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Posts Tagged ‘Joëlle Vacca’

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Avec Joëlle Vacca, ma suppléante, et José Boetto, le suppléant de Patrick Mottard, nous avons fait aujourd’hui notre première réunion publique pour les quartiers de Nice Nord.

Prenant le micro chacun à tour de rôle, nous avons pu démontrer que nous formions une véritable équipe, habituée à travailler de conserve : rien de plus normal étant donné les liens d’amitié et la complicité qui nous unissent depuis maintenant de longues années.

La présence dans le public de Jean-Christophe Picard, président du PRG 06, de Patrick Allemand, 1er vice-président du Conseil régional, de Marc Concas, conseiller général et conseiller municipal, m’a donné l’opportunité de rappeler que notre candidature était celle du rassemblement de la gauche (PS, PRG, MRC), des écologistes (EELV, Génération Ecologie) et même du centre (Front démocrate), un rassemblement rendu possible par l’originalité de notre appartenance à l’association « Gauche Autrement »… mais aussi par la bonne volonté des uns et des autres face au risque d’avoir une assemblée monocolore ou tachetée de noir.

Le public attentif, venu nombreux, était là pour mieux connaître nos propositions (le correspondant local du Monde était d’ailleurs présent). Patrick a inscrit une partie de son intervention dans le cadre départemental en rappelant ce que nous avons fait au sein du Conseil général et ce que nous allons continuer à faire dans l’avenir au sein du nouveau Conseil départemental. Il m’est revenu de développer nos propositions pour le canton avec notamment le dossier essentiel de l’aménagement des terrains du Ray.

Une heure plus tard, et après des interviews données aux journalistes de France Bleu Azur et de WebTVNice, il était temps de se rendre dans la salle voisine pour partager l’excellent buffet préparé par nos hôtes du Patoch’s family restaurant, l’occasion de poursuivre les échanges dans une ambiance plus décontractée.

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Sharon et Bo Breguet

Je ne suis pas une fanatique des vernissages où le tout Nice artistico-politique se bouscule pour apercevoir, entre deux discours d’une banalité affligeante et en se mettant sur la pointe des pieds, des œuvres que l’on peut voir tranquillement le jour d’après.

Rien de tout cela aux deux vernissages auxquels nous avons assisté hier après notre marathon au Forum des associations (voir le blog de Patrick).

Dans le cadre, tout d’abord, des expositions « en ville » organisées à son domicile par notre ami Christian Depardieu, nous avons pu admirer l’œuvre de la photographe Hannaka qui travaille en noir et blanc en essayant de capter l’énergie invisible (imperceptible devrait-on dire) qui parcourt aussi bien la grande ville (Mouvements, New York) que les lieux habités (Escaliers, Le Louvre) ou la campagne (Landscape). L’expo est plus qu’intéressante, les hôtes charmants et l’ambiance paisible et décontractée.

Plus tard, c’est au MUSEAAV que nous retrouvons Joëlle, pour une rétrospective Bo Breguet, cet artiste que nous apprécions, cet homme que nous regrettons.

Pour cette expo posthume montée et organisée par sa sœur et sa nièce et grâce à l’impulsion du journaliste Denis Chollet, le sous-sol du musée privé de la Place Garibaldi était le lieu idéal. La simplicité, voire l’austérité du lieu, permet en effet de mettre en valeur l’exubérance et la gaieté des toiles de Bo. Quel bonheur de retrouver ces dessins joyeux presque parodiques, ces clins d’œil à Chagall, cette fausse naïveté voilée parfois d’un peu de gravité (celle de l’homme qu’il était en réalité), tout ce qui fait de Bo Breguet un artiste singulier. Et revoir les nombreuses photos de l’artiste avec son inséparable muse Sharon est très émouvant.

Quant au public, il a lui aussi toujours été un peu singulier dans les expos de Bo. Il le reste. C’est un public qui se parle pour évoquer l’artiste, le couple, l’œuvre, sans superficialité, avec tendresse. Un public à la Bo et à la Sharon.

Dans ces conditions, un vernissage devient un moment spécial, un moment rare. De ceux qui rendent la vie un peu plus jolie.

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Patrick Mottard et Joëlle Vacca

Depuis dimanche dernier et mon élimination du second tour des cantonales, je ne compte plus les messages de déception de celles et ceux qui s’étaient impliqués dans ma campagne, et les messages de colère aussi contre les partis de gauche qui ont volontairement décidé de prendre le risque, complètement assumé voire revendiqué, de ne laisser au choix des électeurs que des candidats de droite et d’extrême droite dans le 7e canton.

Mais je préfère retenir les témoignages de soutien, d’amitié, d’affection de proches ou d’inconnus. Je réponds petit à petit à ces mails qui me touchent beaucoup.

Je participais ce soir à la réunion organisée par Patrick Mottard et Joëlle Vacca pour le deuxième tour dans le 5e canton. Et quel bonheur de se trouver au milieu de gens généreux, chaleureux qui ont été nombreux à témoigner de leur attachement aux valeurs de la République… et au conseiller général sortant. L’émotion était palpable et m’a redonné confiance envers mes concitoyens, une confiance pourtant bien ébranlée depuis dimanche soir par les résultats de l’extrême droite dans notre région.

