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Posts Tagged ‘Écosse’

(suite)

Si les paysages sont grandioses, ils ne sont pas écrasants. Ils restent très humains. Est-ce à cause des petites taches blanches des moutons de plus en plus nombreuses ?

La pluie ne nous gêne plus. D’ailleurs elle ne tombe que par intermittence. Et puis, on s’habitue : je suis devenue une vraie Écossaise. J’aime bien m’identifier aux lieux où je séjourne. C’est ainsi que je suis tour à tour une femme de la campagne en zone rurale, un « homme » des bois en forêt, une exploratrice dans les terres lointaines et isolées. Ou plutôt, je joue à l’être.

Là, je suis donc une Écossaise. Enfin presque… En descendant la côte ouest et en passant deux journées à l’île de Skye, j’ai réalisé que j’avais encore un peu de boulot à faire sur moi-même pour que la transformation se réalise pleinement.

Il faut savoir – et ceux qui me connaissent bien le savent – que j’ai une peur panique des bestioles qui volent, sautent, rampent, dont la proximité me fait partir dans un ballet plus proche de la danse de Saint-Guy que d’une chorégraphie à la Claude François (quoique…). Eh bien, patatras ! Sur cette île magnifique et alors que nous avions la chance d’être hébergés dans un B&B magique tenu par Sheila dans la baie de Staffin (vers la pointe nord de Skye), ma route a croisé celle – redoutée depuis notre départ – des midges, de minuscules moucherons piqueurs qui, s’ils ont miraculeusement épargné mon compagnon (non mais, pourquoi ?), s’en sont largement pris à moi, m’empêchant de profiter en toute sérénité de cette île désormais reliée au reste de l’Écosse par un pont, où j’avais absolument tenu à ce qu’on se rende après les échos flatteurs qui étaient parvenus jusqu’à moi. Ces échos et les photos qui les accompagnaient ne mentaient pas : on ne peut manquer l’île de Skye quand on va en Écosse, ni ses montagnes à l’herbe rase, si ses falaises et ses rochers escarpés, ni ses vaches aux cheveux longs à l’allure de hippies.

C’est pourtant presque avec soulagement que je franchirai le pont en la quittant lorsque nous nous dirigerons vers Glasgow. Sur notre route, une belle surprise : le Kilchurn castle, dont nous avions aperçu les ruines au loin, au bord d’un lac, et où nous n’avons pas hésité à nous rendre en franchissant les quelques centaines de mètres qui y conduisaient sous une pluie battante. Mais au bout du petit chemin, quelle récompense ! Seuls au monde dans l’ancien domaine des Campbell, lords de Glenorchy.

Si j’avais une légère appréhension en arrivant à Glasgow (le retour à la « civilisation » est toujours un peu délicat), elle s’effaça vite. La ville est agréable et nous y avons rapidement trouvé nos marques, notamment au Pot Still, l’un de ces pubs écossais où l’ambiance est si chaleureuse et pas seulement par les effets conjugués de la bière et du whisky.

Depuis hier, nous roulons de nouveau à droite. Il fait beau. Pas une goutte de pluie en vue, pas de petits moutons, et bientôt les moustiques tigres. Je n’irai pas jusqu’à dire que je regrette déjà les midges, encore que…

 

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Après avoir quitté Aberdeen et les Grampians, direction le Nord et ses promesses – tenues – d’un environnement spectaculaire.

La porte d’entrée c’est Inverness près du fameux lac. Nous sommes sans doute dans la partie la plus touristique de l’Écosse ce qui explique le véritable racket organisé par les hôteliers (prix abusifs pour des prestations moyennes) dans un pays où la mesure du nombre des visiteurs semble ne pas avoir été prise puisque les hébergements sont nettement insuffisants.

Il ne faudrait pas pour autant se méprendre. La région n’est pas envahie par les touristes : ce n’est pas la Côte d’Azur au mois d’août ! Cela est vrai y compris pour le Loch Ness où il ne nous a pas été donné de voir le monstre mais qui nous a permis de découvrir, pas toujours sous la pluie, quelques beaux paysages agrémentés ici ou là de châteaux en ruines. Et puis Inverness restera gravé dans nos mémoires comme la ville où nous avons vus nos premiers joueurs de cornemuse, en kilts comme il se doit.

Notre montée vers le Nord va se faire par la côte est. Plus ou moins proches, nous pourrons voir les nombreuses plateformes pétrolières (je ne peux m’empêcher de penser à Nikiski et à l’Alaska) qui ont fait la richesse de l’Écosse avant la chute des prix mais qui continuent à fonctionner en même temps que le pays s’oriente vers les énergies renouvelables.

