temps perdu par les municipalités à bloquer la réforme avec toutes les conséquences que l’on sait. Mais je suis persuadée qu’on n’en parlera pas plus dans six mois – et je suis généreuse – que de la loi sur le mariage pour tous…

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On croit rêver ! L’indécence n’a plus de limites…

Nous avons eu droit au Sarkothon qui a permis à l’ancien président de subir sans dommage pour ses finances personnelles les conséquences de l’illégalité de ses comptes de campagnes. Que les donateurs de l’UMP soient prêts à le faire, grand bien leur fasse. Mais on oublie parfois de dire que ce sont tous les Français qui seront en fait sollicités car les généreux donateurs pourront déduire de leur impôt (pas de leur revenu imposable) 66% du montant qu’ils auront versé. Du coup, ça va coûter à l’Etat plus de 7 millions : un beau cadeau fiscal…

On nous annonce aussi le Barjothon. L’ineffable Frigide Barjot, qui a été priée par son bailleur (régie immobilière de la ville de Paris) de restituer le duplex qu’elle occupe pour l’avoir utilisé illégalement à des fins commerciales (sous-location à une société d’édition spécialisée dans la publication de pastiches), en appelle également au soutien de ses amis ! Parce que la dame n’envisage pas un instant de s’installer dans son appartement du 10e arrondissement qui ne possède « que » deux chambres, après avoir longuement profité avec son conjoint d’un loyer sous-évalué (par rapport au marché parisien) pour un appartement de 173 mètres carrés dans le 15e arrondissement en raison, disent-ils, de la faiblesse de leurs revenus (il faudrait d’ailleurs qu’ils m’expliquent comment ils pouvaient payer 2850 euros par moi avec un revenu annuel déclaré de 36000 euros par an, selon l’hebdomadaire Marianne….) « Les gens qui pensent que je ne mérite pas ce traitement pourront ainsi m’aider », dit-elle. Quelle indécence…

Et maintenant, j’apprends dans le Nice Matin du jour, que c’est au tour de la famille du bijoutier qui a tué son agresseur de demander de l’aide à la population pour payer ses avocats. Son fils a lancé un site internet dans ce but puisque la bijouterie est actuellement placée sous scellés. Je rêve…

Rassurez-moi, dites-moi que vous aussi vous êtes pour le moins surpris. On a affaire à des individus qui se sont mis, plus ou moins gravement, en dehors de la légalité, et qui, ne voulant pas assumer la responsabilité de leurs actes, demandent au bon peuple de les financer. Trop bon, trop…

À voir sur la page facebook d'Anthropocene man

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Les membres du Conseil constitutionnel

Les membres du Conseil constitutionnel

Nadine Morano, qui a une fois de plus perdu une occasion de se taire, se trouve brutalement choquée qu’on ne puisse faire appel de la décision du Conseil constitutionnel qui vient de rejeter le recours du candidat Sarkozy suite à la non validation de ses comptes de campagne. Elle réfléchit même à la possibilité de saisir les instances européennes !

Petit rappel des règles en la matière pour ceux qui ne seraient pas coutumiers de la chose. Depuis 1988, il existe un contrôle des comptes de campagne et, au fil du temps, plusieurs réformes sont venus en améliorer le régime. Le cadre législatif actuel est celui de la loi du 14 avril 2011.

Toutes les dépenses (et donc les recettes) de campagne sans exception doivent être retranscrites dans un « compte de campagne ». Elles ont un plafond qu’on ne peut dépasser sous peine de voir le compte rejeté. Le but du plafonnement est simple : éviter la surenchère des candidats en matière de frais de communication (comme c’est le cas aux Etats-Unis, par exemple). Ce plafond dépend de l’élection considérée (en fait du nombre d’habitants dans la circonscription électorale concernée par l’élection). S’agissant de l’élection présidentielle, il a été fixé à un peu plus de 22 millions d’euros.

