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Le Parisien, 21/11/2009

Que les choses soient claires : je n’ai jamais considéré que la candidature de Ségolène Royal aux dernières Présidentielles était une bonne chose. Le mélange d’hyper médiatisation (avec le sourire perpétuel), de peopolisation (l’accouchement médiatisé), de populisme (le jury citoyen), associé au style télé-évangéliste, et, surtout, un projet politique vacillant (un coup à gauche, un coup à droite, un coup avec le parti, un coup sans le parti) aux relents parfois réactionnaires (l’ordre juste) ne me disait rien que vaille.

Mais il faut bien reconnaître que dans un paysage politique un peu trop formaté, celle qui apportait un peu de nouveauté a su créer un véritable mouvement d’opinion. A partir de là, au sein du PS, nombreux furent ceux qui ont fait contre mauvaise fortune bon cœur sur le thème « il faut qu’elle soit notre candidate car les sondages montrent que c’est elle qui a le plus de chances ». Pauvre argument s’il en fut… C’est donc sur cette non ligne politique que l’on a sacrifié DSK, Fabius et Jospin, prétendants d’une tout autre dimension à la magistrature suprême.

Mais, après la défaite (honorable) de la dame, celle-ci devint bien vite encombrante contrariant notamment les ambitions des petits marquis de Solférino, d’autant qu’elle commençait à leur donner des leçons (voir « Chapeau Ségolène ! »). C’est ainsi que ceux qui avaient assuré directement ou indirectement sa promotion au moment des Présidentielles retournèrent leur veste avec une célérité émouvante… Hélas pour eux, il restait encore suffisamment de militants pro-Royal pour lui assurer une victoire au dernier congrès. Qu’à cela ne tienne, on lui volera cette victoire en pratiquant un hold-up inédit dans l’histoire politique française. Après Lille, elle n’en demeurait pas moins leader du principal courant du PS. C’était encore trop pour son lieutenant Peillon qui organisa un deuxième hold-up pour le lui souffler.

Que ceux qui ont lancé la machine infernale Royal en 2007 parlent aujourd’hui de « psychiatrie lourde » en dit long sur la dégénérescence idéologique et même éthique du parti socialiste.

Décidément, si l’avenir du PS doit se résumer, dans les années qui viennent, en un « duel de Titans » entre Peillon et Hamon, ces deux apparatchiks sans assise populaire, Jean Sarkozy peut se réjouir : après avoir loupé l’EPAD, il a de grandes chances de se rattraper en succédant à son père… après le deuxième mandat de celui-ci.

PS : dans le dernier sondage paru aujourd’hui dans Le Parisien, 54% des sympathisants socialistes contre 39 considèrent que Ségolène Royal ferait une bonne candidate à la Présidentielle de 2012…

Affiche FTM

Le Festival TransMéditerranée consacre sa 22e saison à la Retirada dont on célèbre cette année le 70e anniversaire. Il se déroule du 10 au 19 novembre au Palais des Congrès à Grasse.

Vous pouvez consulter programme du Festival ici.

En mai 2008, suite à une visite du camp Joffre de Rivesaltes, j’avais écrit un billet sur ce blog.

De tous les billets que j’ai rédigés depuis l’ouverture de ce blog, c’est celui qui a été le plus consulté.

Victor Boy

En ce 11 novembre où l’on commémore l’armistice de 1918, j’ai eu envie de reprendre ce billet écrit ici même le 13 mars 2008. Seule la photo de Victor et de Blanche est nouvelle ici.

Victor et Blanche BoyVictor aurait eu 110 ans quand j’ai lu son nom sur la plaque de l’une des si nombreuses croix du cimetière militaire de Suippes.

Drôle de sensation de voir un fils de 80 ans pleurer sur la tombe d’un père de 31 ans.

Ce fils a porté cette blessure en lui toute sa vie. Quoi de pire que l’absence d’un père qu’on n’a jamais connu si ce n’est au travers de photos jaunies et du souvenir entretenu par une mère qui se retrouvait veuve à vingt-trois ans ? Victor est mort peu après sa blessure dans les Dardanelles et son rapatriement en France par le navire-hôpital le Duguay-Trouin en provenance de Salonique. Sur une carte envoyée du bateau et écrite au crayon gris, il faisait part de son impatience de revoir sa Blanche, sa Blanchette, et de serrer enfin dans ses bras ce petit Raymond qui leur était né dix mois plus tôt. Il n’en aura pas eu le temps.

Deux années de guerre, deux années d’horreur : et pourtant rien ne transparaissait jamais dans les brefs messages qui sont parvenus régulièrement à Blanche. Toujours cette même inquiétude pour la jeune femme restée seule au pays. «Pour moi, tout va bien, mais je me fais du souci pour toi».

