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Archive for the ‘Politique internationale’ Category

(…)

Malik MUJOVIC, cette journée légère, transparente et bleue d’il y a neuf ans, si tu savais comme elle me pèse aujourd’hui…
Nous sommes le 18 août 2004. Je suis devant ta tombe de terre meuble dans ce champ de mort qui épouse la vallée au sud de la petite ville.
Ta petite ville. Srebrenica.
Malik, tu as mon âge, tu avais mon âge.
Tu étais encore un homme jeune quand, en 1995, ta vie s’est arrêtée. Pour rien.
Les soldats bleus t’ont trahi. Nous t’avons trahi.
Et les noirs miliciens ont pu t’entraîner là avec tes frères, tes amis, tes voisins et ce vieil oncle si sage et si digne que tu consultais aux heures graves de ta vie.
Presque sans hâte, méthodiquement, les Serbes vous ont regroupés là, dans cette plaine si familière qui longe cette forêt si familière…

Dans la tiédeur anesthésiante de cette nuit d’été, saoulé par les coups et la brutalité de l’événement, tu as laissé flotter dans ta mémoire quelques bribes du temps d’avant…
Courses joyeuses de ton enfance mercurochromée, promenades solitaires de ton adolescence farouche, et tant de rêves inachevés auprès des jeunes filles si sages de ton pays…

Par groupes, on vous a isolés dans la forêt.
C’est à travers la futaie que tu as vu tomber le groupe qui précédait le tien.
Le cri rauque d’un frère, les pleurs d’un vieil homme, l’ordre bref, le crépitement des armes automatiques, la mort. Le silence.

En quelques secondes tu as compris que la folie des hommes allait noyer dans un torrent de haine et de fureur la tragédie de la vie qui file.
Cette tragédie qui te rendait si mélancolique les soirs de pleine lune.
Plus jamais la douceur des soirées entre amis, là-haut, à la terrasse du café de la place centrale, en face de la mosquée.
Plus jamais le regard gentiment moqueur de ta femme quand tu rentrais bredouille de la chasse.
Plus jamais la toux des enfants les soirs de coqueluche, leurs rires les matins de neige.
Plus jamais !
Jamais !

Malik, tu es mort,
au milieu de cette Europe si rassurante qui a nourri tes rêves d’Allemagne et de France,
au milieu de ces Européens si aimables qui, une fois l’an, envahissaient pacifiquement les ruelles de ta petite ville avec leurs si belles automobiles…

Malik, tu es mort dans l’indifférence de cette Europe-là.
Tu es mort de mon indifférence,
moi qui étais là-bas
si loin, si proche
dans ma ville, dans ma vie, sur la courbe de la Baie,
j’étais à la plage…
Au moment où ton corps raidi piqué de fleurs de sang était caressé par les premiers rayons de soleil du jour d’après,
j’étais à la plage…
en vacances,
en vacances, insouciant et joyeux !
et pourtant, je pouvais savoir
et pourtant je savais.
Malik je te demande pardon.
Pour rien, pour tout.
Pardon !

Patrick Mottard, Fragments de Nice

En ce 11 juillet 2010,  775 des victimes du génocide de Srebrenica vont rejoindre  Malik et les 3748 autres victimes déjà enterrées au mémorial de Potocari.  Le commandant des forces bosno-serbes, le général Ratko Mladic, court toujours. La justice internationale l’attend. Dans une résolution adoptée en mars de cette année, le Parlement serbe a condamné pour la première fois le massacre de l’enclave musulmane. Si le Président serbe participera aux célébrations de ce dimanche, ce n’est toujours pas le cas des dirigeants de la République serbe de Bosnie.  L’humanité progresse. Lentement.

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Beaucoup d’émotion à la fin du dernier film de Clint Eastwood, Invictus. Comme d’habitude, l’histoire est belle et le réalisateur sait la raconter.