D’autre part, pour assurer une certaine égalité entre candidats, indépendamment de leurs ressources, il existe un financement public des campagnes électorales : on rembourse aux candidats, à condition qu’ils aient réuni au moins 5% des suffrages exprimés, le montant de leur apport personnel à la campagne dans la limite de la moitié du montant du plafond. Ainsi, pour la campagne présidentielle, les candidats pouvaient obtenir le remboursement de leurs dépenses jusqu’à 11 millions d’euros (*). Mais bien sûr, la générosité de l’Etat (et donc des contribuables) est exclue si les règles concernant le financement des campagnes électorales ne sont pas respectées.

C’est ce qui vient d’arriver à Nicolas Sarkozy. Et je crois qu’il s’agit d’une première pour un candidat à la Présidentielle. Qu’a-t-il donc fait ?

– Tout d’abord, il a présenté des comptes inexacts : il a « omis » un certain nombre de dépenses qui auraient dû figurer dans le compte de campagne. Une petite précision : toutes les dépenses engagées pour la campagne dans l’année qui précède l’élection doivent figurer dans le compte. C’est toujours quelque chose de délicat pour un candidat qui est un élu sortant : il doit être particulièrement vigilant et bien séparer les activités liées à son mandat de celles qui sont engagées pour la campagne. Cela étant, tous les élus expérimentés le savent et font preuve d’une prudence élémentaire. Nicolas Sarkozy, en annonçant tardivement qu’il se représentait, pensait sans doute pouvoir faire passer tous ses déplacements et autres sondages pour des frais liés à son mandat de Président sortant. Ne lui en déplaise, ça n’a pas été l’avis des instances chargées de la vérification.

– Par conséquent, à l’occasion du contrôle un certain nombre de dépenses ont été ajoutées au compte de campagne qui, du coup, dépasse le plafond autorisé :

     . 8 réunions publiques tenues par Henri Guaino entre octobre 2011 et février 2012 qui n’avaient d’autre but que de faire le bilan du mandant de Nicolas Sarkozy et d’appeler à sa candidature, pour un montant de 17 552 € ;

     . un numéro spécial du « Magazine de l’Union » consacré au bilan du chef de l’État qui a fait l’objet d’un tirage exceptionnel à 500 000 exemplaires, retenu pour un surcoût d’impression de 71 957 € ;

     . un tract de l’UMP contre François Hollande pour 28 745 € ;

     . des frais de contrats avec des instituts de sondage pour 80 819 € de plus que la somme indiquée par le candidat ;

     . la plus grande partie du coût du meeting de Villepinte, alors que le candidat n’en avait retenu que 50% en arguant de la convocation parallèle d’un conseil national de l’UMP, soit 1 063 865 € de plus à ajouter au compte ;

     . 50% des frais de réalisation du site internet du candidat (alors qu’il n’en avait retenu que 20% en arguant du fait que le site devait être ensuite utilisé par l’UMP) ;

     . enfin, s’agissant des différentes réunions publiques, une seul d’entre elles est réintégrée dans le compte de campagne, celle de Toulon (1er décembre 2011), pour un montant de 155 175 €.

Ainsi, au total, 1 669 930 € ont été rajoutés au compte de campagne, soit 7,8% de plus que ce que le candidat avait déclaré. Le Conseil constitutionnel retient deux irrégularités :

– la réunion publique de Toulon a été payée par l’État en contradiction avec l’article L 52-8 du code électoral (qui interdit aux personnes morales – et l’État en est une – autres que les partis politiques, de financer la campagne d’un candidat) ;

– le dépassement du plafond pur un montant de 466 118 € (+2,1%). Ce montant doit être versé au Trésor public ainsi que l’avance forfaitaire faite aux candidats de 153 000 €.

Mais bien sûr, la sanction financièrement la plus lourde est l’exclusion du droit au financement public c’est-à-dire du remboursement des sommes engagées pour la campagne à concurrence de la moitié du plafond, à savoir 11 millions d’euros ! Mais la sanction était légalement incontournable à partir du moment où le compte était rejeté.

