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Archive for the ‘Culture’ Category

 

Aujourd’hui a lieu la cinquième et dernière représentation de Sur un air de cithare 2 de Patrick Mottard au Théâtre de l’Eau Vive. Merci à Fabienne Colson pour sa mise en scène audacieuse (et à mon sens très réussie) de la pièce et aux acteurs (épatants) qui ne se sont guère ménagés. Quelques photos pour nous rappeler ces bons moments (prises pour beaucoup par notre ami Henri Cottalorda).

 

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Good time, Josh et Benny Sadie (USA)

Un homme un peu simple d’esprit est interrogé par un psy. Il lui lit des proverbes et lui demande ce que ça signifie, puis ce que lui évoque le rapprochement de certains mots.  » – Oiseau et poêle à frire ? – Les deux font mal », et le patient de raconter une histoire avec sa grand-mère au terme de laquelle il avait envoyé une poêle contre un mur. Il s’énerve de plus en plus. Son frère arrive et le fait sortir après avoir déchiré les notes du psy. Une fois dans l’ascenseur de l’hôpital, il le rassure et le serre contre lui.

Dans la scène suivante, deux hommes masqués font un hold up dans une banque…

Une femme douce (Krotkaya), Sergei Loznitsa (Ukraine)

Un vieux bus arrive sur une route de campagne au coucher du soleil. On voit de loin une femme et sortir et traverser un champ. Elle disparaît de l’écran. On la retrouve rentrant chez elle, une modeste maison de bois. Elle nourrit son chien, prend vite fait une assiette de soupe et une tranche de pain et lit une lettre. Elle se rend le lendemain à La Poste : un colis qu’elle avait envoyé lui est retourné et on refuse de lui expliquer pourquoi. N’obtenant pas de réponse, elle voudra en savoir plus. Il s’agissait d’un colis qu’elle avait adressé à son mari en prison. Pendant tout ce temps, son visage restera impassible. Ce fatalisme ne la quittera guère durant tout le film sans entamer pour autant sa détermination malgré les rebuffades qu’elle aura à subir.

Aus dem nichts (In the fade), Fatih Aken (Allemagne)

Nous sommes dans un établissement pénitentiaire. Arrive un homme tout de blanc vêtu qui est applaudi par l’ensemble des prisonniers au milieu desquels il passe. Il va retrouver la femme qu’il doit épouser.

On les retrouve quelques années plus tard. Il est sorti de prison et a fondé avec elle une jolie petite famille. La femme conduit l’enfant au bureau de son mari où elle le laisse pour aller faire des courses avec une amie. Ils sont tous les deux Allemands, lui d’origine turque.

PRIX D’INTERPRÉTATION FÉMININE POUR DIANE KRUGER (ajouté le 28/5)

L’amant double, François Ozon (France)

Une femme se fait couper les cheveux, le regard vide. Après le générique, on la voit chez sa gynécologue qui lui dit que le mal au ventre dont elle se plaint doit être d’origine psychologique. Elle se rend chez un psychiatre pour en parler car tous les médecins qu’elle a vu jusqu’alors n’ont pu trouver l’origine de ces douleurs.

Commencera alors une relation quelque peu étrange.

D’après une histoire vraie, Roman Polanski (France-Pologne)

Une femme enchaîne les dédicaces de son dernier roman chez un libraire. Elle est indifférente aux compliments qui lui sont faits : ça la rend manifestement très lasse. Elle est sur le point de partir quand arrive une femme qui insiste pour faire signer son exemplaire.

On les retrouvera dans un café et une complicité va commencer à naître entre elles.

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Mise à mort du cerf sacré, Yorgos Lanthimos (Grèce)

Colin FarrellSur tout l’écran apparaît un coeur qui bat et qu’on est en train d’opérer. L’intervention est terminée, le chirurgien ôte ses gants et les jette dans une poubelle. On le retrouve dans les couloirs de l’hôpital marchant aux côtés d’un collègue et évoquant l’achat éventuel d’une montre.

Dans la scène suivante, le chirurgien est en compagnie d’un jeune homme. Ils sont attablés dans un restaurant puis appuyés sur le capot d’une voiture. Il lui offre une montre. La conversation entre les deux est étrange. Leurs rapports le seront de plus en plus…

PRIX DU SCÉNARIO EX AEQUO (ajouté le 28/05)

Hikari (Vers la lumière), Naomi Kawase (Japon)

HikariUn homme entre dans une salle de cinéma, s’assoit et met des écouteurs. Des scènes de la vie urbaine sont décrites par une voix off. On comprend assez vite qu’il s’agit d’un essai d’audiodescription de films pour les mal voyants.