Car cette émotion n’empêchait pas la mobilisation face au danger de voir arriver au Conseil général des Alpes-Maritimes des fantoches venus d’on ne sait où avec pour seul programme un discours démagogique national copié-collé qui n’a d’autre but qu’attiser la haine et renforcer l’exclusion.

Alors oui, cette réunion m’a fait du bien, nous a fait du bien : quand nous nous sommes quittés, j’avais la conviction que chacun, dans son milieu, sa famille, son quartier, allait faire le maximum pour que ce 5e canton, si cher à Patrick, populaire et convivial, ne devienne pas dans quelques jours un territoire montré du doigt par la France entière.

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Mon amie Joëlle Vacca, amoureuse des livres (elle en a d’ailleurs fait son métier), a signé dans Le Patriote de la semaine dernière un article sur une œuvre de Rosalinde Rancher, La Nemaïda. Le poète niçois ayant donné son nom à l’école du 7e canton qui accueille le plus d’enfants, Joëlle a accepté que je reproduise ici son texte. Bonne lecture.

Rosalinde Rancher

Le poète niçois, Rosalinde Rancher, publie en 1823, « La Nemaïda : o sia lo trionf dei Sacrestan, poëma nissart ». (1)

Ce poème épique en sept chants et 2740 alexandrins est le premier texte imprimé en niçois moderne. Truculent et burlesque, il s’inspire d’un fait-divers local : une dispute entre les sacristains et les marguilliers d’une église autour d’intérêts financiers divergents, à laquelle se mêle une intrigue sentimentale contrariée …

« Point d’allusions, point de personnalités, point de caricatures dans mon poème…. » : l’avertissement prudent de la préface écrite en français ne trompe personne. Et surtout pas le puissant « parti de l’Eglise » qui se sent ridiculisé par la fable. Ce qui vaudra au pauvre Rancher quelques bastonnades dans les ruelles obscures du Vieux Nice et deux heures de cachot… en 1829. Déçu et craignant la censure, il prend la décision de ne plus rien publier de son vivant sinon quelques poèmes de circonstance et un guide de Nice à l’usage des étrangers. Désormais, il réservera à ses amis la lecture de ses textes niçois plus audacieux.

Pourtant, à sa publication, la Nemaïda reçoit les soutiens de l’académicien Raynouard, et du poète provençal Dioulifet. Tous deux perçoivent l’enjeu du poème de Rancher dans le nouvel essor du dialecte niçois et plus largement dans le renouveau des langues provençales.

Malgré cette reconnaissance Rancher semble bien isolé et presque oublié à Nice : il faudra attendre 1954 pour découvrir l’ensemble de son œuvre dans une publication complète : La Mouostra Raubada (achevé en 1830), Le Fablié Nissart (achevé en 1832), et les quatre poèmes formant le cycle de Nem. (2)

« Che sierve de si plagne e de si reghignà, lou Destin nen comanda e tougiou voù regna » ( La Némaïda, p. 85)

De fait, la vie de Rancher est d’une grande discrétion et suit les aléas d’un moment de l’histoire plutôt agité. Il est né à la veille de la Révolution, le 19 juillet 1785, dans la maison familiale située sur l’actuelle Place Vieille, en plein cœur du Vieux Nice ; Rosalinde est le septième enfant d’une fratrie de neuf. A 16 ans, il est boursier au lycée de Marseille. Il y reste trois ans et obtient des résultats brillants notamment en littérature et latin. Sa formation intellectuelle est marquée par le système éducatif mis en place par le Consulat et l’Empire : une solide culture classique et universaliste au service de l’Etat.

Après ses études, le jeune homme part gagner sa vie en Italie, alors sous domination française : Florence, Arezzo, Livourne, Alessio, Savona… Il est fonctionnaire, puis agent commercial pour une compagnie anglaise. Première attestation de son activité littéraire à Arezzo, il est admis à l’Accademia Petrarca.

Mais la chute de l’Empire mettra un terme à ses années « vagabondes » et « ruinera » sa carrière professionnelle .

« Je fis (la Némaïda) pour me délasser de mes matérielles occupations bureaucrates » (1)… (préf., la Mousta raubada)

Quand il revient, en 1814, vivre auprès de sa mère et ses deux sœurs, le Comté de Nice est à nouveau sous la suzeraineté de la Maison de Savoie. « Tutt coma dinans », le « tout comme avant » de Victor Emmanuel Ier sonne comme un glas, mais les niçois en ont assez des guerres, de la conscription et du blocus anglais…

Alors, la petite ville de 25000 âmes s’endort, elle se fait même oublier : elle sera l’une des plus pauvres du royaume de Sardaigne. Conservatrice, elle se tient à l’écart des troubles qui agitent le Piémont et qui seront « matés » par des généraux niçois.