Pour en revenir à Nadine Morano, attaquée au début de ce billet, pourquoi aurait-elle mieux fait de se taire ?

Sa remarque n’aurait peut-être pas été fausse s’agissant du contentieux électoral général. Par contre, elle ne tient pas s’agissant du contentieux lié au financement des campagnes. En effet, le recours au Conseil constitutionnel est dans ce cas une voie de réformation (comme un appel traditionnel) pour contester une décision prise par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) : la requête de Nicolas Sarkozy avait pour but d’obtenir l’annulation du rejet de son compte de campagne par la Commission. In fine, le Conseil constitutionnel réforme à la marge la décision de la CNCCFP… en retenant un montant des dépenses réelles du candidat légèrement supérieur.

Cette sanction, uniquement financière, m’a remis en mémoire le cas d’un candidat indépendant aux élections cantonales de 2004 dans le 7e canton. Peu au fait des règles de financement des campagnes électorales, il avait commis une erreur : ayant eu du mal à trouver tout de suite un mandataire financier (obligatoire) pour ouvrir un compte de campagne (obligatoire), il avait réglé de sa poche quelques dépenses pour lesquelles des créanciers exigeaient un paiement immédiat. Et, par la suite, le mandataire financier l’avait remboursé avec le compte de campagne. C’est quelque chose d’admis par la CNCCFP pour des petites sommes. Mais l’appréciation de l’importance de la somme ainsi avancée par le candidat est fonction du montant total des dépenses qu’il a effectuées. Et comme ce candidat avait fait une campagne plutôt minimaliste matériellement parlant (ce qui ne l’avait pas empêché de faire un score très honorable de plus de 7%), les sommes avancées par lui (de mémoire, ça devait tourner autour de 1 000 ou 1 500 €) représentaient la quasi-totalité de son budget et donc un pourcentage trop important. Son compte fut donc rejeté, il n’a pas été remboursé par l’État et on l’a même déclaré inéligible pour 1 an.

Que Nicolas Sarkozy arrête donc de crier au loup : la CNCCFP n’a pas demandé au juge de l’élection (le Conseil constitutionnel) son inéligibilité car cette sanction n’est pas prévue pour l’élection présidentielle. D’ailleurs, ça ne l’aurait pas empêché de se présenter à la prochaine élection, le maximum de cette sanction étant fixé, pour tous les autres scrutins, à 3 ans depuis la loi de 2011.

Il n’en demeure pas moins que le rejet du compte de son candidat est une nouvelle douloureuse pour le portefeuille de l’UMP déjà atteint par la diminution considérable du nombre de ses électeurs lors du scrutin législatif (le financement public des partis politiques dépend de ces résultats). Je me demande si je ne vais pas répondre à l’UMPthon initié par Jean-François Copé… Non, je rigole !

(*) Les candidats complètent généralement leurs recettes par des apports de leur parti (pas limités) et par des dons de personnes physiques limités (les dons des personnes morales sont interdits depuis 1995 pour éviter les liaisons entre les entreprises et les acteurs de la vie politique).

ADDENDUM :

Pour mémoire, les membres du Conseil constitutionnel sont au nombre de 9 (plus les anciens présidents de la République, membres de droit, qui n’ont pas siégé dans cette affaire). Parmi eux, 3 ont été nommés sous la présidence de Jacques Chirac en 2007, 4 sous la présidence de Nicolas Sarkozy en 2010, et 2 sous la présidence de François Hollande en 2013.

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arbitreÇa y est : depuis quelques jours, l’Etat est décidé à tenter d’anéantir la sentence intervenue suite à l’arbitrage dans l’affaire qui a opposé Tapie au Crédit Lyonnais, sentence qui avait fort largement indemnisé l’homme d’affaires.