Nous sommes en 1995, la Coupe du Monde de rugby a lieu en Afrique du Sud, quelques années à peine après la fin de l’apartheid. Nelson Mandela, soucieux de l’intérêt national, va tout faire pour galvaniser l’équipe des Springboks, symbole du pouvoir blanc et afrikaner. Pour cela, il va nouer une relation quasiment filiale avec le jeune capitaine blanc de l’équipe et celle-ci finira par l’emporter en finale sur les terribles All blacks, suscitant l’enthousiasme d’une nation réconciliée.

Si mon émotion était si forte, c’est qu’elle me ramenait à ces deux grands voyages que nous avions faits en Afrique du Sud, précisément en 1994 et 1996 – un an avant, un an après –, voyages que j’ai déjà évoqués sur ce blog. Et, au delà de l’émotion, le film m’a renvoyée à la fois à l’immense dimension politique de Nelson Mandela et à l’extraordinaire complexité de la société post apartheid, deux évidences qui m’avaient beaucoup frappée à l’époque.

Bien sûr, l’histoire de Clint, même si elle est parfaitement vraie, a tendance à insister beaucoup plus sur la première que sur la seconde. Mais justement, n’est-ce pas le rôle de l’artiste de nous sortir du contingent pour aller à l’essentiel, en l’occurrence, ici, le sens de l’Histoire ?

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Europe

Bien sûr, nous sommes Niçois. Bien sûr nous sommes Français.

Mais si, au moins aujourd’hui, nous étions avant tout Européens ?

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Bayrou-Cohn Bendit
Encore sous le coup de l’intéressant dîner-débat de la veille, je décide dans la foulée et presque avec enthousiasme de suivre l’émission « A vous de juger » sur France 2 où ont été invités les représentants de huit listes présentes à l’élection européenne. Dire que j’ai été déçue relèverait d’un euphémisme d’une douceur inégalée.

L’émission débute. Premier constat : la liste des participants est pour le moins curieuse puisque, au lieu d’avoir uniquement des candidats, nous avons, pour les trois formations les plus importantes (lors de l’élection présidentielle), des chefs de partis non candidats à savoir Xavier Bertrand, Martine Aubry et François Bayrou. Mauvais signe : la logique partisane risque fort de l’emporter sur l’esprit européen.

La présentation de l’émission me laisse perplexe. Les candidats doivent d’abord intervenir dans le cadre de mini-débats à deux, et l’on comprend très vite comment France 2 a constitué les groupes. Martine Aubry et Xavier Bertrand (les deux poids lourds qui doivent le rester), Daniel Cohn-Bendit et François Bayrou (les plus « Européens », concurrents pour la troisième place), Olivier Besancenot et Jean-Luc Mélenchon (les deux prétendants au leadership de la gauche de la gauche), Marine Le Pen et Philippe de Villiers (en lice pour le titre du « plus facho que moi tu meurs »). A l’exception du premier couple – qui a sa propre spécificité – on a opposé les acteurs de l’élection qui jouent sur le même créneau.

Tous les invités ne sont pas tombés dans le piège qui leur était tendu. C’est le cas du couple Besancenot-Mélenchon : ils ont presque réussi à nous faire croire qu’arriver l’un avant l’autre n’avait aucune importance pour eux (Mélenchon en forme, Besancenot décontracté).

Que les deux extrémistes de droite s’attaquent entre eux et attaquent le gouvernement me laisse assez froide (d’ailleurs ils sont peu intervenus au début de l’émission et se sont rattrapés en éructant leur haine à qui mieux mieux vers la fin : j’ai encore en tête l’image d’un de Villiers hallucinant et plus halluciné que jamais). Mais que Daniel Cohn-Bendit (une vraie tête à claques ce soir) use de toutes les ficelles de la provocation pour réussir finalement à faire dire des choses assez inadmissibles à un François Bayrou (il sera meilleur par la suite), qui, lui, aurait dû être capable de l’éviter, m’a vraiment choquée. Et bien sûr ça lui a permis de communiquer dans le JT de France 3 sur le « pétage de plomb » du leader du MoDem. J’ai regretté le Cohn-Bendit de l’époque de la campagne sur le TCE : il était beaucoup plus convaincant.