L’homme que l’on a vu arriver est un ancien photographe en train de perdre la vue. Il fait partie des « testeurs » et il n’est pas tendre avec la jeune professionnelle en charge du travail. Leurs rapports iront toutefois en s’améliorant…

24 frames, Abbas Kiarostami (Iran)

24 framesUn panneau annonce la première séquence. Frame 1. Long plan fixe sur un tableau Chasseurs dans la neige de Brueghel l’Ancien. Certains éléments du tableau s’animent : la neige tombe, un corbeau vole et croasse, un chien passe en courant et aboie, une vache meugle… Ce sera l’un des rares plans en couleur. 23 autres frames suivront, photographies toujours en plan fixe de paysages enneigés ou de mer agitée, le plus souvent en noir et blanc. À chaque fois, quelques éléments animaliers d’animation. Exercice de style minimaliste…

Voir les critiques de Mise à mort du cerf sacré, Hikari et 24 frames sur le blog de Patrick Mottard

Les proies, Sofia Coppola (USA)

Les proiesLa lumière du soleil perce les feuillages d’un bois. Une silhouette féminine marche en chantonnant sur le chemin qui le traverse.

Virginie, 1864. Une petite fille se promène dans le bois à la recherche de champignons. Elle tombe sur un soldat blessé qui porte l’uniforme nordiste. Elle va l’aider et le conduire au pensionnat où elle réside et où ne demeurent plus que cinq fillettes. Ils arrivent à l’entrée d’une magnifique propriété. La porte s’ouvre sur l’ensemble des habitantes portant des robes élégantes à la mode sudiste. « Ravi d’être votre prisonnier », fait remarquer le soldat.

Le film fonctionnera ensuite en forme de huis clos…

PRIX DE LA MISE EN SCÈNE (ajouté le 28/05)

Rodin, Jacques Doillon (France)

RodinNous sommes dans l’atelier de Rodin. Le maître est de dos et ses assistants déposent devant lui des pièces d’un bas relief pour La porte de l’Enfer. Il se dirige ensuite vers une autre pièce où travaille son assistante Camille Claudel et lui demande de venir lui donner son avis.

Ce sera bientôt le début de leur relation…

Voir les critiques de Rodin et Les proies sur le blog de Patrick Mottard.

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The Meyerowitz stories, Noah Baumbach (USA)

Quelques notes au piano accompagnent le générique qui contrastent avec les bruits de circulation et la musique émise par un autoradio de la première scène. Le conducteur chante avec enthousiasme tout en pestant contre les embouteillages et ses difficultés à trouver une place de stationnement dans Manhattan. Ce personnage extraverti et bavard (Danny) est accompagné de sa fille, beaucoup plus raisonnable, qui essaie de le calmer. Ils arrivent devant une maison, celle du père et grand-père, et ont la surprise de trouver la porte ouverte. Danny le fait remarquer à son père qui à son tour le signale à sa femme qui n’est pas présente dans la pièce et lui répond, de l’étage, que c’est pour l’employé du gaz. Réponse du père : « mais ça fait trois jours qu’elle est ouverte ! » Le fils: « Maureen a encore trop bu ». Le vieil homme le nie : elle ne boit plus et cela depuis qu’il le lui a demandé. Son ego est tellement fort qu’il croit à ce qu’il dit.

Nous sommes avec les premiers membres de la famille Meyerowitz, pour la plupart des artistes méconnus ou qui ont abandonné leur vocation. Nous découvrirons les autres peu après. Une histoire et un style qui s’inspirent de Woody Allen avec une distribution remarquable et quelques répliques très drôles.

Le redoutable, Michel Hazanavicius (France)

Voix de la narratrice, en forme d’hommage à Godard. C’est celle d’Anne, sa femme. « La Nouvelle vague, c’était lui. Et je l’aimais ».

Suivie de la voix du narrateur (Godard). « J’ai toujours su qu’elle partirait. Trop jeune, trop belle. La petite-fille d’un romancier gaulliste ».

Nous sommes en 1967 et il a confié à Anne le rôle de l’étudiante maoïste dans La Chinoise qu’il vient de tourner.

Le film va se poursuivre pendant les événements de mai 68. Louis Garrel se glisse magnifiquement dans la peau du Jean-Luc Godard tel que le voit Hazanavicius, inspiré par son ex femme. Le personnage est crispant ! À éviter pour les aficionados inconditionnels du maestro. Les autres riront beaucoup.

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Wonderstruck, Todd Haynes (USA)

Un enfant effrayé court dans une forêt enneigée poursuivi par un loup. Son T-shirt orange est la seule tache qui ressort dans cet univers noir et blanc. L’enfant se réveille en criant dans sa chambre : il vient de faire un cauchemar. Un placard nous apprend que nous sommes en 1977, dans le Minnesota.

Le film nous permettra d’évoluer tour à tour dans l’univers de cette année-là ainsi que dans celui de 1927 qui voit se dérouler une histoire parallèle. La reconstitution des décors de ces deux époques est sans doute la plus grande réussite du film.

Voir la critique sur le blog de Patrick Mottard.

