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Posts Tagged ‘Alaska’

J’ai du mal à m’extraire du superbe voyage que nous venons de faire, d’autant que je me suis plongée dans les photos aujourd’hui histoire de faire le tri.

Du coup, et comme Henri me demandait pourquoi je n’avais pas mis davantage de photos de paysages dans mes billets sur l’Alaska et le Yukon, j’ai eu l’idée d’en sélectionner un certain nombre et de vous proposer de choisir votre photo préférée : je ne veux pas parler de la qualité de la photo, mais plutôt de celle qui, par ce qu’elle reproduit, vous touche le plus.

Bien évidemment, il m’a été très difficile de choisir : j’ai fini par m’arrêter à 21 photos.

A votre tour maintenant (les photos sont numérotées) !

Et bien sûr, on clique sur les photos pour les voir en grand…

PS : Patrick, qui s’est remis bien plus vite dans le bain que moi, a déjà fait deux billets d’actualité sur son blog :

– le premier sur la Gare du Sud,

– l’autre sur les Universités d’été.

1. Alaska Hwy, rivière 2. Alaska Hwy, Ykon (lac-montagne) 3. Alaska hwy, Yukon (lac) 4. Columbia glacier 5. Chena Hwy, élan 6. Dayton Hwy, forêt et épilobes 7. Denali Hwy 1 8. Denali Hwy 3 9. Denali Hwy, Susitna river 10. Denali Park 11. Glenn Hwy 12. Healy (près du Denali park)13. Mont McKinley 14. Richardson Hwy 3jpg 15. Richarson Hwy 2 16. Seward Hwy 17. Turnagain Arm 18. Valdez, Prince William Sound 19. Whitehorse, Yukon river 20.Whittier 21. Yukon, Alaska Hwy 2

Ajouté le 25/08 à 20:00

Trois photos arrivent ex æquo en premier : les 3, 4 et 9. Elles obtiennent chacune cinq voix.

Toutes les autres photos citées en premier le sont une seule fois : les 2, 14, 17, 18, 19 et 21.

Pour départager les trois qui sont en tête, je suis allée voir les deuxièmes choix, quand ils avaient été exprimés. La photo 9 est citée 5 fois, la 4 deux fois, la 3 pas du tout.

Le tiercé gagnant est donc le suivant :
– la 9 avec le pont en bois qui permet de franchir la Susitna river sur la Denali Hwy (Alaska)
– la 4 avec le glacier Columbia (Alaska)
– la 3 avec le lac Kluane (Yukon)

Finalement, la photo qui l’emporte est la seule que je n’ai pas prise moi-même ! Mais, je précise que c’est quand même moi qui l’ai pensée et j’avais d’abord pris la photo avec le pont complètement vide.

D’autre part, pour vous montrer à quel point la vision des paysages peut-être différente à partir d’une route selon le sens dans laquelle on l’emprunte (je n’ai cessé de vous bassiner avec ça dans mes billets de voyage), la photo prise de l’autre côté du pont exactement au même moment (on pourrait penser, étant donné la couleur du ciel, que ce n’est pas le même jour et pourtant…)

IMG_4217

Petit cadeau pour finir :

« Il est au sein des bois un charme solitaire
Un pur ravissement aux confins du désert
Et de douces présences où nul ne s’aventure
Au bord de l’océan qui gronde et qui murmure
Sans cesser d’aimer l’Homme, j’adore la Nature. »

Lord Byron

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J’aurais pu vous dire…

Seward, Kenai

Seward, Kenai

A l’approche de la fin de ce voyage, qui semble coïncider avec une rapide entrée dans l’automne, je réfléchis à ce que je vous ai raconté. Pendant que nous roulons vers Anchorage et que la pluie tombe, je pense à ce que j’aurais pu vous dire d’autre.

J’aurais pu vous dire que ce sont toutes les routes qui sont intéressantes ici, y compris celles dont je ne vous ai pas parlé – les dernières – et qui nous ont conduits vers le Sud, dans le Kenai. La Richardson Hwy jusqu’à Valdez, et la Glenn Hwy de Tok à Anchorage, suivie des Seward et Sterling Hwy, au milieu des inévitables forêts d’épicéas aux confins desquelles veillent immobiles les montagnes dominatrices aux sommets enneigés, parsemées de glaciers. Des routes presque toutes en travaux, qui doivent être refaites chaque année pendant les quelques mois d’été. Et sur ces routes, des conducteurs (le plus souvent de 4×4 et de pick-up) toujours calmes, patients et respectueux et ces fabuleux camions qu’on ne peut croiser que dans les grands espaces.