Quand le débat, assez rapidement, est devenu général, les choses sont allées de mal en pis : il y avait longtemps que l’on n’avait pas eu droit à une telle cacophonie. J’ai failli plusieurs fois éteindre la télé. Je défie qui que ce soit d’avoir pu tirer un quelconque enseignement après cette émission : cela n’a pu que renforcer l’opinion de ceux qui ont décidé d’aller à la pêche dimanche, à supposer qu’ils n’aient pas été rejoints par quelques autres.

Dans tout ça, Martine Aubry a pu tirer son épingle du jeu en gardant la tête froide et en parvenant à développer les idées force de la campagne du PS. Xavier Bertrand, pour sa part, a fui le débat tout au long de la soirée, en contournant les questions et en n’hésitant pas à énoncer un certain nombre de contre vérités tout en faisant le dos rond face aux attaques de l’ensemble des autres invités, aidé en cela par une Arlette Chabot dont la « prestation » constitue sans doute le plus gros scandale de la soirée.

Deux interprétations possibles : ou bien elle est complètement nulle pour avoir laissé les choses ainsi dégénérer vers le pugilat avec l’expérience qu’elle est censée avoir et l’on se demande ce qu’elle fait encore là, ou bien elle a délibérément choisi cette stratégie pour ce qu’elle – et ses commanditaires – pense être le plus grand profit d’un camp qu’elle a depuis longtemps choisi. Je penche nettement pour cette deuxième hypothèse.

L’animatrice n’est jamais intervenue qu’à mauvais escient laissant les invités s’étriper tous ensemble sans rien dire ou si peu, et coupant par contre la parole dès que l’un d’eux développait une argumentation intéressante dans un calme d’autant plus appréciable qu’il était rare.

Je ne voudrais pas renforcer la paranoïa qu’on prête parfois à Bayrou ni tomber dans la victimisation, mais il me semble qu’il était le plus ciblé par cette attitude. Jusqu’à la présentation d’un sondage – le dernier de la campagne – en fin d’émission, selon lequel les listes d’Europe-Ecologie passeraient devant celles du MoDem, avec un temps de parole complaisamment long accordé au représentant de l’institut chargé du sondage commandité par la radiotélévision publique pour répondre à François Bayrou. Et avec, en toile de fond, l’image de la Une du Monde (qui publie le sondage) : « Européennes : Cohn-Bendit devant Bayrou le 7 juin ? ». C’est donc là que se situerait l’enjeu de l’élection ? Si même Le Monde s’y met…

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Dîner-débatDîner-débat de Gauche Autrement

Ce mercredi soir, Gauche Autrement avait décidé de débattre de l’élection européenne à l’occasion d’un dîner organisé à l’ouest de la ville. Une discussion intéressante qui nous a permis de constater que la diversité, au sein de notre association, n’était pas qu’un vain mot.

Il m’a été difficile de me passionner pour l’élection européenne tant la campagne que nous vivons en France manque d’ambition. Entre les arguments du vote sanction et du vote utile, il est en effet bien difficile de voir émerger, au-delà des slogans, les propositions pour l’Europe des uns et des autres.

Pourtant les programmes existent et j’ai fini par m’y pencher. Et j’ai décidé de faire mon choix en fonction des mesures proposées par les différentes listes. C’était une première pour moi : ne plus être encartée donne cette liberté… et je me suis rendue compte que ce n’était pas si facile. Quand on est dans un parti politique, même si on se pose parfois des questions, les choses sont relativement simples : on trouve en général que nos propositions sont bonnes et les autres mauvaises. Et l’on est sincère, parce que, sans en être toujours conscient, on est un peu conditionné pour ça.

