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Jardins de Bella Vista

Avec le temps magnifique dont nous gratifie la météo, ce début d’automne ressemble plus à un début d’été. Un vrai été indien.

Du même coup, sous le doux soleil, les manifestations conviviales programmées à l’extérieur sont aussi nombreuses qu’en juin.

Ce week-end, des habitants de Bella Vista avaient eu la bonne idée d’organiser un pique-nique familial dans leurs jardins, qu’avec José et Patrick nous avons avec plaisir partagé, avant de nous lancer dans l’incontournable partie de pétanque. Nous en avons profité pour, comme on dit dans les campagnes, « marquer le coup » – certes prématurément car il faudra attendre la décision du Conseil d’Etat – de l’annulation de l’élection du 7e canton par le Tribunal administratif.

Et ce dimanche, le vide greniers du comité de quartiers de Cimiez, annulé il y a quinze jours pour cause de mauvais temps, pouvait enfin avoir lieu sur le terrain des sœurs Clarisses du côté de Sainte Colette. L’endroit est toujours aussi magnifique qu’insolite, les visiteurs affairés et le rosé gouleyant. Cette année, toutefois, je me suis fait une remarque : les élus niçois sont décidément semblables aux bernard-l’hermite (ne voyez aucune malice à cette comparaison) : quand l’année n’est pas électorale, on ne les voit plus. Ils sont probablement au fond de leurs coquilles…

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Cimiez 9 h : prêts à démarrer…

 

Comme tous les samedis, nous avons droit ce matin, avec José mon suppléant, à la dream team. Antoine, Caro, Gérard, Henri, Lucien et Rose sont là.

Au programme du jour, deux lieux symboliques : le Monoprix de Cimiez, celui des belles voitures allemandes, et le Marché U du Vallon des Fleurs, celui des fins de mois difficiles. Une façon de ressentir physiquement que le 7e canton est une terre de contrastes… sociaux.

Si mon équipe est nombreuse et performante, le dispositif de mon adversaire UMP (en ce dernier lieu en tout cas) me semble beaucoup plus léger : deux militants puis un seul qui a de surcroît le malheur de vouloir convaincre certains de mes supporters comme mon vieil ami (de trente ans !) Albert.

La matinée sera l’occasion de vérifier l’efficacité de mon message sur la représentation féminine au Conseil général : un constat qui interpelle non seulement les femmes mais aussi, j’ai pu le constater aujourd’hui, les hommes.

Après plusieurs heures de dialogue pour mon suppléant et pour moi et de crapahutage tous azimuts pour les autres (les filles feront même quelques heures sup’ dans l’après-midi avec José !), ce fut l’heure de la pizza au 34, le kiosque-restau de l’avenue du Ray, juste en face du stade. Là, il me semble bien avoir vu une lueur d’impatience mêlée d’inquiétude dans les yeux de José. Il est vrai que dans quelques heures, un certain Nice-Lens…

11 h : discussion au Vallon des fleurs

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BB King

En allant au Nice Jazz Festival hier, je m’attendais à passer une soirée sous le signe de la nostalgie. Si l’on en croit les annonces du ministre-maire, il est fort possible que ce soit la dernière année qu’il se tienne à Cimiez pour émigrer du côté du jardin Albert 1er. Si j’ai conscience des troubles occasionnés aux habitants du quartier, plus par le stationnement des véhicules que par la musique d’ailleurs, je regretterai ce déplacement. Pour moi, en effet, comme pour beaucoup de Niçois, le lieu choisi en 1974 était un plus pour ce Festival. Combien de soirées ai-je passé avec des amis sous les oliviers ou dans les arènes ! Quel bonheur de terminer la soirée au son de la trompette de Miles Davis ou de celle de Dizziy Gillespie… Le festival s’appelait alors « La grande parade du jazz »…

IMG_2968Pourtant, aucun sentiment de ce genre n’est venu me submerger. Il faut dire que du fait des travaux dans les arènes, l’une des scènes – la plus emblématique – avait disparu. Et au lieu d’avoir trois podiums à la programmation concurrente, on se retrouvait avec deux scènes à la programmation alternative. Du coup, le public, au lieu de choisir tel artiste plutôt que tel autre, quitte à abandonner l’un en cours de récital pour aller en écouter un autre, transhumait de conserve des jardins à Matisse. Il faut dire aussi que le Village VIP, sans doute nécessaire pour aider au financement, situé cette année en bordure de la scène des jardins, ne contribue guère à la convivialité de l’ensemble, convivialité qui est la particularité de ce festival hors normes. Son charme pour les uns, son défaut pour les autres.

