Entre Saint Florent et Bastia, sur un petit terre-plein au milieu du maquis corse, les tombes sont paisiblement alignées au milieu d’un enclos aux murs de pierres plates.
Ils s’appellent Ahmed ben Ahmed, Salah ben Redouane, Driss ben Driss, Salahem, un autre est demeuré inconnu.
Ils venaient de leur lointain Maroc, ils étaient des goumiers, et ils sont morts là, en septembre 1943 pour libérer la Corse, pour libérer la France.
Les villageois de Rutali ont voulu leur rendre hommage en réhabilitant leurs tombes trop vite tombées dans l’oubli.
En ces temps troublés où la mémoire est bafouée et où l’autre est trop souvent considéré comme l’ennemi, l’envahisseur, l’empêcheur de consommer en paix, ces quelques tombes nous rappellent que c’est aussi grâce aux “indigènes” d’Outre-mer que nous devons notre liberté.
Merci à eux.


Pas d’Histoire sans mémoire des hommes et des lieux.
Merci à toi Dominique de nous le rappeler.
Pace e salute
Auguri
Pour une fois que des Corses pensent à ahmed , Salah…
Voilà un beau moment de l histoire!
bon séjour à vous tous
et un bon réveillon pas trop arrosé…
Tu vois Sami il ne faut pas généraliser!
Ces malheureux sont tombés en 43 et avaient été enterrés sur place. Quelques années après les corps ont été transférés dans un “vrai” cimetière musulman. Et dans ce coin de maquis la nature avait repris ses droits et le petit cimetière et ses tombes disparaissaient.
Ce sont des habitants du village de Rutali dont dépend ce lieu qui ont tracé un sentier de mémoire en réhabilitant des habitats ruraux et en reconstituant le cimetière avec les éléments retrouvés.
Il est dominé par un rocher duquel on aperçoit les 2 cotés de l’île, vers saint Florent et vers la plaine “bastiaise”. Et au pied ce petit cimetière.
C’est magique.
Une petite heure de marche aller retour de ma maison me conduit régulièrement à ce lieu! C’est ma roche de Solutré!