Pas attirée spontanément par l’extrême gauche, je n’en ai pas moins jeté un œil aux arguments de campagne du NPA de Besancenot : j’ai vite abandonné cette logorrhée insupportable de slogans abrutissants. Davantage d’arguments du côté du Front de Gauche, mais un peu trop de démagogie nationale et pas assez – c’est peu dire – d’esprit européen.

Exclue du PS, je n’ai pas pour autant négligé son programme, et je ne l’ai pas trouvé dénué d’intérêt, au contraire. Ce qui m’a par contre gêné, c’est l’absence de clarté des objectifs et de souffle et, parfois, l’expression de quelques généralités qui mériteraient d’être approfondies. C’est sans doute lié au fait qu’il s’agit là d’un programme commun aux partis socialistes européens : une bonne chose dans l’absolu, mais forcément déjà un compromis.

Restaient les listes du MoDem et d’Europe Ecologie. Pour les deux, pas de problème, l’Europe et l’envie de la construire sont vraiment au cœur du débat. Les premières, sans doute les plus cohérentes, proposent une architecture de la future Union Européenne à cercles concentriques, qui est proche de celle de François Mitterrand après la chute du Mur. Je penche pourtant aujourd’hui un peu plus vers les secondes : leur programme me paraît le plus ambitieux, sans être pour autant irréaliste. Au-delà des questions environnementales qui, même si elles sont aujourd’hui évoquées par toutes les listes, sont largement plus développées par Europe Ecologie, ce programme a aussi le courage d’aborder de façon très précise les questions de financement (notamment les mesures fiscales). Cette absence de démagogie à laquelle s’ajoute l’ouverture au monde pourrait finir par emporter ma conviction. Je dois également reconnaître que le vote est aussi, en partie, question de personnalités et que, si j’apprécie modérément (très modérément…) José Bové, j’ai une faiblesse particulière – et je ne plaide pas coupable – pour Dany Conh-Bendit et Eva Joly.

Alors… rendez-vous dimanche !

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On connaissait le vote utile, on a maintenant le vote « efficace ». Ne vous y trompez pas : le changement de vocabulaire ne traduit pas une notion nouvelle. Il s’agit toujours pour le plus gros parti de gauche (PS) d’appeler les électeurs à voter pour lui et à ne pas se laisser tenter par les « petites » listes (dont certaines flirtent quand même avec les 10% dans les sondages).

C’est sûr, après le vote « sanction », les socialistes donnent un souffle vraiment nouveau à la campagne européenne…

Malgré tout, des liens pour les programmes sur le site de Gauche Autrement.

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© AFP | Luis Moreno Acampo le 12 janvier 2009 à La Haye

© AFP | Luis Moreno Ocampo le 12 janvier 2009 à La Haye

En début d’année, j’évoquais sur ce blog la situation au Darfour et la nécessité qu’il y avait à renforcer le rôle de la justice internationale.

La Cour Pénale Internationale (CPI) vient d’annoncer qu’elle a délivré un mandat d’arrêt contre le Président soudanais, Omar Al-Bachir, pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, suivant en cela en partie l’avis du procureur Luis Moreno Ocampo.

Depuis l’existence de la justice pénale internationale, c’est la première fois qu’un Président en exercice est poursuivi comme le prévoit l’article 27 du Statut (la France avait d’ailleurs dû modifier sa Constitution en 1999 pour permettre la levée de l’immunité dont bénéficie le chef de l’Etat en vertu de l’article 68 : un article 53-2 a ainsi été ajouté à la Constitution de la Ve République).

La décision de la CPI a le mérite de mettre en évidence les crimes commis au Darfour par l’Etat soudanais, même s’il ne faut pas attendre une quelconque collaboration de Khartoum, puisque le ministre de la Justice a déjà affirmé qu’il refusait le jugement de la Cour et que le ministre des affaires étrangères a pris soin de menacer de représailles ceux qui collaboreraient avec la CPI. Cependant, juridiquement, le gouvernement est tenu de coopérer et, à défaut, la communauté internationale peut prendre des sanctions contre ceux qui ne le feraient pas.

