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Posts Tagged ‘Cap Nord’

Patrick parlait sur son blog, il y a peu, de l’influence du climat sur nos humeurs. J’en ai fait personnellement l’expérience ces tout derniers jours.

Après que nous avons quitté Hammerfest en direction du but ultime de notre voyage, c’est la gorge serrée et le ventre noué que j’ai traversé des contrées qui m’ont semblé d’une infinie tristesse. Même l’arrivée dans l’île du Cap Nord n’est pas parvenue à effacer ce sentiment, pas plus que notre installation pour deux nuits dans un joli petit chalet à proximité du charmant village de Skarsvag.

Je me demandais comment on pouvait vivre là. Le ciel était gris, la pluie tombait, de petites pêcheries étaient partout en état d’abandon (ceci datant sans doute de la crise qu’a connu il y a quelques années la pêche à la morue avec des restrictions drastiques qui ont toutefois permis de redresser aujourd’hui la situation). Mais comment les Norvégiens pouvaient-ils passer l’hiver dans un endroit pareil ?

Notre première visite sur le site du Cap Nord s’annonçait mal : avec ce temps à ne pas mettre un chien dehors, c’était raté pour le soleil de minuit… Pourtant, le moral m’est revenu brutalement en assistant, dans le bâtiment qui accueille les visiteurs, à la projection d’un film magnifique sur les saisons dans la région : les habitants d’ici aiment – sans doute pas tous – l’hiver, la neige, et ne semblent craindre ni le froid ni la permanence de cette longue nuit. En sortant de la séance, nous sommes retournés dans la grande salle d’accueil où trône un piano à la disposition de ceux qui le souhaitent. Une jeune femme s’est mise à jouer et à chanter et c’était beau.

Du coup, le brouillard qui nous entourait m’est apparu moins hostile et c’est avec une bonne humeur retrouvée que j’ai pu profiter pleinement de notre première soirée : il faut dire que nous étions un peu seuls au monde et que même si quelqu’un autre avait été là, nous aurions eu du mal à le voir tant le brouillard nous enveloppait.

En retournant à notre chalet, tout allait mieux, même si je ne me faisais guère d’illusions sur ce qui nous attendait le lendemain : la journée serait sûrement la même qu’aujourd’hui et d’ailleurs, la météo n’annonçait rien de bon.

Mais le pire n’est jamais sûr. Le nuages qui étaient encore nombreux quand nous nous sommes levés se sont faits de plus en plus rares et le brouillard disparut. Cela nous a permis de faire enfin la route vers le Cap en voyant ce qu’il y avait autour de nous. Et c’était impressionnant. Cette montée au travers d’une terre à l’herbe rase et aux lacs ou bras de mer innombrables au milieu des montagnes a des allures de parcours initiatique préparant le visiteur à ce qui l’attend.

Bien sûr, il y avait davantage de monde que la veille (ça reste quand même assez raisonnable). Mais ce public là, enthousiaste, composé de motards (c’est une destination mythique pour eux que la latitude 71° 10′ 21″), de camping-caristes, de cyclistes (!) fait plaisir à voir. Même les touristes qui arrivent en bus organisés sont différents. Et puis, si on veut s’isoler, on peut le faire aisément : l’espace est grand sur le plateau et du coup, on y croise plus de rennes que de visiteurs. Nous nous sommes ainsi promenés longuement. Peu à peu, des coins de ciel bleu sont apparus, nous laissant augurer un possible coucher de soleil au bout du monde.

Et ce fut le cas. Après quelques heures de repos au chalet, nous sommes remontés sur le site. Le beau temps avait attiré les foules, essentiellement un groupe d’Italiens venus ensemble dans des camping-cars, plutôt exubérants, mais qui faisaient plaisir à voir.

Et nous avons eu notre soleil qui, compte tenu de la saison, n’était pas de minuit puisqu’il s’est couché à 22 h 16. Mais bien après, il a continué à faire jour et, vu qu’il est plus de 2 h du matin, l’astre ne va pas tarder à se lever. Il est temps pour moi d’aller me coucher !

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