IMG_2972Pour ma part, j’ai toujours apprécié ce côté bon enfant et « non aficionado » du jazz à Cimiez. Déambuler dans les allées, écouter de la bonne musique, manger une portion de socca accompagnée d’un petit verre de rosé, rencontrer des amis… Oui, j’aime ça. Sauf que, hier, je n’ai pas vraiment retrouvé les mêmes sensations. Nous étions pourtant en bonne compagnie avec Luc et Joëlle, nous avons pourtant mangé la socca et bu le rosé, rencontré quelques amis (de moins en moins chaque année cependant me semble-t-il : je ne sais si le tarif est en cause mais les Niçois qu’on avait l’habitude d’y croiser habituellement se font plus rares).

IMG_3003Et il n’y avait rien à redire quant à la qualité des artistes : une bonne – très bonne – soirée de blues. Les guitares furent à l’honneur et ça a déménagé ! Susan Tedeschi, en ouverture, jeune femme presque fluette mais à la voix qui l’était beaucoup moins (surprenante), suivie de Joe Bonamassa qui déboule toutes cordes dehors (époustouflant), précèdèrent sur la scène des jardins le Roi de 83 ans, massif, impressionnant : BB King, le fidèle du festival niçois, qui, entre deux accords, joue de sa complicité avec un public acquis depuis des années.

IMG_2985Pendant ce temps, le jazz, sur la scène de Matisse, émergeait péniblement : Madeleine Peyroux avait du mal à imposer son joli mais petit timbre de voix ; un peu plus de succès pour le leader charismatique de Magma (qui sera en concert ce soir), Christian Vander, et son quartet.

Eh bien, malgré tout ça, non, le charme n’y était plus vraiment. Et, alors que je volais une photo du royal et furtif salut de la vedette du jour au fond de sa limousine, je me suis surprise à penser que le jazz avait peut-être déjà quitté la colline…

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dbm01Monique Jannet et Pierre-Antoine Gatier

Le comité des quartiers de Cimiez-Rimiez-Brancolar-Scudéri-Cdt Gérôme continue à explorer le temps. Mais pas seulement.

En effet, pour la deuxième conférence, toujours en collaboration avec le musée archéologique de Cimiez, le Président Lubrano et son équipe avaient décidé d’inviter Pierre-Antoine Gatier, architecte en chef des monuments historiques et Inspecteur général de ces mêmes monuments. Heureusement que son avion, qui risquait de ne pas pouvoir quitter l’aéroport d’Orly pour cause d’intempéries, a fini par décoller. Pour la plus grande chance de ceux qui sont venus l’écouter parler « du projet de restauration et d’accueil du public » du site archéologique.

Mais avant cela, il fallait faire un petit retour en arrière, un retour sur l’histoire de la redécouverte et des fouilles du site, un « site extraordinaire, fascinant par sa stratification historique ». Parce qu’aux XVIIe et XVIIIe siècles, il n’y avait plus là que des terres agricoles. Et c’est après le rattachement du Comté de Nice à la France que l’amphithéâtre de Cimiez, en même temps que le Trophée de la Turbie, fit l’objet d’un classement aux monuments historiques, l’un des premiers, puisqu’on était en 1865 et que ce type de classement n’existait que depuis 1840. Immédiatement on y fit les premières fouilles (notamment l’architecte niçois, Brun).

Les vestiges les plus importants de la ville antique se trouvaient sur la propriété des Garin de Cocconato autour de leur villa (l’actuel musée Matisse). Les photos que nous avons pu voir, datant du img_0248-2milieu du XIXe siècle, montrent un amphithéâtre en ruine dont l’arène était envahie par les plantations. Une route communale le traversait pour relier Cimiez à Nice. Au début du XXe siècle, sous l’impulsion de Jean-Camille puis Jules Formigé, une restauration globale des arènes est envisagée. Mais en 1923, Edwige, la dernière habitante de la propriété la vend à une société immobilière. La construction d’un lotissement est prévue ce qui fait réagir les sociétés savantes niçoises. Leur mobilisation, relayée à Paris par Jules Formigé, aboutira à l’acquisition de la propriété par la Ville. La villa Garin de Cocconato, à l’origine Palais de Gubernatis, va ainsi devenir la villa des Arènes.

