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Posts Tagged ‘Festival de Cannes 2017’

Good time, Josh et Benny Sadie (USA)

Un homme un peu simple d’esprit est interrogé par un psy. Il lui lit des proverbes et lui demande ce que ça signifie, puis ce que lui évoque le rapprochement de certains mots.  » – Oiseau et poêle à frire ? – Les deux font mal », et le patient de raconter une histoire avec sa grand-mère au terme de laquelle il avait envoyé une poêle contre un mur. Il s’énerve de plus en plus. Son frère arrive et le fait sortir après avoir déchiré les notes du psy. Une fois dans l’ascenseur de l’hôpital, il le rassure et le serre contre lui.

Dans la scène suivante, deux hommes masqués font un hold up dans une banque…

Une femme douce (Krotkaya), Sergei Loznitsa (Ukraine)

Un vieux bus arrive sur une route de campagne au coucher du soleil. On voit de loin une femme et sortir et traverser un champ. Elle disparaît de l’écran. On la retrouve rentrant chez elle, une modeste maison de bois. Elle nourrit son chien, prend vite fait une assiette de soupe et une tranche de pain et lit une lettre. Elle se rend le lendemain à La Poste : un colis qu’elle avait envoyé lui est retourné et on refuse de lui expliquer pourquoi. N’obtenant pas de réponse, elle voudra en savoir plus. Il s’agissait d’un colis qu’elle avait adressé à son mari en prison. Pendant tout ce temps, son visage restera impassible. Ce fatalisme ne la quittera guère durant tout le film sans entamer pour autant sa détermination malgré les rebuffades qu’elle aura à subir.

Aus dem nichts (In the fade), Fatih Aken (Allemagne)

Nous sommes dans un établissement pénitentiaire. Arrive un homme tout de blanc vêtu qui est applaudi par l’ensemble des prisonniers au milieu desquels il passe. Il va retrouver la femme qu’il doit épouser.

On les retrouve quelques années plus tard. Il est sorti de prison et a fondé avec elle une jolie petite famille. La femme conduit l’enfant au bureau de son mari où elle le laisse pour aller faire des courses avec une amie. Ils sont tous les deux Allemands, lui d’origine turque.

PRIX D’INTERPRÉTATION FÉMININE POUR DIANE KRUGER (ajouté le 28/5)

L’amant double, François Ozon (France)

Une femme se fait couper les cheveux, le regard vide. Après le générique, on la voit chez sa gynécologue qui lui dit que le mal au ventre dont elle se plaint doit être d’origine psychologique. Elle se rend chez un psychiatre pour en parler car tous les médecins qu’elle a vu jusqu’alors n’ont pu trouver l’origine de ces douleurs.

Commencera alors une relation quelque peu étrange.

D’après une histoire vraie, Roman Polanski (France-Pologne)

Une femme enchaîne les dédicaces de son dernier roman chez un libraire. Elle est indifférente aux compliments qui lui sont faits : ça la rend manifestement très lasse. Elle est sur le point de partir quand arrive une femme qui insiste pour faire signer son exemplaire.

On les retrouvera dans un café et une complicité va commencer à naître entre elles.

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The Meyerowitz stories, Noah Baumbach (USA)

Quelques notes au piano accompagnent le générique qui contrastent avec les bruits de circulation et la musique émise par un autoradio de la première scène. Le conducteur chante avec enthousiasme tout en pestant contre les embouteillages et ses difficultés à trouver une place de stationnement dans Manhattan. Ce personnage extraverti et bavard (Danny) est accompagné de sa fille, beaucoup plus raisonnable, qui essaie de le calmer. Ils arrivent devant une maison, celle du père et grand-père, et ont la surprise de trouver la porte ouverte. Danny le fait remarquer à son père qui à son tour le signale à sa femme qui n’est pas présente dans la pièce et lui répond, de l’étage, que c’est pour l’employé du gaz. Réponse du père : « mais ça fait trois jours qu’elle est ouverte ! » Le fils: « Maureen a encore trop bu ». Le vieil homme le nie : elle ne boit plus et cela depuis qu’il le lui a demandé. Son ego est tellement fort qu’il croit à ce qu’il dit.