Faute d’amour (Nelyubov), Andrey Zvyagintsev (Russie)

Le film s’ouvre avec un gros plan sur un arbre aux branches nues sur fond de ciel blanc. La musique inquiétante et assourdissante s’interrompt brutalement. Le plan s’élargit : nous sommes dans un parc enneigé, les arbres se reflètent dans l’eau d’un lac où passent des canards. Sur le plan suivant, on découvre un bâtiment qui doit dater de l’époque soviétique avec un drapeau russe sur la façade. Progressivement des adolescents en sortent, de plus en plus nombreux. Parmi eux, un jeune garçon s’éloigne, seul. Vêtu d’un anorak rouge, il porte un bonnet noir. Il traverse le parc.

L’ambiance est glaciale et pas seulement à cause de la neige. Le film s’annonce dur. Il tiendra ses promesses…

PRIX DU JURY (ajouté le 28/05)

Voir la critique sur le blog de Patrick Mottard.

Jupiter’s moon, Kornél Mundruczo (Hongrie)

Un texte défile sur l’écran qui évoque les soixante-sept lunes de Jupiter parmi lesquelles Europe.

Le film s’ouvre sur des caisses dans lesquelles sont entassées des poules qu’on devine à travers des barreaux. À côté, des migrants épuisés. Ils sont dans un camion qui roule dans la nuit. Personne ne parle, mais il y a beaucoup de bruit : le caquètement des poules, les pleurs d’une enfant… Un homme passe son bras sur les épaules d’un plus jeune et le serre contre lui. On devine qu’il s’agit de son fils et qu’il veut le rassurer. Le camion freine brutalement. On retrouve les passagers avançant rapidement dans une forêt telles des ombres ombres dans le brouillard.

Cette scène d’un grand réalisme comme celles, dramatiques, qui suivront, ne nous prépare pas à ce que sera finalement ce film, une fable sur les dérives autoritaires de notre époque dans une Hongrie qu’on n’a guère envie de connaître.

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Un film américain très critiqué (parfois avec raison) mais que j’ai trouvé utile. Un film franco-néerlandais illuminé par une formidable Isabelle Huppert et un film iranien dérangeant. Le festival se termine en beauté.

The last face

The last faceUne carte d’Afrique. Une voix off parle de guerres civiles, de conflits, au Liberia, au Sud Soudan. Mais aussi de la guerre entre un homme et une femme. Justement un couple semble se déchirer dans un hôtel. Elle veut le faire participer à un gala de charité d’une ONG, lui refuse de s’y rendre : seule l’action sur le terrain l’intéresse. Une larme coule sur la joue de la femme. Elle ira seule. Le film de Sean Penn racontera cette relation sur fond d’action humanitaire en Afrique.

Elle

ElleL’écran reste noir. On entend des cris, des bruits de coups violents, des objets se brisant parterre. L’écran s’anime : une femme est allongée sur le sol. Elle vient manifestement d’être violée. Elle se relève, va prendre un bain, une tache de sang apparaît dans la mousse, elle la disperse dans l’eau négligemment. Puis elle va ramasser les débris de vaisselle qui jonchent le sol dans la pièce où elle a été agressée. Elle n’a pas l’air plus émue que ça. Le personnage joué par Isabelle Huppert est ainsi campé dès le départ.

Le client

Le clientOn aperçoit dans un lieu sombre des décors de théâtre. Après le générique, une alarme sonne dans un immeuble un peu vétuste. Tous les habitants sortent précipitamment, les murs commencent à se fissurer et l’immeuble menace de s’effondrer. Du haut d’une fenêtre, on voit à l’extérieur un bulldozer en train de creuser le sol. Un couple va devoir trouver à se reloger. Le décor est planté par Asghar Farhadi. Nous sommes à Téhéran.

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Trois bons films pour deux matinées de festival.

La fille inconnue

La fille inconnueUne jeune doctoresse ausculte un patient qu’on devine âgé dans un cabinet modeste. Près d’elle, le stagiaire qu’elle est en train de former. On vient brutalement les chercher : dans la salle d’attente un enfant se tord sur le sol et semble faire une crise d’épilepsie. Une fois tout le monde parti, les deux médecins restent seuls. On sonne au parlophone et il s’apprête à aller ouvrir. Elle l’en empêche en lui faisant la morale car ils sont censés être fermés depuis une heure. Sa décision aura des conséquences qui font l’objet du dernier film de Jean-Pierre et Luc Dardenne.

Baccalauréat

BaccalaureatUne ville avec les immeubles lépreux d’une cité comme il y en a tant en Roumanie. Un ouvrier creuse un trou. Dans l’un des appartements du rez-de-chaussée un pierre est envoyée sur une fenêtre et la brise. L’habitant des lieux la ramasse et se précipite à l’extérieur pour essayer de trouver qui l’a lancée. En vain. Ce n’est que le début des problèmes qu’il va connaître au cours de cette journée et des suivantes dans le film de Cristian Mungiu.

Juste la fin du monde

Juste la fin du mondeUn trentenaire est assis dans un avion. Sa voix en off, nous donne à entendre ses réflexions. Il y a des raisons souvent inexpliquées qui font qu’on part, mais il y en a d’autres, tout autant inexpliquées, qui font que l’on revient. Lui, il revient. Dans le film de Xavier Dolan, aux images particulièrement léchées, on va le voir retrouver sa famille.

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