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Voilà trois jours que nous sommes au Labrador.

En quittant Terre Neuve pour cette partie de la Province, j’avais le sentiment de rejoindre une île plutôt que de retrouver le continent tant les conditions pour y accéder ne sont pas simples.

Notre retour vers Montréal va se faire par la route Trans-Québec-Labrador, plus communément appelée la Translabradorienne. Nous l’avons empruntée à son début – L’Anse au Clair – près de Blanc-Sablon où nous avons accosté. La Translabradorienne est la succession de trois routes : la Hwy 510, la Hwy 500 (toutes les deux entièrement au Labrador) et la route 389 au Québec.

La Hwy 510, dans sa configuration actuelle, n’existe pas depuis bien longtemps. Il y a peu, il était encore impossible de rejoindre le Québec par la route sauf à embarquer sur un bateau à Cartwright sur la côte est pour aller jusqu’à Happy Valley-Goose Bay, la «grande ville» du Centre, en passant par le long lac Melville.

Cette ville, nous y sommes arrivés hier soir après 400 kilomètres de route dont seuls les tout derniers étaient asphaltés.

Nous avons passé de très belles journées à Terre Neuve au sein de paysages magnifiques. Là, nous sommes dans un autre monde : on est submergé par tant d’immensité et de beauté. J’aurais l’occasion plus tard de vous dire le choc qu’a été cette entrée au Labrador.

Pour l’heure, je vais me contenter de faire dans l’anecdotique, histoire de vous associer aux petites choses qui ont rythmé notre journée sur la Hwy 510.

Quand on roule sans rencontrer un village, une simple maison, un poste à essence (ceux qui le connaissent bien ne vont pas le croire, mais mon compagnon a fait l’acquisition dans une station service d’un bidon de 10 litres qu’il a rempli de «regular» pour parer à toute éventualité !), un endroit où boire un café, on est à la recherche du moindre signe venant rompre l’ordinaire. Et celui-ci devient du coup un vrai événement.

Ainsi, quand vous apercevez au loin un panneau, vous spéculez sur ce qu’il va vous révéler : la distance qui reste à parcourir pour arriver à destination, la limitation – bien inutile sur une voie non asphaltée recouverte de gravier – de la vitesse, le nom de la rivière qui coule sous le pont que vous allez franchir, ou toute autre information déterminante…

Vous apprenez à identifier quel véhicule vous allez croiser en voyant à l’horizon la poussière qu’il soulève : quand il y en a beaucoup, c’est un camion, un peu moins et c’est un gros 4×4. Une unique lumière et c’est une moto (très rare sur la 510). Et quelle que soit la supputation, vous décidez de ralentir voire de carrément vous arrêter : le passage du camion qui arrive à toute vitesse (ils sont prioritaires) peut être fatal à votre pare-brise.

Conduire sur ce type de route se révèle assez fatigant donc nous organisons des relais assez brefs que nous effectuons façon 24 heures du Mans (on se la joue un peu quand même !)

Ce qui est sympa, en règle générale, c’est de pouvoir s’arrêter sans gêner quiconque dès que notre regard se pose sur un paysage que l’on veut graver sur la pellicule. Sauf que là, nous avons été confrontés à des attaques sournoises de bestioles toutes aussi redoutables les unes que les autres, notamment les tristement fameuses mouches noires dont j’espérais que la légende avait exagéré la nocivité. Il s’agit de petites mouches (on pourrait les confondre avec de gros moucherons) qui vous piquent comme des moustiques (j’ai appris depuis qu’en fait elles mordent) mais avec des effets encore plus dérangeants : je sais de quoi je parle, j’en ai été la victime à quatre reprises. À chaque fois que nous voulions nous arrêter, elles arrivaient en escadron. Nous avons fini par prendre les photos de l’intérieur de la voiture et, vu la propreté des vitres, ça n’a pas toujours été une réussite. Il ne faudra donc pas m’en vouloir si la qualité des clichés n’est pas au rendez-vous. Depuis, j’ai suivi les conseils de mon ami Patrick : j’ai acheté un filet anti-insectes qui me couvre de la tête aux cuisses. Ne rigolez pas : la population locale l’utilise également.

Ce qui peut aussi vous arriver – et ce fut le cas sur la Hwy 510 – c’est d’être freiné dans votre avancée par des travaux. Il y a peu de temps, dans ces pays où l’hiver arrive vite, pour réaliser les réparations rendues nécessaires par les rigueurs du climat : donc l’été est le moment privilégié pour ça, au grand dam des pauvres touristes que nous sommes. Alors que nous avions hâte de rejoindre notre ville étape de la nuit, la fin de notre périple fut agrémentée de longues périodes d’arrêt pour laisser manoeuvrer de gros engins de chantier faisant leur possible pour combler les trous les plus dangereux.

Racontés ainsi, ces petits événements pourraient donner à penser que notre journée avait viré au cauchemar. Pourtant, le soir au dîner, dans notre hôtel du bout du monde de Happy Valley-Goose Bay, ils ne furent même pas évoqués. Nous avions vu tant d’autres choses…

CôteBidon d'essenceEtangFleuveFilet anti-insectesLacpoussière au loinpêcheursTravaux sur la Hwy 510

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