Nous sommes avec les premiers membres de la famille Meyerowitz, pour la plupart des artistes méconnus ou qui ont abandonné leur vocation. Nous découvrirons les autres peu après. Une histoire et un style qui s’inspirent de Woody Allen avec une distribution remarquable et quelques répliques très drôles.

Le redoutable, Michel Hazanavicius (France)

Voix de la narratrice, en forme d’hommage à Godard. C’est celle d’Anne, sa femme. « La Nouvelle vague, c’était lui. Et je l’aimais ».

Suivie de la voix du narrateur (Godard). « J’ai toujours su qu’elle partirait. Trop jeune, trop belle. La petite-fille d’un romancier gaulliste ».

Nous sommes en 1967 et il a confié à Anne le rôle de l’étudiante maoïste dans La Chinoise qu’il vient de tourner.

Le film va se poursuivre pendant les événements de mai 68. Louis Garrel se glisse magnifiquement dans la peau du Jean-Luc Godard tel que le voit Hazanavicius, inspiré par son ex femme. Le personnage est crispant ! À éviter pour les aficionados inconditionnels du maestro. Les autres riront beaucoup.

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Wonderstruck, Todd Haynes (USA)

Un enfant effrayé court dans une forêt enneigée poursuivi par un loup. Son T-shirt orange est la seule tache qui ressort dans cet univers noir et blanc. L’enfant se réveille en criant dans sa chambre : il vient de faire un cauchemar. Un placard nous apprend que nous sommes en 1977, dans le Minnesota.

Le film nous permettra d’évoluer tour à tour dans l’univers de cette année-là ainsi que dans celui de 1927 qui voit se dérouler une histoire parallèle. La reconstitution des décors de ces deux époques est sans doute la plus grande réussite du film.

Voir la critique sur le blog de Patrick Mottard.

Faute d’amour (Nelyubov), Andrey Zvyagintsev (Russie)

Le film s’ouvre avec un gros plan sur un arbre aux branches nues sur fond de ciel blanc. La musique inquiétante et assourdissante s’interrompt brutalement. Le plan s’élargit : nous sommes dans un parc enneigé, les arbres se reflètent dans l’eau d’un lac où passent des canards. Sur le plan suivant, on découvre un bâtiment qui doit dater de l’époque soviétique avec un drapeau russe sur la façade. Progressivement des adolescents en sortent, de plus en plus nombreux. Parmi eux, un jeune garçon s’éloigne, seul. Vêtu d’un anorak rouge, il porte un bonnet noir. Il traverse le parc.

L’ambiance est glaciale et pas seulement à cause de la neige. Le film s’annonce dur. Il tiendra ses promesses…

PRIX DU JURY (ajouté le 28/05)

Voir la critique sur le blog de Patrick Mottard.

Jupiter’s moon, Kornél Mundruczo (Hongrie)

Un texte défile sur l’écran qui évoque les soixante-sept lunes de Jupiter parmi lesquelles Europe.

Le film s’ouvre sur des caisses dans lesquelles sont entassées des poules qu’on devine à travers des barreaux. À côté, des migrants épuisés. Ils sont dans un camion qui roule dans la nuit. Personne ne parle, mais il y a beaucoup de bruit : le caquètement des poules, les pleurs d’une enfant… Un homme passe son bras sur les épaules d’un plus jeune et le serre contre lui. On devine qu’il s’agit de son fils et qu’il veut le rassurer. Le camion freine brutalement. On retrouve les passagers avançant rapidement dans une forêt telles des ombres ombres dans le brouillard.

Cette scène d’un grand réalisme comme celles, dramatiques, qui suivront, ne nous prépare pas à ce que sera finalement ce film, une fable sur les dérives autoritaires de notre époque dans une Hongrie qu’on n’a guère envie de connaître.

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