J’aurais pu vous dire combien l’eau est présente partout, avec sa mer, bien sûr, mais surtout ses fleuves, ses lacs, ses rivières, ses cascades… Et qu’en fonction de l’environnement et de la couleur du ciel, leurs eaux peuvent être bleues ou noires, vertes ou argentées, transparentes ou boueuses.

J’aurais pu vous dire l’incroyable variabilité du temps. Même si nous avons eu beaucoup de chance (pas de pluie jusqu’à ces tout derniers jours), le ciel a le plus souvent été parsemé de nuages, certains gris et menaçants, d’autres blancs aux formes improbables se découpant sur le bleu de l’azur. Également, la forte variation des températures : d’une heure à l’autre on peut gagner ou perdre 20° F.

J’aurais pu vous dire l’omniprésence de ces fleurs parfois tellement roses qu’elles en deviennent rouges, ces différentes variétés d’épilobes qui nous accompagnent au bord de la route, qui tentent d’égayer la forêt sombre, qui nous enchantent sur les rives d’un lac ou les berges d’une rivière et nous surprennent au bas d’un glacier. Et la question que je ne cesse de me poser : que deviendra le paysage sans elles ?

J’aurais pu vous dire le bonheur d’apercevoir des animaux sauvages, le plus souvent au loin, un bonheur d’autant plus grand qu’il fut assez rare : les ours, les élans, les caribous… Et surtout, les mammifères marins, ceux avec lesquels nous fûmes finalement le plus en proximité. Dans la joie de les apercevoir, je me demande si la part la plus grande ne tenait pas à l’observation de l’émerveillement de mon compagnon de voyage, un émerveillement comparable à celui d’un enfant…

J’aurais pu vous dire l’angoisse qui vous étreint en pensant à ce qu’il va advenir dans quelques semaines de la vie dans ces petites bourgades qui vous donnent tellement l’impression d’être au bout du monde, un monde difficile auquel il faut sans nul doute être préparé. C’est pourquoi assez nombreux sont ceux que nous avons rencontrés qui nous ont confié aller passer l’hiver loin d’ici, souvent en Arizona.

J’aurais pu vous dire à quel point les Alaskiens se montrent incapables de manifester la moindre originalité dans le choix des noms de lieux (ils partagent ça avec la plupart des états US…) : Moose River, Caribou Creek, Bear Mountain, Pine Lake… Parfois cela peut conduire le voyageur peu vigilant à faire quelques erreurs : c’est ainsi que nous avons suivi désespérément une pancarte « Glacier view school », en pensant qu’elle nous conduirait à un magnifique point de vue sur le glacier local situé à côté de l’école… alors qu’il s’agissait du nom du village. Pareil pour les établissements accueillant du public : on ne compte plus les Mountain Lodge, Eagle Motel, River Café… Nous avons même rencontré une « No Name Creek » !

J’aurais pu vous dire l’hospitalité rugueuse qui vous est offerte dans des bars de nulle part sur des routes généralement désertes, avec leurs murs tapissés de dollars signés par les clients (nous avons signé le nôtre). Je me souviens particulièrement de trois d’entre eux. Le Gracious House Lodge sur cette route en terre qu’est la Denali Hwy où un vieux cowboy un peu bourru nous a servi les meilleures pies du voyage. Le Skinny Dick’s, près de Nenana où une rockeuse trentenaire, avenante et dynamique, nous a servi son café strong. Le Koidern River Lodge, dernier établissement avant la frontière (côté Canada), avec ce couple plutôt âgé dont la dame regardait son « funny Jack » avec les yeux de l’amour.

J’aurais pu vous dire tant d’autres choses encore sur tous ces gens d’un abord parfois un peu rude, à l’image de leur pays, mais finalement si friendly. À la réflexion, ils sont en fait très Américains, de ces Américains tels qu’on les aime. Pour le meilleur.

Je joins mes remerciements à ceux de Patrick pour toutes celles et ceux qui ont bien voulu nous suivre sur les routes pendant ces quelques jours.

