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Posts Tagged ‘Bourse du travail’

Dans le Nice-Matin d’hier, face à face, on trouve deux infos tirées du dernier Conseil municipal à l’occasion duquel le maire de Nice a eu une attitude pour le moins contestable.

La première concerne les locaux de la Bourse du travail. On se souvient que, suite à la nécessité pour la mairie de réaliser des travaux de restauration, la CGT, à laquelle le bâtiment de la place Saint-François avait été attribué par le maire Jean Médecin en 1954 pour services rendus à la Nation, avait été « relogée » gracieusement dans des locaux de l’avenue Jean Jaurès. A cette occasion, le maire avait signé en 2009 une convention prévoyant la restitution à la centrale syndicale à la fin des travaux. Or, la majorité municipale vient de voter une délibération demandant le classement des bâtiments au titre des monuments historiques (ancienne église des Franciscains du XIIIe siècle et une partie du cloître) et prévoyant la création d’un musée de la mémoire niçoise. La CGT se retrouve définitivement exilée et le maire fait valoir que ce n’est que postérieurement à la signature du protocole avec la CGT qu’on lui a transmis une étude sur le couvent des Franciscains le conduisant à dénoncer cette convention. Deux mémoires s’affrontent : celle qui nous conduit aux origines de la ville basse de Nice et celle, plus récente, relative à l’histoire locale du mouvement syndical. Il n’est jamais facile de trancher.

La deuxième information est relative à une délibération par laquelle la majorité a décidé de la création d’un poste de police municipale dans un petit local (garage) de la rue Saint-Joseph demandant au préfet une déclaration d’utilité publique dans le cadre d’une procédure d’expropriation. Or ce local est utilisé comme salle de prière par les musulmans (l’association El-Wajiz en est locataire). Ici, ce sont deux légitimités s’affrontent : sécurité des citoyens et liberté du culte.

S’il peut sembler difficile de prendre parti sur le fond de ces deux affaires (il y a des arguments valables de part et d’autre), on ne peut manquer de souligner tout à la fois la mauvaise foi et l’absence de courage politique de la mairie.

La mauvaise foi car il est difficile, dans le premier cas de ne pas penser que, dès le départ, le maire n’avait pas vraiment l’intention de restituer les locaux à la CGT. Prendre connaissance, juste après le déménagement qui devait être provisoire du syndicat, de façon aussi opportune d’une étude rendant le classement nécessaire, laisse sceptique. Et, dans le second cas, il n’est pas interdit de trouver curieux que la Ville ait juste besoin de ce petit emplacement pour créer un poste de police municipale, d’autant que cela semble s’inscrire dans une démarche qui l’a déjà conduite à préempter un autre local du centre ville (rue de Suisse) qui devait être vendu à une association cultuelle musulmane qui occupait les lieux depuis de nombreuses années.

L’absence de courage politique car le maire n’a pas osé afficher clairement sa volonté dès le départ et a utilisé des moyens détournés pour parvenir à ses fins. D’un côté on déloge la CGT en signant avec elle une convention la conduisant à s’en aller volontairement avec la promesse de pouvoir revenir plutôt que d’assumer clairement le choix de la récupération d’un patrimoine historique par la Ville. Bien sûr, il est plus difficile de faire sortir que d’empêcher de revenir… D’un autre côté, on invente des nécessités de police alors que l’objectif est de fermer une salle de prière contre laquelle une pétition a été signée par quelques riverains. Mais, là encore, il est plus facile d’invoquer l’utilité publique que de faire valoir des arguments qui, éventuellement, pourraient être entendus. Je ne connais pas spécialement l’association en question, mais si elle présente un vrai danger, pourquoi ne pas le dire carrément ? Ça ne me gênerait pas, par exemple, qu’on empêche des salafistes de pratiquer. Mais rien ne dit que c’est le cas.

Ces façons de procéder ne sont pas dignes d’un élu responsable. Arguments spécieux, non-respect de la parole donnée : est-ce ainsi qu’on pense rétablir la confiance entre le peuple et ses élus ?

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