Aujourd’hui, compte tenu de tout ce qui est en train de nous être révélé et qui témoigne des petits arrangements (je sais, le terme est faible…) entre amis au plus haut niveau de l’État, il est difficile de ne pas être scandalisé par ce qui s’est passé et qui s’est fait sur le dos du contribuable.

Ce qui est atterrant, c’est que cette affaire ait pu être étouffée pendant si longtemps, et que si les mêmes que ceux qui sont si compromis étaient restés à la tête de l’État, on n’en saurait toujours rien.

À l’époque, relativement peu de voix s’étaient élevées pour contester tant la procédure retenue que la décision d’indemnisation, une décision qui faisait quasiment passer Bernard Tapie pour une victime injustement accusée et condamnée puisqu’il se trouvait indemnisé dans des proportions extrêmement importantes. La somme (plus de 400 millions d’euros tout de même) faisait bien un peu tiquer, mais on ne se doutait pas que tout était miné à la base.

On sait aujourd’hui que cet arbitrage était faussé dès l’origine par la présence, au sein du tribunal arbitral, de Pierre Estoup, qui connaissait Tapie et son avocat (ils avaient notamment participé à de nombreuses reprises à des arbitrages communs et n’auraient jamais dû se retrouver dans la même affaire). Bien sûr, il y avait deux autres arbitres, mais, de son aveu même, Pierre Mazeaud était novice en matière d’arbitrage, quant à Jean-Denis Bredin, grand spécialiste de ces questions, il avait de graves problèmes de santé. Tous deux s’en sont donc remis à Pierre Estoup qui a décidé pratiquement tout seul. On comprend mieux…

Comment se fait-il que rien de tout cela n’ait été mis en évidence au moment où la décision a été prise ? En effet, il y a eu finalement assez peu de réactions tant sur la décision de recourir à l’arbitrage que sur la sentence arbitrale elle-même.

Sur le choix d’avoir recours à l’arbitrage, même si rien légalement n’empêchait une telle procédure, ce choix de Christine Lagarde aurait dû susciter un plus grand étonnement et provoquer davantage de questions. Des intérêts publics étant en jeu, une procédure classique aurait apporté plus de garanties et, en tout état de cause, plus de transparence du fait de la publicité des débats. D’autre part, une fois la sentence prononcée, il n’y eut pas vraiment de suspicion alors qu’on aurait pu au moins s’interroger sur ce qui avait pu faire pencher la balance à ce point en faveur de Tapie et, ensuite, sur le fait que l’État avait décidé, malgré cela, de ne pas faire de recours en annulation.

C’est surtout surprenant de la part des médias qui sont restés plus que modérés sur le sujet.

En lui témoignant un peu plus d’intérêt, ils auraient peut-être pu apprendre qu’un certain nombre de personnes indépendantes qui avaient été consultées étaient contre l’arbitrage ou, après la sentence, pour un recours en annulation, et l’avaient nettement exprimé. C’était le cas des membres du Conseil d’administration du CDR (Consortium de réalisation, organisme créé par l’État et chargé de liquider le passif du Crédit Lyonnais), de la Caisse des dépôts, de l’APE (Agence des participations de l’État).

Ils auraient peut-être également pu avoir vent des nombreuses pressions qui avaient été exercées notamment par Stéphane Richard, directeur de cabinet de Christine Lagarde, auprès des instances appelées à se prononcer sur le recours à la procédure d’arbitrage.

Aujourd’hui, l’unique recours possible contre la sentence arbitrale est la demande de révision, puisque le recours en annulation n’est ouvert que pendant un délai de deux mois après la sentence. Seules les parties au procès (ou, en l’occurrence, à l’arbitrage) peuvent agir en révision : l’État n’était pas directement partie, c’est le CDR (lié à l’État) qui était opposé à Bernard Tapie. C’est un recours exceptionnel, qui n’est pas spécifique à la procédure d’arbitrage et qui est soumis à des conditions très restrictives (comme devant les juridictions judiciaires). Il faut apporter la preuve d’un élément nouveau montrant que l’arbitrage a été rendu dans des conditions frauduleuses.