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Anchor point

Lors de nos voyages, il y a des journées cultes autour d’un grand événement (ainsi, par exemple, le Cercle polaire), les journées de transition (il en faut… le moins possible !) et les journées bric-à-brac.

Ces dernières sont faites d’une multitude de petits ou grands moments, parfois inattendus, et constituent, le soir venu, une mosaïque passionnante de souvenirs.

Aujourd’hui, c’était indéniablement une journée bric-à-brac.

Ça commençait mal car, au réveil, il pleuvait à Kenai. Notre premier jour de pluie en Alaska. On décida de se réconforter avec un bon breakfast, dans le plus grand classicisme américain (bacon, eggs, hashbrown and toasts), pris « Chez Charlotte », avant d’aller explorer le vieux Kenai, son église et sa chapelle russes. Surprenant…

C’est assez distraits que nous quittons ces lieux… pour nous apercevoir un certain nombre de miles plus loin que nous nous étions trompés de route. Enfin, pas vraiment de route : il n’y en a qu’une qui passe par Kenai (comme j’ai déjà eu l’occasion de l’évoquer sur ce blog, il y a peu de voies de circulation en Alaska). Nous l’avons simplement prise dans le mauvais sens. Cette erreur nous a permis de découvrir une très importante raffinerie de pétrole (nous savions qu’il y en avait une dans le coin mais impossible de connaître l’endroit précis : c’est rarement une information que l’on trouve dans les guides touristiques) et nous a donné l’opportunité d’un face-à-face imprévu, bien que lointain, avec les plateformes pétrolières du golfe de Cook. Nous étions à Nikiski et la route se terminait en cul-de-sac.

Après cette rencontre passionnante (je sais, ce n’est pas très écolo…), nous avons rebroussé chemin pour aller explorer, toujours sous la pluie, une autre église orthodoxe, celle de Ninilchik, et son émouvant petit cimetière russe.

A peine étions nous repartis que nous tombons par hasard sur la fête annuelle, rurale et agricole, de la ville (musique country, concours des plus beaux légumes, des meilleurs cookies et, le clou de la manifestation, les courses de cochons !). A l’entrée, on nous avait dit qu’on trouverait de la « good food » : force nous est pourtant de constater que le hot-dog du coin n’était pas terrible… Avant de comprendre que nous sommes Français, on veut nous faire signer une pétition contre la taxe foncière. La pluie ne semble pas vraiment gêner les participants à la fête dont les vêtements témoignent de l’habitude qu’ils ont à affronter des climats bien plus rudes.

Nous reprenons la route quand un grave accident nous bloque pendant une petite heure. Décidément, nous avons bien du mal à quitter la région de Ninilchik…

Nous finissons par arriver à Homer (même le brouillard est de la partie cette fois), le but de notre escapade du jour. De toute façon, on ne peut aller plus loin : la Sterling Highway s’arrête là. Coup de chance : un petit (et fugace) rayon de soleil nous permet d’admirer, de la plage (de galets) de End road, la bien nommée, au bout du Spit de Homer, une langue de sept kilomètres, la seule chaîne de volcans (toujours en activité) d’Alaska, de l’autre côté de la baie. Avant de repartir, c’est au coin du feu que nous prendrons, pour nous réchauffer, une tasse de café. Difficile de croire que nous sommes en été.

Bien sûr, nous rentrons par la même route. Nous nous arrêtons à Anchor point, que l’on avait raté à l’aller, au mile correspondant à la portion de route la plus occidentale du continent américain. Photo pour immortaliser « l’événement » !

Le retour vers Kenai aurait pu se révéler laborieux si je n’avais eu, pour me tenir compagnie pendant que j’étais au volant, la lecture par mon coéquipier de la passionnante histoire de la colonisation russe en Amérique (j’ai enfin pu faire sérieusement le point sur les différentes populations autochtones…).

Rentrés un peu tard, il n’est pas évident de trouver un restaurant pour nous accueillir. Du coup nous achetons notre pitance dans un supermarché ouvert 24 h/24… Soirée lessive.

Rien ne vous a été épargné ! Normal : c’était la journée bric-à-brac, quoi !