Rosalinde reprend des études de droit, travaille quelque temps auprès d’un avocat. Puis il rentre dans l’administration en 1821 comme « écrivain juré » au « Magistrat Suprême du Consulat de commerce et de la Mer », avec un salaire de « famine »(3 ). Mais pour « se délasser » le poète a plusieurs cordes à son arc : connu pour être musicien et surtout bon violoniste, Amédée Acchiardi de Saint Léger, Consul de la ville, lui propose de s’occuper de l’orchestre du nouveau théâtre de Nice et d’assister aux répétitions. Apprécié pour sa culture et pour son esprit, Rancher est entouré d’amis et protecteurs influents : Hilarion de Cessole, Barralis, François Malausséna …

Joëlle Vacca

Enfin, la vie sentimentale du poète demeure « mystérieuse » . Sans pouvoir l’affirmer, on a vu dans la Nemaïda, son histoire d’amour contrariée avec une demoiselle de la bourgeoisie niçoise, personnifiée dans le texte par l’idylle entre Lubin et Courina ; la belle famille à l’origine de cet échec serait représentée par les personnages de l’Envie : « plus seca qu ‘un bescueç » et « li tre souorre » : la Discorde, la Calomnie, et l’hypocrisie. Quoi qu’il en soit Rancher passe les dernières années de sa vie avec son frère Adrien, tous deux sont célibataires. Il meurt dans sa maison du Vieux Nice en 1843.

Peut-être la seule passion de Rosalinde, sa muse « rangheta », un peu boiteuse, qui occupe ses journées et son ennui, est la poésie et plus encore la langue niçoise.

« Lorsque j’ai publié le poème la Némaïada, je n’ai aspiré à aucune gloire littéraire (…) Je le fis (…) parce que (…) tout en peignant les localités et les mœurs du pays, il en fixerait la langue… » (préf. La Mouostra Raubada)

En effet, à travers ces principaux poèmes, Rancher dresse un tableau souvent cocasse et irrévérencieux de la vie niçoise des années 1820 : coutumes, repas, gastronomie, urbanisme, manques d’hygiène, travail, mariage, délinquance. Loin de tout folklore, il nous entraîne dans les bas -fonds du quartier du Port :
« bornigon sugous che formon li barraca »,
auprès des jeunes ouvrières, des prostitués faméliques :
« catins (..) che non es che tres fes anada a l’espitau » .
Profondément marqué par son passage au cachot suite à la publication de la Némaïda, il relate l’expérience dans la Mouostra Raubada :
« Vou pinti lou croton, perché se ch’es lou sabi »
« Lou perché l’y m’han mes degun non nen sau rem »
Mais, pour cet humaniste, la souffrance ne s’arrête pas aux frontières du Comté niçois. Dans La Nemaïda, il exprime son pacifisme dans des mots très forts :
« L’autre remplit de sanc, crida, non gieughi plus,
E li fa l’enemic au pieç un larc pertus »,
dans la Mouostra raubada et les Fabla il évoque l’expédition d’Alger de 1830 : « un conflit afrous », et les esclaves noirs : « lou negre a li sucriera enflat dai coù de barra ».( 4)

Les vices humains sont toujours présents, personnifiés dans la Nemaïada : Envidia, Discordia, Calonnïa, ipocrisia ; médisance, cupidité, vol, brutalité dans la Mouostra, et enfin, le fabla dénoncent l’ingratitude et l’inhumanité du monde.

Ces poèmes en dialecte illustrent le travail de linguiste passionné entrepris par Rancher : il recherche les vieux mots, les tournures caractéristiques et montre par la richesse de ses images et les nuances de ses expressions toute la potentialité du niçois.

De plus, à son époque le dialecte est encore parlé à Nice par toutes les classes sociales, mais il est rarement imprimé, il en fixe donc l’orthographe dite « italianisante », qui est encore utilisée de nos jours. A la lecture des textes des troubadours, Rancher constate la pérennité de cette langue qui a traversé les âges et dans laquelle le français et l’italien ont puisé une partie de leur vocabulaire. De fait, retournant aux sources de la langue, il démontre qu’au-delà des frontières et de l’instabilité des Etats, le niçois se rattache l’ensemble des langues d’Oc et qu’il est une langue romane.

Ecole Rosalinde Rancher

Plus tard, en 1901, longtemps après la mort du poète niçois, Frédéric Mistral sera catégorique. Rancher est le « père » du niçois moderne et le précurseur de la renaissance des langues d’Oc : « La lengo prouvençalo dins sa formo niçardo es estado fissado per Rancher » (19 juin 1901, lettre à Jules Eynaudi).

Notes :

1 – La Nemaïda, Rosalinde Rancher, Nice : Imprimerie De La société Typographique : 1823
2 – Les œuvres de Rancher : La Nemaïda, La Mouostra raubada, Lou Fablié Nissart, André Compan (éd.), publication spéciale de la Revue des Langues Romanes, Nîmes, 1954
3 – Op. cit., André Compan, Introduction p. 5 à 53.
4 – Les choix d’extraits des poèmes de Rancher en niçois sont tirés de l’article : Relecture de Rancher, Rémy Gasiglia, Nice-Historique, 1985, N°87

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