C’est dans ce même secteur que nous aurons l’occasion d’en apprendre un peu plus sur les Highland Clearances, déplacements forcés des populations après les rébellions jacobites du début du XVIIIe siècle. Les chefs de clans écossais qui avaient survécu aux attaques britanniques et n’avaient pas choisi d’émigrer en Amérique sont devenus de gros propriétaires terriens conduits à élever des moutons pour les vendre aux Anglais. Pour ce faire, ils poussèrent de nombreuses familles aux revenus modestes à quitter les terres cultivées ou les expulsèrent dans de petites fermes au bord de mer, là où l’agriculture était impossible (les Lowlands) et où ils avaient le plus grand mal à survivre. Nous sommes allés sur les lieux d’un petit village en ruines, Badbea, en haut de falaises parfois tellement ventées qu’animaux et enfants devaient être attachés pour ne pas tomber ! Seuls sur le site, assis sur des pierres, vestiges du mur d’une ancienne maison, admirant pourtant le paysage, on pouvait imaginer sans peine la dureté des conditions de vie de ces anciens paysans. Beaucoup décidèrent dès lors de quitter leur pays pour se rendre aux États-Unis ou au Canada. Un peu plus loin sur la route, nous aurons le plus grand mal à trouver le monument en bronze qui rappelle cette époque tragique : une famille quittant sa maison pour commencer une nouvelle vie de l’autre côté de l’océan.

En continuant à monter ver le Nord notre but premier était la petite ville de John o’Groats et Duncansby Head, l’extrême pointe nord-est de la Grande-Bretagne. Là, il faut que je vous explique comment nous précisons nos itinéraires. La lecture de nombreux guides de voyage n’est pas notre seule source d’inspiration. En effet, nous aimons bien aussi nous rendre dans des lieux qui nous ont été recommandés par des proches. Généralement, ils réservent de bonnes surprises et surtout nous apportent un petit plus, ce petit plus qui, par-delà les années, nous permet de retrouver ceux que nous connaissons dont les pas ont précédé les nôtres sur des terres plus ou moins lointaines.

De ce point de vue, j’avais été plutôt surprise de constater qu’assez nombreux étaient ceux qui avaient visité l’Écosse. Il en a été ainsi de Penarth près de Cardiff (là c’était au Pays de Galles, merci Renato), du mur d’Hadrien (merci Patrick C.) ; il en sera plus tard ainsi d’Ullapool (re-merci Renato) ou encore d’Oban (merci Jean-Pierre)… C’était également le cas de John o’Groats dont m’avait parlé ma soeur Michèle. Après quelques centaines de mètres de marche sur un sentier qui peu à peu s’efface pour vous laisser poursuivre votre avancée en déambulant sur l’herbe humide, on débouche au sommet d’une impressionnante falaise surplombant les Stacks of Ducansby, deux hauts rochers pointus se dressant au large.

Sur la North Coast 500, l’endroit valait plus que le coup d’oeil, même si le « vrai » point le plus au Nord est Dunnet Head à une vingtaine de miles de là où nous avons pu assister, en solitaires, à un superbe coucher de soleil.

(à suivre)

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Le but de tout voyageur qui se respecte, quand il se rend en Écosse, c’est les Highlands, et même le nord des Highlands. Fallait-il monter au plus vite vers ces hautes terres, ou bien prendre le temps de découvrir progressivement le pays ? C’est la question que nous nous posions en visitant le château de Sterling, notre première étape après avoir quitté le Pays de Galles et « franchi » le mur d’Hadrien.

Nous choisîmes une solution intermédiaire : direction les Highlands mais en commençant par le sud, à priori moins spectaculaire. Cette montée en puissance m’agréait et j’ai donc convaincu Patrick de nous attarder un peu dans le centre-est du pays du côté d’Aberdeen et des monts Grampians. Il faut dire que j’avais un argument massue : on allait pouvoir faire la vallée du whisky (single malt only) ce qui ne pouvait que séduire sinon le fin connaisseur du moins l’amateur éclairé qu’il est depuis quelques années.

Et je ne l’ai pas regretté. Non pour le whisky qu’à ma grande confusion je n’apprécie pas mais pour tout le reste. Si la ville grise d’Aberdeen, l’une des plus riches d’Écosse, me laissera sans doute un souvenir contrasté, ce ne sera pas le cas des délicieux (je ne pensais pas utiliser un jour cet adjectif pour qualifier l’Écosse, et pourtant…) paysages au travers desquels nous avons roulé. Le vert si tendre des prairies parsemé des petites taches blanches des moutons ou brunes des bovins, le jaune paille des champs de blé, le rose vif des épilobes omniprésentes, les rivières quasiment bucoliques ne pouvaient que séduire.

Et puis si la vallée de la Spey, celle du pur malt, ne fut pas oubliée, il y eut aussi sur notre route, des églises et des châteaux, les plus fascinants en ruines bien sûr, comme le Dunnottar castle, au sud d’Aberdeen, ou la vieille cathédrale d’Egin plus au nord.

Le climat écossais, si particulier, nous a peu gênés. Bien sûr le ciel est souvent gris mais il lui arrive d’être bleu, le soleil en général discret peut être parfois éclatant, la pluie, fréquente, ne tombe que par épisodes et ses gouttes, contrairement à celles des orages niçois, ne sont pas un obstacle aux balades. Il suffit d’être un peu équipés, comme tout le monde l’est ici, en gros une veste imperméable et de bonnes chaussures. Ainsi parés, on n’a peur de rien !

Finalement, cette partie de notre séjour ne se contenta pas d’être une introduction à ce que nous allions trouver en continuant à monter. La région n’est pas qu’un début : elle a son propre charme.

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