Carte péninsule de Kenai (ouest)Chapelle russe, KenaiUsines NinitskiPlateforme pétrolière, NinitskiNinilchik, fête agricolePétition contre la taxe foncière, NinilchikCourse des cochons, NinilchickPlage de Homer, volcansHomer, au coin du feu

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Port de Valdez

Un soir d’été à Valdez est forcément un peu particulier. Nous sommes au kilomètre (ou au mile…) zéro de la Richardson Highway où aboutit le fameux pipeline qui traverse le pays du nord au sud.

Ce n’est pas vraiment à un bijou auquel la somptuosité du site sert d’écrin. La petite ville porte les stigmates des deux grandes catastrophes qui se sont abattues sur elle au cours des dernières décennies : le tremblement de terre de 1964 et la marée noire qui a suivi le naufrage de l’Exxon Valdez en 1989.

Du coup, il y a peu de touristes qui viennent ici (d’autant qu’il s’agit d’un cul-de-sac) alors que le petit port sert de point de départ pour la visite de glaciers parmi les plus grandioses du pays.

Il n’y a pas grand-chose à faire dans la soirée à Valdez. Mais peu importe : nos yeux ont gardé la mémoire des merveilles où ils ont plongé durant la journée et ils ne sont pas près d’oublier le glacier Columbia.

Le temps d’un dîner au Mike’s Palace (l’un des rares vrais restaurants : il y a plutôt de-ci de-là quelques baraques proposant des plats à emporter), nous parlons, comme chaque soir, de ce que nous avons vu et ressenti. Nous évoquons aussi les jours à venir.

Alors que le soleil commence à se voiler, les derniers pêcheurs ramènent leurs saumons. Les montagnes sont encore plus noires et semblent peser davantage qu’elles ne veillent sur la petite ville. Je ne peux m’empêcher de penser à ce que sera la vie ici, dans quelques semaines, quand le long hiver du nord se sera installé. Et ce que laisse entrevoir la courte nuit de cette fin d’été me permet assez aisément de l’envisager.

Au moment où nous nous garons devant l’hôtel, nous assistons à une scène insolite : dans le faisceau des phares de notre voiture, un lapin, pas du tout effrayé par notre arrivée, broute quelques feuilles. Il se laissera approcher sans problème. Ici, on n’en fait pas des civets !

Demain, nous quitterons Valdez. Le ciel couvert me rappellera que ce soir d’été n’était en fait que le prélude à la grande nuit qui s’annonce et dans laquelle nous allons la laisser s’enfoncer.

Lire aussi, La complainte du phoque de Valdez sur le blog de Patrick Mottard.

Baraque de Thai foodNo name pizzaMike's Palace ristorantePréparation des saumonsStatue d'IndienLe lapin

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L’Alaska Highway

Lac Kluane, Yukon

Notre exploration des routes du grand Nord continue. Il devient difficile d’en parler tant les qualificatifs finissent par manquer : que dire de plus des contrées traversées qu’elles sont magnifiques mais terribles, extraordinaires mais impressionnantes ? Chaque route apporte son lot de merveilles.

Pas question pour autant de passer sous silence l’Alaska Highway, la seule route internationale que l’on peut suivre de l’Alaska à la Colombie britannique en passant par le Yukon. Familièrement appelée Alcan (Alaska-Canada), nous avons dû la faire dans les deux sens entre son point le plus au nord (Delta Junction) en Alaska et Whitehorse, la capitale du Yukon.

Il se confirme que, loin d’être inutiles, ces allers-retours nous permettent de redécouvrir les sites traversés qui nous offrent de nouveaux panoramas tout en nous donnant le sentiment de bien les connaître. C’est que nous y avons des repères : le poste à essence où nous avons fait le plein in extremis à l’aller, le «routier» où nous avons bu un café… S’y arrêter à nouveau nous apporte une certaine satisfaction : revoir les personnages, souvent hauts en couleur, croisés à l’aller, être reconnus par eux, nous fait indéniablement plaisir.

Pour éviter les répétitions mais aussi pour donner une image plus exacte de la réalité de notre périple, je voudrais, photos à l’appui, vous dire que ce décor somptueux laisse parfois entrevoir des aspects plus tendres, plus abordables, plus humains.

C’est ainsi que la proximité avec un lac copiant le bleu du ciel, dans lequel on peut, malgré la fraîcheur de ses eaux, tremper les pieds, fait un temps oublier les écrasantes montagnes noires qui l’entourent, ou que le vert tendre d’une végétation moins dense nous apporte l’oxygène qui peut parfois manquer au milieu des sombres épicéas.