Les mises en examen actuelles serviront de point d’appui, mais il faudra des éléments très précis pour que le recours soit efficace. C’est pourquoi, le gouvernement attend le plus longtemps possible pour avoir suffisamment d’arguments. Mais, en même temps, il ne doit pas trop tarder : le délai pour agir est de deux mois à compter de la révélation des faits nouveaux (tout dépendra des faits sur lesquels il s’appuiera pour demander la révision).

Cela dit, ce n’est pas le seul procès qui va avoir lieu. Il est évident que de nombreuses personnes vont se retrouver au pénal pour leur participation à cette affaire. Tapie, certes, mais aussi tous les politiques ou leurs adjoints mis en examen. Nul doute que Guéant va devoir répondre des graves accusations portées contre lui.

Les allégations contre l’ancien chef de l’État se font de plus en plus précises. Bien sûr, Nicolas Sarkozy ne pourra pas être inquiété sur ce qu’il a pu faire pendant sa présidence. Mais, il avait commencé à pousser à une médiation dès 2004 : et, à cette époque-là, il était ministre des Finances… sans immunité.

Homme de foot habitué aux tribunes du stade Vélodrome, Bernard Tapie ne sera pas choqué par le titre quelque peu trivial de mon billet. Par contre, il serait sans doute plus déstabilisé si on lui demandait ce qui a bien pu provoquer une telle complaisance à son endroit. Je ne sais pas vous, mais moi c’est une question qui me turlupine : pourquoi ? Oui, pourquoi Nicolas Sarkozy s’est-il montré aussi empressé à aider l’homme d’affaires ?

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JO 19:03:2003Pendant la campagne électorale, c’était le leitmotiv : Nicolas Sarkozy était un Président actif armé d’un volontarisme sans faille, un réformateur inlassable qui avait le talent de faire bouger les lignes…

Certains sondages révèlent aujourd’hui une certaine nostalgie de cette hyperactivité face à la nonchalance supposée du pouvoir actuel.

Pourtant, il n’y a pas un jour sans que l’on s’aperçoive que le Président rugissant n’était qu’un tigre de papier. Ainsi, en moins de dix jours, on a été obligé de reconnaître l’inutilité des jurys en correctionnelle (« justice du peuple » très médiatisée en son temps), l’injustice du délit de racolage passif (protection des centres villes de la prostitution, idée défendue à grand renfort de coups de menton), et, aujourd’hui, dans la même loi-phare de 18 mars 2003 (loi pour la sécurité intérieure, LSI), l’inanité de la répression pénale des squats dans les halls d’immeubles.

Une fois de plus, on allait voir ce qu’on allait voir (vous vous souvenez, c’était l’époque du « karcher »). Eh bien… on n’a rien vu. Au final, c’est à peine une centaine de condamnations (souvent symboliques) par an pour occupation illicite des halls d’immeubles qui est prononcée car la loi – et tous les juristes sérieux l’avaient prévu à l’époque – était quasiment inapplicable.

Ainsi, malgré « l’efficacité » du sarkozisme, le problème reste en l’état et des dizaines de milliers de personnes continuent à vivre l’enfer dans leur quartier notamment à cause de ce phénomène…

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L’ancien Président de la République n’aime pas entendre parler de son bilan. Pas plus que ses amis n’ont envie d’entendre que, si les choses vont si mal aujourd’hui, c’est aussi parce que la gestion de la France a été calamiteuse pendant toutes les années où la droite était au pouvoir et singulièrement, sous le mandat de Nicolas Sarkozy. Ce n’est pas en quelques mois que les effets désastreux de sa politique peuvent être effacés.

De nombreux exemples nous sont fournis par les contentieux existant entre notre pays et l’Europe. La négligence, voire l’inconscience, qui ont présidé à certaines décisions ou à l’absence de réactions adéquates dans nombre de situations, vont coûter très cher à la France dans un moment où, la crise étant là, on s’en passerait bien volontiers.