A la fin de la première moitié du XXe siècle, les grands projets de Duval vont projeter Cimiez dans la grande connaissance scientifique : on réalise que les vestiges du site à côté des arènes ne sont pas ceux d’un temple mais ceux d’une vraie ville, Cemenelum, avec ses Thermes. Leur datation fait toujours débat (Ier, IIe ou IIIe siècle). J’ai été surprise d’apprendre qu’une ferme, construite vers 1930 à l’intérieur du grand Frigidarium, n’avait été enlevée qu’en 1977 : je n’en avais gardé aucun souvenir…

On peut apercevoir, sur les différentes photos projetées (Monsieur Gatier a beaucoup insisté sur l’importance de la photographie comme outil d’identification), les diverses restaurations dont l’amphithéâtre a été l’objet (notamment les parties en élévation). De petite taille, il était parfaitement adapté au site : ses constructeurs avaient profité du relief naturel et des affleurements rocheux pour le bâtir. Cette façon de tenir compte de la topographie du lieu pour édifier quelque chose de nouveau, plutôt que de tout raser comme on a eu tendance à le faire à l’époque moderne, mérite d’être signalé.

img_0255La fin de l’intervention de Monsieur Gatier fut consacrée à la restauration dans le cadre du Plan Patrimoine Antique, restauration qui va se dérouler en deux phases. La première sera consacrée à la consolidation des vestiges : c’est ce que l’on appelle une restauration-préservation. Elle devrait débuter rapidement. La seconde consistera à traiter l’ensemble pour en permettre une utilisation contemporaine étant donné que l’amphithéâtre est aujourd’hui un lieu de vie pour les Niçois et doit le rester. Il est envisagé – mais rien n’est acquis pour l’heure – de reprendre l’utilisation de l’époque antique avec des spectateurs tout autour de l’arène et non au milieu comme c’est le cas actuellement. Selon une hypothèse en vogue à l’heure actuelle, l’amphithéâtre aurait été pour partie en bois. Il serait possible de faire une reconstruction en cette matière sur une partie de l’amphithéâtre (ce qui donnerait une idée de ce qu’il pouvait être à l’origine) et d’installer des gradins en bois pour les spectateurs. L’avantage d’une telle formule est que les structures en bois sont réversibles.

img_0035-2Pour le reste du site (les Thermes), le projet a pour objectif, avec le musée archéologique, de mieux le présenter au public, en redéfinissant les parcours d’une façon plus pédagogique. S’agissant d’une ville, il y avait des voies de circulation : il s’agira de les emprunter pour faire la visite sur les pas habitants de l’époque, mais on utilisera en partie des passerelles pour protéger les lieux qui seront accessibles aux personnes à mobilité réduite. Le parcours se terminera au musée qui contiendra des éléments de connaissance et d’interprétation.

Bien sûr, tout est encore à l’état d’études aujourd’hui. Et il est rassurant de constater que ce travail se fait en étroite collaboration entre les archéologues et le service des monuments historiques, ce qui n’a pas toujours été le cas par le passé. Cette collaboration était d’ailleurs parfaitement illustrée par la complicité, sur l’estrade du CEDAC, de Monique Jannet, l’historienne, et de Pierre-Antoine Gatier, l’architecte.

« Les grands Antiques doivent être vivants, mais ils sont fragiles : il faut les protéger », dira ce dernier. Après l’avoir écouté, au terme d’une conférence passionnante et accessible à tous malgré ses aspects parfois techniques, on ne peut qu’acquiescer.

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img_0131Le site de Giribaldi-Ratti, tel qu’on peut l’imaginer

« Il était une fois… » : c’est par ces mots que Bertrand Roussel, Directeur des collections du Musée de Paléontologie de Terra Amata, aurait pu commencer ce vendredi sa conférence. Véritable conteur-né, celui-ci nous a en effet, sur la scène du CEDAC, raconté une histoire : celle de la préhistoire dans notre région.

Cette conférence s’inscrivait dans le cadre d’un cycle (Les rendez-vous avec Cimiez) programmé par le comité des quartiers de Cimiez– Rimiez – Brancolar – Scudéri – Cdt Gérôme, en collaboration avec le Musée archéologique de Cimiez. C’est ainsi que mensuellement, durant toute l’année 2009, les habitants de Cimiez (et tous les autres) pourront se plonger dans l’histoire de leur colline de la préhistoire à nos jours.