Ou encore que le joli minois d’un chien de prairie dressé sur ses pattes arrières nous apporte un bonheur comparable à celui provoqué par la rencontre avec un ours. Enfin, presque…

Lac, Alaska highwayPatrick, lac, Alaska HighwayLac, Yukonchiens de prairie, YukonYukon, avant la frontièreAlaska, avant Tok

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Yukon river 2Yukon river

La magie des lieux peut opérer de différentes manières. Dans la même journée, j’ai pu en expérimenter deux.

Parfois, la seule évocation d’un nom mythique suffit. C’est ainsi que nous décidâmes hier matin d’emprunter la Dalton Highway (qui suit le pipeline) pour rejoindre le Cercle Arctique. Ce serait le but d’une longue journée sur une route qui ne semblait avoir d’autre intérêt que de nous conduire au Cercle polaire. Mais ça se suffisait en soi. Nous savions pourtant qu’il faudrait rentrer par le même chemin à Fairbanks (il y a peu de routes en Alaska et souvent, quand elles se terminent, elle n’offrent d’autre possibilité que de revenir à son point de départ). Mais peu nous importait.

Ce déplacement ne faisait pas partie de nos projets initiaux. Mais nous l’avions médité chacun de notre côté. Parce que, quand même, voir la mention du Cercle arctique sur une carte, à une distance accessible et ne pas s’y rendre… Je ne sais lequel de nous a émis le premier l’idée que peut-être, on pourrait aller jusque-là. Cela n’a d’ailleurs aucune importance : l’autre a immédiatement accepté. La rencontre ne pouvait qu’être exceptionnelle et elle le fut.

D’autres fois, la magie d’un lieu vous prend par surprise : vous n’aviez pas d’attente particulière mais l’émotion est au rendez-vous. Quelques dizaines de miles avant d’atteindre notre but, ça s’est produit.

Depuis notre départ de Fairbanks, nous traversions des forêts qui, malgré le ciel bleu, nous renvoyaient un environnement plutôt hostile. Les incontournables sapins, auxquels se mêlaient de maigres bouleaux, d’habituellement faméliques étaient ici carrément rachitiques, et offraient à perte de vue un spectacle de désolation qu’aggravaient les nombreux troncs noircis, souvenir des incendies ayant ravagé le pays dans les années précédentes. Seules les toujours présentes épilobes venaient apporter une touche de couleur rose éclairant le paysage.

Le côté grandiose du panorama ne pouvait empêcher une certaine monotonie. J’en étais presque à me dire, après quelque quatre heures passées sur une route au revêtement incertain, qu’on payait un peu cher notre envie de Cercle polaire, quand je me souvins que nous allions traverser la Yukon river en franchissant le seul pont le permettant en Alaska.

A dire vrai, avant ce voyage, le fleuve Yukon ne m’avait jamais empêché de dormir. Et, s’agissant de notre escapade du jour, j’avais anticipé ce passage comme une petite distraction sur la route nous conduisant vers l’essentiel.

Plus nous approchions de notre rencontre et plus pourtant je me sentais excitée. Arrivée en haut d’une côte, notre voiture bascula de l’autre côté pour une brutale descente. Nous aperçûmes alors au loin une courbe du grand fleuve aux reflets argentés et j’en éprouvais un véritable frisson.

La traversée sur le long et large pont de bois fut magique. Au point de presque me faire oublier que si nous ne trouvions pas d’essence ici, nous ne pourrions continuer à avancer vers le Cercle qu’avec de grandes chances de tomber en panne au retour, au milieu de nulle part (un risque que nous aurions pris de toute façon, Patrick, sans état d’âme, moi me demandant pour la énième fois comment on faisait pour se trouver si fréquemment dans ce type de situation…)

Le «Yukon river camp» qui se trouvait de l’autre côté du pont distribuait – entre autres services – du carburant. Mais il n’y en avait plus à notre arrivée et, si l’approvisionnement devait se faire dans la journée, la patronne était incapable de nous dire quand précisément. Le temps d’avaler un sandwich BLT (bacon, lettuce and tomato, mon préféré) et l’essence est arrivée. Magique le Yukon !