Patrick Mottard a eu l’occasion de consacrer un billet sur son blog au problème posé par la taxe Copé. Je voudrais évoquer ici une affaire encore plus lourde de conséquences pour les finances publiques qui concerne les OPCVM (organismes de placement collectif des valeurs mobilières).

Ces organismes gèrent un portefeuille de valeurs mobilières (SICAV et FCP). Entre 2004 et 2012, les dividendes générés par les sociétés hexagonales perçus par ces fonds d’investissements installés à l’étranger ont été taxés à 25% (prélèvement à la source), alors que leurs homologues en France y échappaient.

Cette différence de traitement avait fait l’objet de nombreuses requêtes auprès des juridictions administratives. Le Conseil d’Etat, saisi par un tribunal administratif dans le cadre d’une procédure pour avis, avait décidé d’un renvoi préjudiciel auprès de la CJUE (Cour de Justice de l’Union Européenne). Comme on pouvait s’y attendre, la Cour européenne, dans un arrêt du 10 mai 2012, a retoqué la retenue à la source de 25% pour discrimination.

OPCVM, CJUE

Conséquence : le fisc doit rembourser aux OPCVM étrangers les taxes irrégulièrement perçues… y compris les intérêts, avec une rétroactivité sur les trois ans précédant la décision de la Cour. Une ardoise qui s’élève aujourd’hui à 5 milliards d’euros dont hérite le nouveau gouvernement qui s’est empressé de mettre notre législation en conformité avec le droit européen dans le courant de l’été dernier.

Selon la Cour des Comptes, « une modification plus précoce de cette législation aurait permis d’éviter l’accumulation des sommes à rembourser constitutives d’impôts prélevés à tort et d’intérêts moratoires ». Pourquoi cela n’a-t-il pas été fait en temps et en heure ? Le problème était pourtant identifié depuis au moins 2008 à Bercy et la Commission Européenne avait même ouvert à cette date une procédure pour infraction contre la France.

Il reste que Jérôme Cahuzac a, selon lui, découvert cette ardoise en arrivant au ministère du budget où l’avait précédé Valérie Pécresse. Et que cette somme va devoir être payée. En attendant, les intérêts courent toujours… Tic, tac, tic, tac…

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Juppé, Fillon, Copé et quelques autres : voilà plusieurs semaines que les médias nous vendent un combat de Titans pour savoir qui va bien pouvoir s’emparer du leadership de l’UMP et donc de l’opposition après la défaite programmée de la droite aux législatives.

Soit lesdits commentateurs veulent vendre du papier, soit ils n’ont pas les yeux en face des trous, car le match est déjà joué. Ce sera Sarko.

Depuis sa défaite honorable (ce qui n’était pas le cas de sa campagne), rien dans son attitude ne laisse supposer qu’il va réellement quitter le sérail politique ne serait-ce que quelques mois. Cela est d’ailleurs conforme au personnage…

Que les médias nous épargnent donc un faux débat de plus.

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Dominique Boy Mottard, Patrick Mottard, Jean-Christophe Picard

Sentiments partagés ce soir après les résultats du 2e tour de la Présidentielle. D’abord et surtout, la satisfaction, bien sûr, de voir François Hollande élu. Même si je n’avais guère de doutes sur l’issue du scrutin (j’avais pronostiqué un 53% – 47%), on se sent quand même mieux quand le résultat est là.

En même temps, je n’ai rien ressenti de comparable à la joie éprouvée lors de la réélection de François Mitterrand en 1988… sans parler de l’intense bonheur provoqué par sa victoire le 10 mai 1981.

Peut-être est-ce dû à la difficulté de la tâche qui attend maintenant François Hollande quand on sait que la crise est toujours là ?