Certains en sont déjà à envisager une suspension du mandat d’arrêt par le Conseil de sécurité de l’ONU à la condition que la situation s’améliore au Darfour. Le Statut de Rome prévoit cette possibilité, mais elle ne me semble souhaitable que si l’on va bien au-delà du simple engagement d’un processus de paix. Il faudrait que soient donnés d’autres signes. Parmi ceux-ci, bien sûr, l’arrêt des combats, mais aussi l’arrestation et le jugement des deux personnes précédemment mises en cause par la Cour, à savoir le ministre des affaires humanitaires (!) et le chef de la milice pro gouvernementale janjawid qui, pour l’heure, n’ont toujours pas été inquiétés (*).

Et à ceux qui ne vont pas manquer de pousser des grands cris en prétendant que ce mandat d’arrêt menace la paix au Soudan – je pense à certains pays africains mais aussi, comme ça, au hasard, aux gouvernements russe et chinois ou encore au Réseau Voltaire – , je répondrai : quelle paix ? Les victimes, elles ne s’y sont pas trompées : c’est avec des cris de joie que la décision a été accueillie dans le camp de réfugiés darfouris au Tchad, à Farchana.

(*) La compétence de la CPI est subsidiaire : elle ne statue que dans la mesure où le criminel n’est pas jugé dans son pays.

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philippe-valJ’aime Val (je sais, ce n’est pas à la mode…) et j’aime Obama (c’est davantage dans l’air du temps). Aussi, quand le premier se met à parler du second, forcément ça m’intéresse.

Dans son dernier édito de Charlie Hebdo, intitulé « Obama, premier secrétaire du PS », Philippe Val, distinguant les deux gauches, « une qui s’exprime au nom d’une aigreur universelle et l’autre, au nom d’une amitié universelle », relève – et ça le navre – la faillite de cette dernière, la gauche humaniste et démocratique, représentée par le PS : « Chacun fait sa petite tambouille mélancolique. Ça fait un bon moment qu’on a perdu de vue de gagner les élections nationales pour établir de la justice et des nouvelles libertés. Les bons sont placardisés, les médiocres promus. » Tout cela au profit de l’autre gauche qui du coup « mange du lion. (…) Elle a pour ennemi numéro un, non pas la droite victorieuse, conquérante et libre de ses mouvements, mais la gauche humaniste, culpabilisée et rendue impuissante par le mépris qu’elle inspire

Heureusement, Obama est arrivé. Obama et ses prises de position depuis qu’il est élu. « En lisant et relisant son discours d’investiture, à quoi s’ajoutent ses récentes déclarations fortement argumentées contre la torture, on se prend à rêver. On se dit que ce Président vient de synthétiser tout un corpus d’idées au service de la gauche mondiale. Loin d’être démagogique, son discours passe parce qu’il est puissant. (…) Il exprime en mots simples ce que la gauche aurait dû dire depuis bien longtemps mais qu’elle a tu par peur de se faire huer ». Et Val de citer notamment l’exemple de l’immigration à propos duquel le langage d’ouverture du Président américain est très loin du silence gêné de « notre gauche anémique, soucieuse de ne pas se mettre à dos la composante xénophobe de son électorat… » (…)

« Il dit bien d’autres choses encore, dures à entendre pour beaucoup, sur l’effort à fournir, sur l’acceptation de l’autre, sur les combats à mener sur les fronts extérieurs, et pourtant ça marche. (…) On pense que les gens sont trop cons pour comprendre, et la gauche crève de ça. Alors qu’il suffit d’expliquer et non de dissimuler, de faire confiance et non de mépriser, d’estimer et non de flatter, d’honorer ses semblables par une conception de la politique intellectuellement ambitieuse plutôt que de leur donner la bouillie infantile dont on s’imagine qu’elle les contentera, de penser profondément ses idées au lieu de charger un publicitaire d’en trouver. Quand on lit les discours programmatiques d’Obama, ça donne un sacré coup de vieux aux petits discours vinaigrés des Besancenot, aux gesticulations internationales de Chavez. Les admirateurs de Castro et les nostalgiques de Staline ont peut-être du souci à se faire. »