Pourquoi, dans toutes les lettres écrites par ces hommes envoyés au combat, n’y avait-il jamais une plainte, jamais un mot qui aurait pu faire comprendre l’horreur de ce qu’ils vivaient si loin de chez eux ? Censure ? Peut-être. Pudeur ? Sans aucun doute. Parce qu’ils n’en ont pas plus parlé à leur retour qu’ils ne l’ont fait durant leurs trop rares permissions. Ils auraient eu honte de se plaindre, eux, les hommes, accueillis tels des héros, surtout s’ils rentraient avec un bras ou une jambe en moins, ou avec la gueule cassée. Comment dès lors dire la peur qui les tenaillait au ventre ? Un héros, ça n’a pas peur : même leurs proches n’auraient pas aimé ça. Dans mon enfance, j’en ai connu plusieurs des hommes de ma famille qui avaient fait la Grande Guerre. Aucun d’eux ne m’a jamais dit ce qu’il avait vécu. Il est vrai que cette guerre était terminée depuis longtemps, et qu’une autre, avec son propre cortège de malheurs, l’avait fait oublier. Il en est allé d’ailleurs de même pour les déportés qui ont survécu aux camps de concentration : dans un premier temps, ils ont peu raconté. Sans doute avaient-ils eux aussi compris qu’ils n’étaient pas très nombreux ceux qui avaient envie de les entendre. Comme si nos sociétés éprouvaient le besoin de jeter un voile sur ce que certains comportements révèlent de la nature humaine.

Aujourd’hui encore, je suis remplie de colère quand je pense à ces généraux qui ne voyaient dans ces soldats envoyés au front que de la chair à canon, je suis remplie de colère quand je pense à l’assassinat de ces jeunes gens qui ont eu le courage de résister aux ordres en refusant de partir à l’assaut et de quitter la tranchée une fois de plus. J’enrage de me dire que ceux qui ne les considéraient que comme des pions sur un échiquier ont été fêtés parce qu’ils avaient gagné la guerre. Quelle victoire ?

Alors quand j’ai lu, hier, que Lazare Ponticelli, le dernier Poilu, venait de mourir à l’âge de 110 ans, j’ai pensé à toutes ces vies brisées, à tous ces noms sur les monuments aux morts partout en Europe. J’ai pensé à Victor, mon grand-père, éternel jeune homme de 31 ans, j’ai pensé à son fils de 80 ans et à mon bras passé autour de son cou, pour tenter, en vain, de lui enlever un peu de sa peine, quand nous étions penchés sur sa tombe. Et j’ai pleuré. De colère.

Victor Boy est né le 2 mai 1885 et est mort le 29 août 1916. Sa dernière carte envoyée à son épouse, Blanche Cériché, est datée du 16 juillet 1916 et a été écrite sur le navire-hôpital le Duguay-Trouin. Il n’a jamais rencontré son fils, Raymond Boy, né le 14 octobre 1915.


Œcuménique

Il est souvent un peu décevant de constater que les dossiers de fond que nous traitons en tant qu’élus sont peu relayés par la presse.

Raison de plus pour se féliciter, comme c’est le cas cette semaine, quand, coup sur coup, un journal très marqué à gauche et un journal très marqué à droite font bien leur travail.

C’est ainsi que Le Patriote et Le petit Niçois ont repris une partie de mes interventions lors de la dernière assemblée plénière du Conseil général, Le Patriote à propos du schéma départemental de l’enfance et de la famille et Le petit Niçois à propos des questions posées au préfet en visite au CG.

Palais Bucarest
Bravo Bernard, bravo Patrick (Attali) ! Il s’agissait bien du Palais que Ceaucescu a fait ériger à Bucarest. Commencée en 1984, sa construction était pratiquement achevée à la mort du dictateur.

Il a fallu détruire 1/5 de la superficie de la ville et il a coûté de 1984 à 1989 40% du PIB du pays.

Il est actuellement occupé en partie par le Parlement (Chambre des députés et Sénat). Sur place, on nous a dit que c’était le deuxième plus grand bâtiment au monde après le Pentagone (onze mille pièces).

Vue de la galerie du Palais de BucarestPalais Bucarest 1Palais Bucarest 5Palais Bucarest 2Palais Bucarest 3Palais Bucarest 4

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Je suis un des plus grand palais du monde…

Comme souvent, celui qui m’a construit n’a pas eu le temps d’en profiter…

Il flotte dans mes immenses pièces de réception comme un parfum de sandale…

Dominique a eu la chance de s’y promener pas tout à fait à sa guise mais presque, ce qui lui a permis, du balcon d’une immense galerie en façade, de découvrir une incroyable perspective sur la ville toute proche…

Je suis… Je suis…

A vous de jouer !

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