Et est-ce parce que ce sentiment est partagé par l’ensemble de nos concitoyens que le rassemblement sur la place Masséna à Nice ne ressemblait en rien aux fêtes qui avaient suivi les précédentes victoires ? Seulement quelques centaines de personnes avaient pris la peine de se réunir ce soir, sur le forum de la place Masséna qui autour semblait bien vide. Très peu d’exubérance, plutôt une sorte de soulagement en se disant que peut-être, mais peut-être seulement, les choses allaient pouvoir enfin changer. Pour plus de justice, plus de solidarité, plus de respect.

Pourtant, ce soir, j’ai envie d’y croire. Même si dans mon département, dans ma ville, les chiffres du 2e tour confirment hélas ceux du 1er tour et donnent à Nicolas Sarkozy ses meilleurs résultats de l’hexagone.

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Mes concitoyens me plongent dans des abîmes de perplexité.

Chaque fois que je croise une connaissance ici ou là, c’est le même refrain : « Vous en pensez quoi, vous, de cette campagne ? ». Et avant que j’aie pu répondre, la sanction tombe : « C’est une catastrophe, les candidats ne s’intéressent pas aux vrais problèmes des gens… »

Pour être franche, ça commence à me barber. Cette campagne avait pourtant bien commencé. Oui, on a parlé des vrais problèmes, oui on a parlé de la crise, de la dette, du déficit, de l’Europe, des retraites, du pouvoir d’achat, du chômage… Certes, ce n’est guère rigolo d’entendre dire que, quoi qu’on fasse, demain on ne pourra pas raser gratis ! Hollande posait les vrais problèmes, Bayrou posait les vrais problèmes, ceux auxquels sera confronté le nouveau Président au lendemain de l’élection.

Et puis, patatras ! Sarkozy est entré dans la campagne : c’est sûr que sur ces questions-là, il n’avait pas grand-chose à dire car il aurait été obligé de parler de son bilan. Réorientation de la campagne : on se croirait en 2007, sus à l’insécurité ! Là-dessus, les drames malheureux de Toulouse et de Montauban arrivent pour lui à point nommé : il va pouvoir aller draguer encore un peu plus du côté de l’électorat du Front National et siphonner les voix de Marine Le Pen.

Et les médias de s’emballer, de jouer à fond le jeu du Président sortant, de parier sur la peur des gens : c’est que ça fait vendre du papier. Ceux qui trouvent la campagne pas intéressante ne sont pas les derniers à commenter, dans leur Café du commerce, les événements en question.

Le jeu des petites phrases repart à qui mieux mieux. On les reproche aux candidats, mais pourquoi les médias ne parlent-ils pas d’autre chose ? Non, les candidats ne font pas que des petites phrases : mais ce sont elles que la télé ou les journaux diffusent parce que ce sont elles qui plaisent à la plupart des gens même s’ils refusent de l’avouer. C’est sûr que c’est plus facile à retenir que les pages de programmes qui nous sont pourtant proposées, au moins par certains d’entre eux. Pour avoir personnellement lu celui de François Hollande, je le trouve sérieux, bien expliqué, financé, social, crédible. Il ne nous promet pas le grand soir ? Tant mieux ! Même si je connais moins les programmes des autres candidats, je sais qu’ils existent et j’ai pu prendre connaissance de leurs propositions les plus importantes. Si l’on souhaite vraiment s’informer, on y parvient : en ce domaine, à notre époque, quand on veut, on peut !

