Ce matin, élection du Président du Conseil général des Alpes-Maritimes. Les circonstances m’ayant conduit à présenter ma candidature, voici le texte de mon intervention.
” C’est une situation un peu singulière qui m’a conduite à présenter ma candidature à cette Présidence, sous les auspices du baron Pierre de Coubertin, l’important étant de participer.
En effet, n’étant pas victimes du syndrome de Stockholm, il était difficile pour moi-même et Patrick Mottard de voter pour le candidat de notre famille politique. Aussi, pour éviter toute spéculation, toute instrumentalisation, il nous a semblé plus simple de présenter une candidature, avec humilité, mais aussi avec conviction.
En effet, l’élection du Président du Conseil général est l’occasion de réaffirmer un certain nombre de principes qui nous semblent nécessaires pour que la politique de notre institution soit le plus conforme possible à l’idée que nous nous faisons de l’intérêt général.
Rien de très nouveau, mais des choses auxquelles nous tenons. Le budget du CG des Alpes-Maritimes est un budget important. On peut faire beaucoup pour nos concitoyens, mais ce budget n’est pas non plus extensible à l’infini. C’est pourquoi nous voulons insister particulièrement sur quelques rééquilibrages qui nous semblent nécessaires.
L’affirmation claire d’une priorité en faveur de la zone littorale tout d’abord : le haut pays a largement bénéficié de la sollicitude de notre assemblée. Le temps est venu de porter davantage l’effort sur les zones urbaines.
Un rééquilibrage permettrait, par exemple, d’accentuer l’effort en matière de logement. Même si cette question ne fait pas partie de nos compétences obligatoires, la gravité du problème est telle que toutes le collectivités doivent se mobiliser. Et la nôtre a une raison plus particulière de le faire. Puisque l’essentiel du problème en la matière vient de la spéculation foncière, puisque cette même spéculation fait rentrer beaucoup d’argent dans les caisses de notre département, il nous semblerait logique, comme on a eu l’occasion de le rappeler à plusieurs reprises, qu’une part conséquente des droits de mutations soit affectée à la construction de nouveaux logements.
Rééquilibrage, toujours sur la question du logement, entre l’aide à la location et l’aide à l’accession à la propriété. Contrairement à ce qu’il m’a souvent été rétorqué quand je suis intervenue sur cette question, je le dis très nettement : ” Non, je ne suis pas contre la propriété privée ! “. Mais il n’en demeure pas moins qu’il existe des priorités et qu’à trop vouloir aider les uns (ceux qui peuvent accéder à la propriété), on aide moins les autres (ceux qui n’ont d’autre choix que d’accéder à un logement locatif). Je ne doute pas que le maire de Nice qui s’est engagé sur le développement du logement et notamment du logement social pendant sa campagne saura convaincre le Président du Conseil général de lui apporter son aide.
Ensuite, dans le domaine de l’action sociale (et là nous sommes au cœur de nos compétences), il est indispensable d’accentuer l’effort en faveur des populations qui ont le plus besoin de notre soutien.
Je pense, par exemple, aux personnes en situation de handicap : certes la MDPH a été mise en place rapidement dans les Alpes-Maritimes, mais on constate encore ici ou là des ratés auxquels il faudrait apporter des solutions au plus tôt (j’ai eu l’occasion de le signaler encore récemment lors de la dernière réunion de la Comex). Le SIVA ayant enfin intégré la MDPH cela devrait apporter, en tout cas on l’espère, un plus à l’institution. S’agissant de la scolarisation des enfants en situation de handicap, il nous faut accentuer l’effort afin d’assurer au mieux leur accueil en milieu ordinaire : l’Inspection académique a prévu de nommer deux nouveaux enseignants référents (il en aurait fallu davantage, mais en ces périodes de réductions de postes dans l’Education Nationale, j’ai le sentiment qu’il va falloir s’en contenter – je salue au passage le mouvement des personnels de l’Education Nationale qui se battent pour la sauvegarde du SP de l’éducation), donc 2 enseignants référents ; nous, nous avons créé 35 postes supplémentaires d’AVS (auxiliaires de vie scolaire). Cela répondait à une demande que nous avions plusieurs fois formulée. Mais nul doute qu’il faudra là encore aller plus loin : je pense notamment à la formation de ces personnels car je ne suis pas sûre que ce que nous avons prévu soit suffisant. Sans doute conviendrait-il – mais ça, ça dépend de l’Etat – de créer un véritable métier d’assistant de vie scolaire, fait pour durer, sanctionné par un vrai diplôme. Mais en attendant, améliorons quand même ce qui peut l’être et qui dépend de nous.
Parmi les populations qui ont le plus besoin de notre soutien, il y a aussi les personnes âgées : nos sociétés sont confrontées au vieillissement de leur population et nous devons continuer à nous battre pour que leur soient proposées les meilleures conditions d’existence possible, qu’il s’agisse du maintien à domicile ou de l’accueil dans les EHPAD. Je ne désespère pas d’obtenir une modification des coefficients qui ont été retenus par notre assemblée pour définir les priorités en la matière, afin que soient réellement privilégiées les créations de lits en zone littorale et habilités à l’aide sociale (augmentons encore le pourcentage de lits accessibles à tous avant de donner notre autorisation). Il n’est pas normal que nos anciens soient exilés dans les maisons de retraite du haut pays, exil conduisant à un isolement qui, la société étant ce qu’elle est, se transforme vite en solitude.
Et enfin, de l’autre côté de la pyramide des âges, l’enfance et sa protection. L’efficacité de la loi du 5 mars 2007 qui améliore cette protection en privilégiant la prévention, dépend pour l’essentiel des mesures adoptées par les conseils généraux pour son application, et j’avais eu l’occasion de souligner, en son temps, la faiblesse du dispositif prévu par notre collectivité. Il y a encore beaucoup à faire pour améliorer les actions de prévention pré et postnatale (on a besoin de plus de sages-femmes, de psychologues, de puéricultrices), beaucoup d’efforts à faire en matière de dépistage des troubles d’ordre physique, sensoriel et d’apprentissage des enfants en maternelle (il faudra des médecins, des infirmières). De façon générale, nous devons enfin donner à l’Action Sociale des moyens en personnel.
Intervenir fortement en matière d’aménagement du territoire (on reparlera rapidement de l’OIN de la Plaine du Var), en matière de développement économique, d’environnement, de développement durable et de politique de la ville, tout ça relève aussi de notre responsabilité. Avoir un discours fort sur la culture, le sport, le tourisme est également une nécessité.
Mais nous concentrer sur le noyau dur de nos compétences est un devoir. Parmi ces compétences, il y a bien sûr les collèges où, malgré les progrès, beaucoup reste à faire. Mais il y a surtout le social qui est la mission essentielle de notre collectivité. Les actions que nous pouvons mener en la matière ne sont pas forcément les plus spectaculaires, mais j’ai la faiblesse de penser qu’elles sont les plus utiles à nos concitoyens. C’est pour cela qu’il faut concentrer nos moyens et notre énergie dans ce domaine.
Ma candidature ne m’a pas permis d’accéder aux plus hautes responsabilités de cette assemblée. Je m’en consolerai en pensant avoir contribué à la réflexion commune par l’affirmation de ces quelques vérités.”
Joli discours qui ne manque pas d’une certaine classe. Cependant, je ne suis pas sûr que tous tes collègues aient tout compris.
Bises.