Pour Val, ce que fera Obama pourrait avoir une formidable influence pour un redressement de la gauche : « Si Obama accomplit sa tâche dans le même esprit qu’il a conquis la présidence, alors toutes les gauches de tous les pays peuvent espérer revivre. Elles ont une fenêtre inespérée pour muter, se renouveler, s’inventer, se légitimer. (…) Il vient de leur donner un crédit énorme et une direction générale, ce qui n’exclut d’ailleurs ni les critiques légitimes, ni les points de divergence à venir. Et leur chance, c’est que les opinions l’ont déjà compris. » (…)

Bien sûr, il y aura forcément des déceptions mais ce que dit Obama rend possible une renaissance de l’idée même de gauche. « Intellectuellement profonde, proche de tous en raison de l’appartenance de tous à l’humanité, ennemis compris, mais inébranlable sur les idées qui la constituent. »

On a envie d’y croire…

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cpi_logoCe n’est pas parce qu’il se passe des choses graves à Gaza, qu’il faut oublier les autres drames, mobilisant curieusement moins l’opinion.

C’est ce que vient de rappeler Laurent Fabius dans un billet publié le 14 janvier sur son blog.

On connaît les crimes commis depuis plusieurs années au Darfour : 300 000 morts, 3 millions de personnes déplacées. On connaît la responsabilité écrasante du régime soudanais. Le procureur général de la Cour Pénale Internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo a demandé l’inculpation du Président Omar Al-Bachir pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre.

On apprend que plusieurs pays envisageraient de voter une résolution au Conseil de sécurité de l’ONU afin de suspendre l’inculpation du Président soudanais, invoquant de soi-disant signes de changement de sa politique de destruction. Pourtant, Luis Moreno-Ocampo a repris ses accusations en décembre, indiquant que le génocide se poursuivait.

Les droits de l’homme doivent-ils se marchander ? Doit-on renoncer à poursuivre un chef d’Etat criminel sous prétexte que cela pourrait – peut-être – l’inciter à infléchir sa politique ?

Face au développement de l’horreur dans le monde, la justice internationale ne doit pas s’incliner. La création de la CPI a constitué un grand progrès de ce droit. Les Etats signataires du traité de Rome ne doivent pas le freiner, sous aucun prétexte : les droits de l’homme ne se négocient pas.

La France préside le Conseil de sécurité de l’ONU. Espérons qu’elle agira clairement en ce sens en ce qui concerne le Darfour.

Si ce n’était pas le cas, on ne pourrait s’empêcher de poser la question d’un lien éventuel entre un tel laxisme et le fait qu’après un gel des relations de vingt années, le géant pétrolier français Total a repris pied depuis quelques mois au Soudan…

Au fait, qui manifeste pour condamner les horreurs commises par l’Etat soudanais ?

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Pour avoir trop souffert devant l’apathie générale face au génocide (là le mot est juste) du Darfour,

Pour avoir été écœurée par l’indifférence qui a entouré le drame du peuple Tchétchène,

Pour avoir été scandalisée par les bonnes consciences de gauche qui défendaient la Serbie de Milosevic contre les Musulmans de Bosnie ou du Kosovo,

Pour avoir constaté la mollesse des réactions contre les assassinats perpétrés par le GIA,

Parce que j’en ai marre d’entendre des conneries sur la supposée vérité à propos des attentats de NYC,

Je souscris à ce texte remarquable de Mohamed Sifaoui, « Aux promeneurs du samedi et à une certaine gauche », sans changer un mot, sans changer une virgule.

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