Les derniers soixante miles ne furent plus qu’une formalité. Arrivés au bout du voyage nous avons retrouvés les trois motards que nous avions croisés tout au long de la route au gré de nos différents arrêts. Eux allaient poursuivre vers le grand Nord. Nous, nous allions avoir la chance de repasser le fleuve.

Le retour fut plus intéressant que prévu. Nous avons eu l’occasion de constater une fois de plus que lorsqu’on prend une route dans un autre sens, elle offre un paysage qui, tout en étant familier, parvient encore à nous surprendre. Ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre…

Dalton highway et pipelineSapinsDalton highwaySapins et pipelineSapins et épilobesYukon river 1Yukon river camp 1Yukon river camp 2Cercle arctique

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Denali hwy 1

Depuis que nous voyageons, nous avons toujours aimé tracer la route.

L’Alaska se prête particulièrement bien à cette façon de découvrir le pays : ce n’est manifestement pas du côté des villes (petites et rares) que nous devons chercher notre bonheur.

Par contre, rouler sur les highways, plutôt peu fréquentées même si elles sont en nombre limité, est une source continuelle d’émerveillement.

Hier, en quittant le Parc National de Denali et le Mont McKinley, nous avons décidé de rejoindre Fairbanks au nord en prenant le chemin des écoliers : c’est ainsi que nous avons emprunté la Denali Highway, une route sans revêtement de 135 miles, qui relie d’ouest en est la George Parks Highway à la Richardson Highway (voir le plan ci-dessous).

Cette route est sans doute l’une des plus belles qu’il nous a été donné de suivre. Dire cela ne fait pas oublier les merveilles découvertes précédemment (souvent des traversées de déserts, en Australie, en Namibie, ailleurs en Amérique…). Au contraire, et parce qu’on est toujours tenté par les comparaisons (même si rien de ce que nous avons déjà vu ne ressemble à ce que nous découvrons ici), ça permet d’en faire remonter le souvenir.

Nous avons évolué toute la journée au coeur d’un paysage incroyable qui fait penser à la naissance du monde. À moins que ce ne soit à la fin du monde… Un débat s’instaure entre nous qui n’aura pas de conclusion. Rapidement nous rencontrons des contrées rudes, presque hostiles. Il faut dire que, même s’il fait jour depuis longtemps, le soleil a du mal à percer et que les montagnes de l’Alaska Range semblent bien noires à l’horizon, derrière les forêts de sapins sombres. La veille, dans le Denali, je n’avais pas eu le même sentiment. Mais il faisait très beau.

Peu à peu, le décor s’humanise : un vert un peu plus tendre fait par endroits son apparition grâce à une petite percée du soleil. Mais si ce dernier flirte avec les nuages, il ne l’emporte pas et, rapidement, montagnes noires, sommets enneigés et glaciers nous renvoient à la réalité. Patrick faisait référence à Into the wild dans un récent billet. L’Alaska est en effet, sans doute, une des régions du monde où la confrontation avec la nature est la plus rude.

Dans ces sites sauvages, où l’eau est partout (lacs, rivières, étangs…), nous croisons peu de monde : deux ou trois camions, une demi-douzaine de voitures, un motard, deux cyclistes courageux. Pas d’animaux non plus. Seul un porc-épic égaré par là a failli nous faire faire une embardée.

Très peu de services également sur cette route : nous nous arrêterons dans les deux endroits proposant de quoi prendre un café ou se restaurer (sans doute aussi se loger). Ils sont très couleur locale et leur environnement est fait d’un mélange de machines diverses vraisemblablement utiles au milieu d’un bric-à-brac d’objet hétéroclites, usés et rouillés. L’un porte le nom (étonnant) de «Gracious House Lodge» et propose en outre un flying service… L’autre, le «MacLaren River Lodge», expose des fourrures parmi lesquelles certaines viennent de bébés phoques…

Les personnages que nous croisons dans ces lieux improbables sont d’un abord plutôt rude. Mais il ne faudrait pas grand-chose pour qu’ils deviennent attachants (à condition d’éviter les sujets politiques…). En tout cas, une chose est sûre : pour nous, ils font désormais partie du paysage. Un paysage qui va continuer à nous époustoufler une fois rejointe la Richardson Highway. Mais ça, c’est une autre histoire…

Denali hwy 2Denali hwy 3Denali hwy 4Denali hwy, glacierGracious House LodgeMacLaren River LodgeSusitna RiverDenali hwy 5Carte

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