Après une présentation du programme et de l’intervenant du jour par Monique Jannet, conservateur du Musée et du site archéologique Nice Cemenelum, Bertrand Roussel avait pris le parti de nous parler de l’ensemble des sites préhistoriques de notre région en rétrécissant peu à peu le cercle pour terminer par le site de Cimiez, faisant ainsi prendre conscience au public de la très grande richesse de notre contrée en la matière. Insistant plus particulièrement sur Terra Amata et le Lazaret, le conférencier a fait défiler les époques, d’abord par centaines de milliers d’années, puis dizaines de milliers, le temps se raccourcissant au fur et à mesure que l’on se rapprochait de notre ère. Orateur passionné par son sujet, M. Roussel nous a tenus en haleine tout au long de son développement, rendant accessible aux néophytes présents cette période fascinante, sans jamais tomber dans une vulgarisation réductrice. Il termina son propos en évoquant le site de Giribaldi-Ratti sur la colline de Cimiez, dont les fouilles, en 1985, ont mis au jour une occupation humaine datant d’environ 5000 ans avant J-C, révélant un site néolithique où ont été trouvés de nombreux objets domestiques ou artisanaux permettant d’en savoir davantage sur le mode de vie des communautés paysannes de la région.

C’est un public enthousiaste qui a pu ensuite poser quelques questions avant que tout le monde se retrouve pour partager – saison oblige – la traditionnelle Galette des Rois. Pour ma part, c’est avec plaisir que j’ai pu retrouver un certain nombre d’habitants du quartier que j’avais tenus informés de la soirée.

Le succès de cette manifestation (environ 120 personnes étaient présentes) est de bon augure pour la suite du programme. Cette initiative du comité de quartier, l’implication de ses responsables (notamment son Président, M. Claude Lubrano, et MM. Jean-François Laperrousaz et Claude Philippe) et celle, décisive, de Mme Jannet (sans elle, rien n’aurait sans doute été possible) doivent être soulignées. Les animations culturelles d’une telle nature méritent d’être encouragées. C’est ce que j’ai souhaité faire, bien modestement, en accompagnant, en tant que conseillère générale, ce beau projet.

P.S. A noter également la coopération du CEDAC de Cimiez qui a bien voulu prêter ses moyens à la manifestation, ainsi que la couverture médiatique de l’ensemble du programme par le site Nice Télé Web qui avait déjà retransmis la conférence de presse.

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(Photos Henri Cottalorda)

On peut trouver sur le site de l’association Gauche Autrement, l’essentiel de mon intervention lors de la conférence de presse qui avait été organisée quelques semaines plus tôt et, ci-dessous, l’article que Nice-Matin a consacré à la manifestation le 7 janvier 2009 (cliquez sur l’article pour l’agrandir).

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« Les quartiers du 7e canton ont pour caractéristique commune d’être des lieux qui « parlent » à tous les Niçois, des lieux riches d’histoire où la tradition est très présente. Ce canton, on peut le parcourir à pied en utilisant les petits chemins qui le traversent, en grimpant ou dévalant les escaliers qui permettent de couper les virages. Dans cet endroit si attachant, tout le monde devrait pouvoir vivre heureux. Et pourtant… »

Ces lignes figuraient dans ma profession de foi de 2004 pour l’élection du 7e canton.

Mon sentiment n’a pas changé aujourd’hui. Et c’est toujours avec beaucoup de plaisir que je parcours ces fameux petits chemins. Ce samedi matin, c’est en compagnie de Patrick et d’Henri que j’emprunte le chemin de la Galère. Mais cette balade est un peu intéressée.

Depuis mon élection, je pense qu’il faudrait mettre en valeur le patrimoine qu’il représente. Si l’on en croit la bible des noms de rues de Nice de Marguerite et Roger Isnard, « lou camin de la galera » pourrait être (selon une étude du Dr Alexandre Barety) un tronçon de la via Julia Augusta qui allait de Cimiez au Ray (*). Sur l’origine du nom, deux versions : la forme concave de ce chemin rappellerait le fond d’un navire, ou alors, interprétation plus probable, il s’agirait de la déformation du nom d’un noble niçois, Galea, qui possédait une propriété dans le voisinage du chemin. Une troisième variante, plus « romanesque », sur le passage habituel de galériens par ici est, semble-t-il, une pure fiction.

Nous voilà donc partis pour une étude approfondie des lieux. Le chemin démarre avenue de Flirey, à côté d’un petit oratoire (photo 1), entre les résidences du Parc des Arènes et de Cimiez Park. Quel dommage d’avoir placé juste à cet endroit un container pour le verre qui masque en partie le chemin ! Première remarque, aucune indication du lieu : on ne sait pas qu’ici commence le chemin de la Galère. Ce premier tronçon serait très agréable entre micocouliers (photo 2) et oliviers… s’il n’était encombré, au-delà de l’admissible, par les inévitables crottes de chiens. C’est d’autant plus scandaleux que de nombreux enfants empruntent cette voie pour se rendre au collège Henri Matisse un peu plus bas. Il faudra alerter la « brigade verte » mise en place par le nouveau maire.