Un seul candidat semble trouver grâce aux yeux d’une certaine partie de l’opinion (même si dans sa très grande majorité, elle est encore loin de vouloir voter pour lui), c’est Jean-Luc Mélenchon. En effet, il pose de vrais problèmes, ces problèmes dont tout le monde dit qu’il faut en parler. Il n’est pas le seul à le faire, mais il a la voix qui porte. Donne-t-il pour autant les bonnes réponses ? Je suis loin d’en être convaincue : s’il est en capacité de faire rêver, ce n’est pas seulement parce qu’il a l’étoffe d’un tribun qui nous ramène quelques dizaines d’années en arrière, c’est parce qu’il dit ce qu’une partie de l’électorat a envie d’entendre. Qui, payé au SMIC, ne souhaiterait pas voir porter celui-ci à 1700 € ? Qui, avec les années qui passent, ne souhaiterait pas pouvoir partir à la retraite à 60 ans ? Qui, engoncé dans ses difficultés, ne serait pas enclin de faire des technocrates européens les boucs émissaires de tous ses maux ? Si Mélenchon peut faire rêver, c’est parce que, quoi qu’il en dise, il est suffisamment réaliste pour savoir qu’il n’aura pas à appliquer son projet politique. Par contre, il sait aussi que plus son résultat sera élevé, plus il sera en mesure de faire pression sur le candidat socialiste. Pour le programme, sans doute, mais aussi pour les élections législatives qui vont suivre et dont on ne souligne pas suffisamment l’importance.

C’est là une grande différence avec un François Bayrou qui, pour sa part, refuse de se positionner seulement en candidat : ses propositions sont aussi celles du Président de la République qu’il ne sera pas en mesure d’être (si l’on en croit les sondages). C’est peut-être à son honneur, mais son positionnement quelque peu dogmatique, dans un centre qui ne penche ni à droite ni à gauche et que la majorité des Français se refuse à soutenir, risque de priver le MoDem des quelques parlementaires qui lui permettrait de ne pas disparaître pendant tout un quinquennat.

Ce billet m’a conduit sans doute un peu plus loin que je n’en avais l’intention. C’était au départ un simple coup de gueule face à la morosité ambiante vis-à-vis d’une campagne présidentielle qui n’emballerait personne. Pour y revenir, et même s’il n’y a pas de raison d’exonérer l’ensemble des candidats de toute responsabilité, même si les médias jouent un rôle volontairement réducteur, je crois, quels qu’en soient les motifs, qu’il y a aussi une certaine paresse intellectuelle chez un trop grand nombre d’électeurs. J’en suis convaincue : quand on veut s’informer, on le peut. La démocratie ça se mérite.

P.S. Par souci de pluralisme, j’ai essayé, pour composer la photo en tête de ce billet, de récupérer une image du programme de Nicolas Sarkozy : sur son site, je n’ai même pas trouvé de programme. Peut-être n’en a-t-il pas ?

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Depuis plusieurs semaines, les militants UMP doutaient. Ils avait hâte de voir leur champion entrer officiellement dans l’arène. Las ! Leurs attentes ont dû être déçues : non seulement, il n’y a pas véritablement eu de déclic, mais pire encore, pas un jour ne se passe sans que le candidat ou l’un de ses proches fassent des bourdes dont profite fort logiquement le premier de ses adversaires. Du coup, plus la campagne avance et plus on a l’impression que le propre parti du Président n’y croit plus. Plusieurs indices militent en ce sens.

– D’abord, cette scandaleuse mais ô combien révélatrice mesure visant à protéger les arrières professionnels et financiers des hauts responsables des ministères en cas de défaite.

– Ensuite, les discussions informelles avec les élus locaux UMP que l’on peut rencontrer ici ou là, sans parler des lapsus dans les réunions officielles : « Vous verrez quand vous serez au pouvoir ! » ou encore « L’an prochain on va bien voir ce que vous ferez ! »…

– Le comportement des poids lourds de la majorité quand Guéant fait de la surenchère sur l’extrême droite : « Je ne l’aurais pas dit comme cela… Le terme est maladroit… ».

– La mise en place progressive de la machine de guerre Copé qui n’hésitera pas, on le verra bientôt, à soutenir certains dissidents internes à l’UMP.

Tout cela ne plaide pas pour une réélection fraîche et joyeuse de Nicolas Sarkozy. Mais évidemment, comme dit un célèbre chroniqueur de France Info, « vous n’êtes pas obligés de me croire ».

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