Quelques marches à descendre (photo 3) et nous voilà dans l’avenue Reine Victoria. Le chemin continue en face à droite du collège (photo 4). Toujours aucune indication du lieu. Ce petit tronçon qui va nous faire remonter vers l’avenue de Brancolar est très agréable, bordé de cyprès, de figuiers, d’aubépines. On traverse la route et on emprunte le troisième tronçon, le plus long, toujours pas signalé, entre le Parc Orangini et le Domaine de Cimiez. Le mur qui longe ce dernier vient d’être refait, en belles pierres, aux frais de la copropriété (Henri y a un appartement : il sait de quoi il parle !). De l’autre côté, un mur de pudding amalgame pierres et galets (photo 5). De très beaux arbres dépassent : vieux oliviers, cyprès, figuiers (il y a déjà de petites figues). Plus loin des néfliers, un arbre de Judée aux belles fleurs mauves…

En retrouvant le mur d’origine, c’est toute une série de plantes des murs, grasses ou pas, qui s’expose (photo 6). Henri explique, décrit, raconte. Sa passion est communicative : ses deux élèves sont attentifs. « Ici, cette petite fougère coincée entre les pierres, c’est du cétérach (photo 7). Là, ces jolies feuilles arrondies creusées en leur milieu, ce sont des nombrils de Vénus (photo 8). Et là, la pariétaire, plaie des jardiniers (photo 9). Et ces larges feuilles dentées, ça ne vous rappelle rien ? C’est de l’acanthe (photo 10) ». Mais oui… les chapiteaux à feuilles d’acanthe (l’élève Dominique récupère un bon point). Au milieu de feuilles s’élèvent les longues tiges des « sentir maou » (photo 11). On fait l’expérience en écrasant une feuille : elles portent bien le nom qu’on leur a donné chez nous.

Les pierres du chemin semblent maintenant plus anciennes (photo 12), sans doute sont-elles un peu glissantes par temps de pluie. En approchant de la fin, la végétation se fait plus luxuriante (photos 13 et 14). Jamais on n’imaginerait que nous sommes en pleine ville. La pente descend en escalier. D’abord un peu raides, les marches deviennent plus douces. Encore de nouvelles espèces : la salsepareille chère aux Schtroumpfs, la garance (photo 15), dont le jus des racines fournissait la teinture des pantalons de l’armée française en 1914 (couleur qui fut heureusement abandonnée dès 1915, ce qui obligea les paysans qui la cultivaient à se reconvertir), le sureau dont la tige contient une moelle qui ressemble un peu à du polystyrène, alors que celle des euphorbes aux feuilles velues est remplie de lait, l’asparagus dont les petites asperges répandent leur saveur dans les omelettes niçoises), les petites fleurs blanches de l’ail sauvage, les genêts. Et aussi de grands et magnifiques chênes verts.

Et là, mon idée de départ se précise : pourquoi ne pas aménager le chemin pour en faire un sentier botanique ? Cela permettrait d’entretenir et de préserver toutes ces espèces et pourrait en faire un lieu de promenade pour tous, petits et grands.

Le temps de croiser un jeune lézard des murailles et nous voilà arrivés sur la route, au début de l’avenue de la Marne. Et enfin le premier panneau indiquant que nous sommes dans le Chemin de la Galère (photo 16). Dans les derniers mètres, malheureusement, la propreté s’était à nouveau dégradée.

Nous descendons l’avenue des Mimosas – tiens, il y a des voitures ? – pour rejoindre l’avenue Henry Dunant. A gauche de la Cité marchande des Acacias (c’est désormais avec l’œil du spécialiste que j’observe les plantes de notre amie fleuriste exposées sur le trottoir !), un dernier petit bout de chemin continue (photo 17). Beaucoup plus urbanisé, plus pollué (il faut vraiment regarder où l’on met les pieds), il recèle quand même, entre les pierres du mur qui le borde sur un côté, de nouveaux petits trésors : toute une variété de plantes grasses, de minuscules fleurs d’une rare couleur, des gueules de loup…

Nous émergeons dans la partie la plus basse du Vieux Chemin de Gairaut, juste en dessous de Vismarra. Un peu plus haut à gauche, s’ouvre l’avenue Gravier… Mais c’est une autre histoire…

(*) Patrick nous racontera d’ailleurs comment, adolescent, il allait à pied de Pasteur au Ray en empruntant, après les escaliers coupant les virages pour monter au Monastère de Cimiez, le chemin de la Galère.

Photos Henri Cottalorda



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